mardi 30 décembre 2008

Et où qu'il est le problème ?


Les hommes jouent aux jeux vidéo en raison d'un "besoin primaire de conquête"

Université de Stanford, Californie, États-Unis - La passion de la gent masculine pour les jeux vidéo viendrait de son "instinct de conquête", selon les résultats d'une nouvelle étude.


Chez les joueurs de sexe masculin, les jeux vidéo agiraient sur la région mésocorticolimbique, une région du cerveau impliquée dans le développement des addictions mais aussi dans le sentiment de satisfaction et de récompense. La stimulation de cette zone augmenterait avec le nombre d'adversaires vaincus ou celui de points cumulés.

A l'inverse, chez les femmes, cette zone du cerveau serait beaucoup moins susceptible d'être stimulée par les parties de PlayStation, Wii et autres Xbox.

Le professeur Allan Reiss du Centre for Interdisciplinary Brain Sciences Research à l'université de Stanford, directeur de l'étude, explique que les femmes comprennent les jeux vidéo aussi bien que les hommes mais qu'elles n'ont pas le même fonctionnement neurologique que leurs homologues masculins, lequel conduit ces derniers à un besoin irrépressible de victoire.

"Les hommes sont intrinsèquement plus territoriaux que les femmes. Or, les jeux vidéo les plus populaires sont généralement des jeux violents, impliquant conquêtes, défense du territoire et agression de l'ennemi", explique-t-il.

MaxiSciences


Et donc ? On a l'impression que l'auteur de l'article est choqué. Alors comme ça, les hommes seraient plus bourrins que les femmes ? C'est lamentable ! En plus ce serait une révolution, on n'a jamais vu ça hein... Les métrosexuels et la mode ont fait beaucoup de mal, il faut que l'homme soit policé, propre, bien sur lui, qu'il tombe les poils, s'habille bien et aime Benabar, sinon c'est un Sapiens Sapiens un peu primaire, tout juste bon à faire vigile ou sportif. S'il aime le foot, faire traîner ses chaussettes (trouées) par terre ou buter des Covenants dans Halo, c'est un bourrin.

En revanche, quand la femme change trois fois d'avis en 10 minutes, pleure devant un navet de Hugh Grant, passe trois heures dans la salle de bain, mange une pomme pour compenser les Kinder qu'elle a avalé juste avant ou passe sa journée au Printemps sans rien acheter, c'est juste une femme qui s'assume.

Je sais, je viens de me lever, je suis mal embouché mais ça va passer parce que, malgré tout, mon Amour est revenu, elle dort derrière moi. Ses défauts cités plus haut sont les siens, et je l'aime aussi pour eux. Si seulement c'était réciproque...

Je vous laisse.

samedi 27 décembre 2008

Vive l'INA


Salut à tous,

Hier soir, tandis que je bossais comme un damné afin de fournir à la France, au Monde même, l'essentiel de l'actualité footballistique qui lui manque tant pour tourner rond et vaincre cette terrible crise, à 500 kilomètres de là, mon Amour se baladait sur le merveilleux site de l'INA. C'est ainsi qu'elle a trouvé des vidéos assez drôle, notamment des vieux reportages avec Yves Mourousi ou Georges de Caunes, principalement sur le foot et en particulier les Verts et du PSG, le club dominant et le club débutant dans les 70's.

Sur les Verts, la vidéo date de 1977, au moment du match aller de l'ASSE face à Liverpool, le futur meilleur club du monde (1-0 pour les hommes de Herbin, défaite 1-3 au retour). Ce qui est drôle, selon moi, c'est d'entendre Georges de Caunes, unanimement considéré comme un des grands journalistes de son époque, débiter des conneries énormissimes sur un ton particulièrement assuré et absolument pas remis en cause par ses voisins. Il compare ainsi les footballeurs, qui faisaient déjà partie des gens les mieux payés et que le populisme ordinaire traîtait déjà de "trop payés", comme s'ils touchaient ces salaires certes mirobolants pendant 40 ans, et qu'ils les touchaient tous en plus, il les compare donc, d'une voix brisée par l'émotion, à des "ouvriers", qui en ont la conscience, et qui jouent le "destin d'une société sportive". Complètement impossible d'entendre un tel discours aujourd'hui. Un grand moment.



Ensuite, il parle des supporters de Liverpool, en affirmant que les "Anglais de Liverpool sont des gentleman (sic)". C'est ainsi qu'ils tueront des dizaines de personne au Heysel et à Hillsborough dans les années 80, entraînant la suspension des clubs anglais en Coupe d'Europe pendant cinq ans, mais ça, le bon Georges ne pouvait pas l'imaginer de la part de "gentleman (sic)".

L'autre vidéo est de 1971 je pense, et évoque les débuts du PSG, une quinzaine d'années après la chute du mythique Racing Club de France. Grâce à l'aide de personnalités de l'époque (Bellemare, Belmondo, RTL...), qui trouvaient lamentable qu'il n'y ait pas de football de haut niveau à Paris, et grâce à un fusion avec le Paris FC, le PSG est parti de la Ligue 2 en recrutant quelques têtes de gondole, notamment les internationaux Rostagni et Djorkaeff (Jean, le père de Youri) pour monter en première division. Mais au terme d'une affaire fumeuse, le Paris FC a tout récupéré et le PSG s'est retrouvé en troisième division avec plus de joueurs, hormis les amateurs ! Il est remonté aussi sec et, depuis 1974, il n'est plus redescendu, c'est la meilleure série en cours depuis la descente de Nantes en 2007, après 44 années de présence consécutives.



Quand on voit ce qu'est devenu le club depuis, je trouve ce reportage vraiment touchant, j'ai toujours apprécié assister aux débuts d'un truc qui deviendra grand. C'est sans doute pour ça que j'aime l'Histoire, et les émissions qui traîtent des débuts d'un artiste, d'une personnalité...

Je vous laisse.

mercredi 24 décembre 2008

Ouin ouin ouiiiiiin


Le Bagad De Lann Bihoué


(Alain Souchon)

Tu la voyais pas comme ça ta vie,
Pas d'attaché-case quand t'étais p'tit,
Ton corps enfermé, costume crétin,
T'imaginais pas, j'sais bien.
Moi aussi j'en ai rêvé des rêves. Tant pis.
Tu la voyais grande et c'est une toute petite vie.
Tu la voyais pas comme ça, l'histoire :
Toi, t'étais tempête et rocher noir.
Mais qui t'a cassé ta boule de cristal,
Cassé tes envies, rendu banal ?
T'es moche en moustache, en laides sandales,
T'es cloche en bancal, p'tit caporal de centre commercial.

{Refrain:}
Tu la voyais pas comme ça frérot
Doucement ta vie t'as mis K.-O.
T'avais huit ans quand tu t'voyais
Et ce rêve-là on l'a tous fait
Dentelle première et premier chapeau
C'est pas toi qui y es
C'est pas toi qu'es beau
Tambour binaire et premier sabot
C'est pas toi qui y es
C'est pas toi qu'es beau
Dansant Quimper ou Landemau
C'est pas toi qui y es
C'est pas toi qu'es beau
Soufflant tonnerre dans du roseau
C'est pas toi qui y es
Dans le bagad de Lann Bihouë

Tu la voyais pas comme ça ta vie,
Tapioca, potage et salsifis.
On va tous pareils, moyen, moyen...

La grande aventure, Tintin,
Moi aussi, j'en ai rêvé des cornemuses.
Terminé, maintenant. Dis-moi qu'est-c' qui t'amuse ?
Tu la voyais pas ici, l'histoire.
Tu l'aurais bien faite au bout de la Loire
Mais qui t'a rangé à plat dans ce tiroir,
Comme un espadon dans une baignoire ?
T'es moche en week-end, tes mioches qui traînent,
Loupé capitaine, bateau de semaine d'une drôle de fête foraine.

{Refrain}



Joyeux Noyël à tous !

mardi 23 décembre 2008

A' Ghàidhealtachd


Salut à tous,

Ce soir, je me finis au Paul McCartney. Notamment à coups de "Mull of Kintyre", en boucle. Du coup, je suis allé voir notre ami commun, Wiki, pour voir des photos de ce coin qui a l'air de tant inspirer notre scarabée préféré.

En premier lieu, on y apprends que "
Le test du Mull of Kintyre était une directive non officielle utilisée par le British Board of Film Classification (BBFC) au Royaume-Uni pour voir si une image d'un pénis humain pouvait être diffusée". Ok, donc pour les cornemuses, les pubs surchauffés et les embruns z'authentiques, on repassera. Cliquons malgré tout pour découvrir que le Kintyre est une des péninsules ouest de l'Ecosse. Et notre cher Wiki de nous régaler de quelques cartes postales alléchantes.

















Il faut que vous sachiez, si ce n'est pas encore votre cas, que j'ai toujours rêvé de découvrir l'Ecosse, et notamment les Highlands. Ce pays est arride, sec, sauvage et terriblement romantique. Il semble y régner une atmosphère d'éternité, la certitude que si tu te retrouvais au même endroit il y a un millénaire, ce serait identique. Que quand t'as vu ça, tu as vu l'essentiel. Les Ecossais ont passé leur vie à se battre avec les Anglais et encore aujourd'hui, faites gaffe de ne pas traîter d'Anglais un Ecossais. S'il a un accent bizarre, genre il dit "mi" au lieu de "my" par exemple, faites gaffe. Je rêve de marcher pendant des heures entières dans la campagne écossaise. Je rêve aussi du Mexique du Pérou ou de retourner en Egypte, mais restons dans le domaine du raisonnable dans un premier temps.

Alors voilà, cet été je vais en Ecosse. J'ai encore rien réservé, je me suis renseigné sur rien, mais ras-le-bol d'affirmer tout le temps que j'ai envie d'y aller, je vais y aller. Il suffit quoi, merde. Juste pour que mon fond d'écran devienne réalité :

















Je vous laisse.

lundi 22 décembre 2008

Damned


Je vous l'avais pas dit ? Et si, je vous l'avais dit. J'aurais préféré avoir tort, j'ai tenté le diable et une fois de plus, parler en bien du PSG lui a porté malheur. Un match maîtrisé avec de jolis buts, dont un refusé injustement, deux autres offerts gentiment aux Ch'Tis pour qu'ils nous lâchent la grappe cinq minutes, et voilà comment on rate le podium. Je me serais tu, je n'aurais pas regardé les buts de Twente en boucle... qu'on ne vienne pas me causer de rationalité parce que là, ça ressemble de plus en plus à un théorème mathématique. Je suis condamné à ne jamais me réjouir quand le PSG va bien. C'est dur.

A bientôt.

samedi 20 décembre 2008

Dans l'Bagad de Billouéééé


Salut à tous,

L'autre fois je voulais écrire un post sur Souchon mais la position pour le moins incongrue de mon moral à l'époque (dans mes chaussettes, au chaud certes mais particulièrement inutile) m'avait fait changer d'avis. Il n'est pas vraiment remonté depuis mais enfin bon, on va le faire quand même, comme ça ce sera fait, hop hop hop, emballé c'est pesé.

Vendredi, j'ai découvert son
site, absolument formidable. Dès le départ, vous êtes accueillis par le maître de maison, comme tous les artistes devraient le faire avec leurs fans plutôt que de les laisser dans le noir à chercher ce qui les intéresse sur des sites mal foutus. Perso, chuis resté 3 minutes sur l'accueil rien qu'à le regarder faire le con avec son âne, et le voir râler parce que on n'a toujours pas cliqué.

Ce type est drôle, ce type est fin, intelligent, et quand il disparaîtra, son oeuvre deviendra aussi importante que celle de Gainsbourg ou Brel. Sous ses airs de vieux qui s'assume pas vu qu'il se ballade en jean et qui se fout de tout, il a sorti très peu de morceaux qui n'étaient pas engagés. Allez voir dans ses vidéos, y a un grand nombre de ses clips, il y est drôle ET toujours un observateur affiné et mélancolique du monde si bancal qui nous entoure. Ses dernières perles, "
Putain ça penche" (sur les marques et la mode), "Parachute doré" (pas besoin de décrire), "Et si en plus y a personne" (les religions) sont du même niveau que "Poulailler Song" ou "Le Bagad de lann Bihoué", "L'amour à la machine" ou "Foule sentimentale", ou il parle de la vie quotidienne, fade au possible et artificiellement animée par la télé. Même "J'veux du cuir", ou il réclame "des gros seins des gros culs, ahah" (là je vais avoir du clic, c'est sûr, c'est bon ça coco) dénonce, quelque part, le showbiz qui n'aime pas trop que les artistes cassent leur image, "ce serait dommage d'être au chômage à mon âge".

Mais y aussi d'autres chansons sans prétentions ni analyses sociologiques (quoique) mais qui sont des classiques comme "Y a d'la rumba dans l'air", "Bidon", "Quand j'serais KO", "Carrément méchant" ou "j'ai 10 ans". Incontournables.

Moi je l'aime ce mec, voilà. Il a jamais fait de concessions, toujours écrit ce qu'il voulait, si ça marche c'est bien, sinon on fait autre chose, il passe à la télé s'il veut et vend autant, voire plus, que ceux qui donneraient un bras pour passer chez Cauet, et il a toujours pondu des textes de malade. Et, même quand Voulzy lui écrit pas ses musiques, ses paroles sont toujours bien habillées par des musiques simples, parfois enfantines, comme le site d'ailleurs. Amatrices d'hommes sûrs d'eux et mûrs, repassez. C'est bon de savoir qu'on peut se laisser aller, ne pas chercher à être le mec viril de l'année, et être quand même crédible.

Je vous laisse.

Paris et Sosies


Ah, ça fait plaisir. D'accord, si demain Valenciennes ne perd pas au Parc j'aurais l'air malin avec ce post, mais bon c'est parfois pesant de devoir continuellement se retenir par pure superstition. Et oui, je suis comme ça, je ne crois ni en Dieu, en l'horoscope ou même les échelles sous lesquelles il faut éviter de passer, mais sur le PSG, je suis un psychopathe. Il faut dire que dès que si j'ai le malheur d'affirmer que mon club de coeur va gagner un match, en même de dire qu'il en a gagné y a pas longtemps, il perd derrière. C'est une vérité universelle, mille fois vérifiée, comme la beauté des pyramides d'Egypte ou les objectifs chiffrés de Brice Hortefeux. C'est dingue, mais c'est vrai.

Mais bon voilà, je vais en parler quand même, je prends le risque. Je vous prends à témoin, si le PSG perds ce week-end, vous saurez que j'ai raison. Et s'il gagne, et ben ce sera pour la prochaine fois, voilà.

Ca fait plaisir, ça fait zizir, clairement. Ce match d'hier, contre le FC Twente qui écrase tout le monde dans le championnat des Pays-Bas (10 buts marqués en deux matches) et qui avait éliminé l'excellent Stade Rennais en tour préliminaire, avant de devoir se coltiner Marseille au prochain tour, a apparemment été un régal. Vous vous rendez compte que même l'Equipe est allé jusqu'à affirmer que cette première partie de saison du sujet de rigolade favori des Français était une réussite complète. Un peu comme si le Figaro élisait Olivier Besancenot personnalité de l'année. En tous cas, c'est pas une bonne nouvelle pour le moral des ménages.

C'est drôle parce que finalement, il n'y a pas de raisons pour expliquer que le PSG ait gagné autant de matches en 18 rencontres que lors de toute la saison dernière. Même entraîneur, même gardien, Landreau, au fond du trou l'an passé, même défense moins Yepes, un véritable taulier parti paufiner son art de faire faute dans la surface en lousedé à Vérone, remplacé par Sammy Traoré. Ce dernier avait été prêté l'an passé à Auxerre après une première saison qui avait fait rigoler tout le monde. Et là, c'est un patron, va comprendre. Les changements ont eu lieu au milieu avec l'arrivée de Makelele, 36 ans dans deux mois, Giuly, qui joue finalement en attaque, et Sessegnon, un des meilleurs joueurs du championnat, certes, mais qui jouait au Mans et donc que personne ne connaissait, même au Mans. Enfin, en attaque, Luyindula, fantômatique depuis des mois, était rejoint par Hoarau, Havrais qui découvre la Ligue 1, et Pancrate, de retour d'un prêt faramineux à Sochaux (1 but), devaient compenser les départs des deux meilleurs buteurs du club l'an passé, Pauleta et Diané. Pas gagné.

Logiquement, ça devait être une nouvelle année de purge. D'ailleurs, le PSG a longtemps traîné au milieu avant d'accélérer ces dernières semaines. La défense, logiquement en bois, est la 3e de Ligue 1. L'attaque marque pareil qu'avant, un peu plus même sur les derniers matches. Incompréhensible, que je vous dis. Mais savoureux, terriblement savoureux.

Enfin, pas pour tout le monde. Par exemple, depuis que le club est venu marquer 4 buts au vélodrome pour la première fois depuis toujours, les supporters marseillais sont calmes. très calmes. Y a encore un match retour au Parc, ils pourront se refaire et chambrer comme si leur vie en dépendait, mais en attendant, c'est reposant. On entends également moins les Bordelais et les Lyonnais. Et croyez-moi, quand vous bossez dans la rédaction d'un média sportif, vous appréciez ces rares moments.

J'espère juste que ça durera, et qu'on gagnera quelque chose à la fin.

Je vous laisse.

PS : au fait, ce soir, le Boumsong blanc a gagné la Star AC, c'est énorme.













Pourtant, le Drogba féminin était favori.

dimanche 14 décembre 2008

Réalité Esthétiquement Ridicule


Bon dimanche à tous, et même au delà, vu mon rythme actuel d'écriture. J'ai l'impression de toujours avoir un truc à dire ou raconter ici, et puis finalement je fais autre chose à chaque fois... par exemple, en ce moment je me refais la saison 1 de 24, même si je la connais par coeur... je suis fasciné par la construction de l'intrigue, minute après minute. Et le suspense est tellement bien chiadé que t'y crois quand même.

C'était un long bonjour ça hein ! Bref.

Le RER, c'est la vie. Prend une rame de RER et analyse là socialement, tu verras que tu seras pas loin du profil du Français moyen, et très très proche du Francilien type. Ce sera lui, d'ailleurs. Pas étonnant, donc, que les passagers du RER réagissent comme ils le font le reste du temps. On se dit souvent que les gens dans les transports sont tristes, individualistes et ternes, mais c'est peut-être parce qu'ils le sont, finalement. Dans un RER, pas besoin de réajuster ton image sociale, tu n'as pas d'assemblée à convaincre que t'es la dernière merveille du monde en terme de tenue de table, de cuisine ou d'apéros chics, tu te fiches comme du Tchad de ton voisin, du moment que t'as ton bouquin ou ton iPod pour faire passer tout ce temps perdu. Finalement, les gens sont tout ce qu'il y a de plus naturel dans le RER.

Tout ça m'est venu après mon retour de Paris de vendredi soir. On rentrait du ciné avec mon Amour, et comme souvent, un jeune nous fait partager son amour du rap. Le son n'est pas extraordinaire, mais c'est toujours mieux que rien, je préfère ça aux sonneries de téléphones ou aux conversations sans intérêts du genre "Tu viens me chercher à Houilles ? Non parce que Jacqueline est allé chercher Robert et...". Si tu veux pas écouter la musique que certains nous soumettent, t'as qu'à aller dans un autre wagon, c'est l'avantage des rames ou y en a plusieurs, des wagons. Quand j'étais gamin, on m'a pas appris beaucoup de choses, notamment en matière de bonnes manières (je m'en féliciterais presque) sauf que c'est celui qui est gêné qui s'en va. Si le gêné se met à emmerder l'autre, ça fait deux gênés, ce qui ressemble en rien à un progrès. Tu t'en vas, et hop, ça fait plus que zéro gêné, c'est pas génial comme concept ? Fallait y penser.

Mon Amour râle un peu, notamment sur la qualité moyenne du matériel de l'ado, je lui dit donc qu'au moins ça met de l'ambiance, et qu'il faudrait mettre de la musique dans les RER. Même Benabar ou Raphaël, ça m'irait... oui, oui, je me mettrais mon casque sur les oreilles, et puis voilà. Pourquoi ne pas s'adapter plutôt que râler et faire encore plus de toutim ? Aucune chance que cette idée ne traverse la tête du type que je vois traverser le wagon, bousculant deux gamins au passage en s'excusant à peine, et commençant à engueuler le type auw goûts musicaux si originaux. Au début ça me passe au-dessus, je n'écoute pas, étant concentré comme rarement par le Solitaire de mon téléphone. Ca se passe derrière moi, mais je vois le regard de mon Amour survoler mon épaule pour suivre la scène derrière moi. Finalement, je me retourne.

Je vois le Chevalier Blanc, un rebeuh très grand et bien sapé, avec un cravate dépassant de son joli gilet, sermonner de plus en plus fort le gamin dont le visage m'est soustrait par une cagoule de bon aloi. Finalement, le jeune noir, après avoir éteint la musique, se casse, vaincu par ce si digne représentant de notre civilisation. Que c'est beau, la raison... d'accord, ça donne envie de se suicider, mais c'est beau. Sauf que Zorro continue de lui beugler dessus, l'autre a du lui dire un truc qui lui a pas plu. C'est là que j'explose.

Ca m'arrive pas souvent, pas assez à mon goût, encore moins dans une rame pleine du RER. Mais quand ça m'arrive, j'ai beaucoup de mal à m'arrêter. Je lui dis qu'en ce moment, c'est surtout lui qu'on entend, et qu'il pourrait donc baisser un peu le son. Et là, des voix s'élèvent autour de moi pour me faire taire. Les mêmes qui ne disaient rien juste avant, pendant l'altercation. Une rombière, assise derrière moi, est particulièrement vindicative. Elle est outrée, et me dit que je devrais plutôt le soutenir (contre qui, la majorité silencieuse, ou le gamin déjà loin de là ? Et pourquoi tu l'as pas soutenu, toi ? Parce que t'étais à portée de coups peut-être...), que c'est de la musique pourrie et que les paroles sont scandaleuses. Je n'ai pas écouté les paroles en particulier, mais j'ai quand même reconnu la voix de Bouba, qui n'est pas un tendre mais certainement pas un rappeur violent. C'est sûr que critiquer les bavures policières, c'est carrément scandaleux, notamment dans notre régime actuel...

Le ton monte. Je leur dis qu'il faut vraiment avoir rien à foutre de son temps pour traverser toute une rame (il était pas à côté en plus, punaise !) pour venir faire chier un gamin avec sa musique, et que si ils étaient pas content, ils n'avaient qu'à changer de wagon. Mon voisin, dont je reconnais le courage vu qu'il devait faire 60 kgs et que je le coinçais contre la fenêtre, me dit "Bien sûr, c'est nous qui aurions dû bouger ??" Bah ouais bonhomme, c'est pas comme si t'étais en première classe là, si ? Les autres rames sont pareilles, et en plus on n'y écoute pas de musique de sauvageon, un wagon bien silencieux et bien sage, comme tu les aimes...

Si le Chevalier Blanc a protesté quand je suis intervenu, il est ensuite allé s'asseoir bien sagement, toujours en marchant sur les gosses. S'attaquer à un gamin à capuche dans une rame remplie d'honnêtes travailleurs, c'est simple, à un type de 140 kilos c'est déjà plus risqué apparemment.

L'élection de Sarkozy, bâtie, comme celle de Chirac auparavant, sur l'insécurité et l'immigration, pourra se répéter autant qu'elle le voudra, tant que les rames de RER seront sociologiquement constituées de cette manière. On veut une société asceptisée, sans saveur, sans vague ni remous, on s'accroche à son siège comme s'il s'agissait d'un siège de l'assemblée nationale, et ceux qui dérangent doivent se barrer, pas l'inverse. Ca aussi, c'est une valeur bien de droite, la propriété, la haine de l'autre, si différent et dérangeant. On n'est vraiment pas sortis de l'auberge.

Je vous laisse.

jeudi 11 décembre 2008

Une bonne idée de cadeau pour votre ennemi préféré


J'aime le PSG.



Nooon attendez, ne cliquez pas ailleurs, la suite est intéressante, voire drôle, promis juré !!!

Je disais donc que j'aimais le PSG, je le soutiens autant que mes modestes finances le peuvent. depuis 18 ans maintenant, et ce n'est pas près de changer. Mais quand, sur le site du club à l'instant, je suis tombé sur ça :


Le jeu de pétanque PSG

Boutique 10/12/08 14:06

Mercredi matin au Camp des Loges, Obut a offert à l'ensemble de l'effectif du PSG un jeu de boules de pétanque personnalisé à leur nom. Les joueurs ont ensuite dédicacé les cadres collectors 2008-2009.

Découvrez dans les boutiques du PSG le jeu de boules de pétanque Obut à l'éffigie du club de la capitale. Le cadeau idéal pour s'amuser en vacances, tout en restant proche du club de son coeur.





... j'ai failli tomber de mon fauteuil de rire. C'est typiquement le genre d'aberration que seule notre capitalisme préféré peut pondre. Regardez un peu la tête convaincue de Makelele... Après ça, on attends avec impatience la choucroute "Girondins de Bordeaux", les merguez "FC Metz" ou les tapas "Spartak Moscou", tant qu'on y est. Extraordinaire.

Je vous laisse, et bonne pétanque.

samedi 6 décembre 2008

Il est pas Frey mon poisson


Ce matin, sur Sport24.com :

Sébastien Frey a tenu des propos pour le moins troublants concernant l’immigration en France dans une interview accordée à Sportweek, supplément de la Gazzetta dello Sport.

Sébastien Frey ne va pas se faire que des amis après ses déclarations faites à nos confrères de Sportweek, le supplément du samedi de la Gazzetta dello Sport. Interrogé sur l’intégration raciale en Italie et en France, le portier de la Fiorentina a eu cette réponse pour le moins troublante : «Tant en France qu’en Italie, nous n’avons pas fixé de limites et de règles sûres. C’est une chose qui devait être faite il y a plusieurs années. J’ai une maison sur les hauteurs de Nice et, le soir, j’ai peur de descendre en ville parce que circulent, sur les routes, des bandes qui font peur. Et puis, l’équipe de France : elle est désormais composée presque uniquement de Noirs. Ce sont sûrement les plus forts, mais…»

Des propos que n'auraient pas renié Eric Zemmour, Georges Frèche, Sarkozy ou Marine Le Pen... je crois que le pauvre vieux a passé un peu trop de temps en Italie, au pays de Berlusconi et de la Ligue du Nord. Ce qui me fait mal au cul, c'est que ça fait 10 ans que je le soutiens, que je dis à son propos que c'est le meilleur gardien d'Italie et qu'il mérite d'être en Equipe de France... il peut toujours se toucher désormais. Et j'ajouterais qu'il ne risque pas de s'attirer les faveurs de Domenech, homme de gauche assumé, sans compter la réaction de ses coéquipiers blacks, qui l'accueilleraient sans doute comme il se doit ! Et c'est tant mieux d'ailleurs.

Je vous laisse.

jeudi 4 décembre 2008

Dieu, que c'est Oboe


Salut à tous,

Soirée cocooning avec mon Amour ce soir. Là elle dort, et je viens donc ici pour vous raconter un truc tandis qu'elle rêve à Patrick Dempsey ou à Hugh Grant, épuisée par une journée de travail.

Divine surprise quand elle découvre que ce soir, sur Arte, passe le fantastique
Mission, de Roland Joffé. Douche rapidement prise, et nous voilà tous deux cachés sous la couette devant ce monument inaltérable du cinéma. Mon Amour le découvre, tandis que je savoure mon énième visionnage du film, Palme d'Or 1986.

Tandis qu'elle perd une fois de plus son combat contre Morphée, les mêmes causes provoquent les mêmes effets. J'ai beau connaître la fin (funeste, désolé pour ceux qui ne la connaissent pas), tandis que l'envoyé du Vatican, dont les mains liées par l'obligation de trouver un accord entre les colons espagnols et portugais lui emp^che de pouvoir vraiment décider, visite les missions superbement construites par les Jésuites et les Guaranis, je ne peux m'empêcher d'espérer. Je me dis, même si c'est c'est sans espoir, que l'évêque laissera parler son coeur et trouvera un moyen de les sauver de l'avidité des Portugais.

Ce film a aussi le mérite, un peu comme
le Nom de la Rose également, de poser une question qui peut sembler accessoire mais qui est en fait essentiel, à propos de la religion : quid de l'argent, du pouvoir ? La perversion de l'église à travers l'histoire vient notamment du fait qu'elle est devenue une puissance énorme, qui n'a eu de cesse de montrer sa richesse alors que sa doctrine de base est la spiritualité, et le refus de la possession. Dans le film, les Guarani, guidés par les Jésuites, batissent des communautés ou chacun à un rôle, ou chacun travaille, et ou la richesse est redistribuée de façon totalement équitable. Mais l'église refuse ce qui ressemble furieusement à un paradis terrestre, une aberration à ses yeux. Et les hommes ne peuvent accepter que l'argent ne puisse pas aller principalement à une minorité - à eux, ça va de soit - même si ça veut dire que les autres - la majorité, vous suivez - en soient privés. Le commerce ne peut tolérer l'égalité, la justice. C'est la loi de la jungle, celle du plus fort, encouragée par une église qui devrait pourtant la rejetter.

Sur ce, je m'en vais retrouver mon Amour dans ses rêves.

Banal post


Salut à tous,

Aujourd'hui, ma conférence traitera des bébés à venir. Enfin, d'un, surtout. Une amie très chère à moi vient de tomber enceinte après plusieurs mois d'essais aussi infructueux que stressants pour elle, vous imaginez donc la joie qui l'habite depuis, ainsi que le papa.

C'est drôle parce que finalement, si on y réfléchit, il n'y a rien de plus banal qu'une naissance, notre multitude est là pour en témoigner. Quand on se retrouve coincé dans une rame de métro blindée, coincés comme des sardines, collés à une femme qui a vidé son parfum le matin même - ou qui ne l'a pas fait et qui aurait dû -, ou quand on fait la queue à la poste, dans ces moments précis où on se met à haïr profondément la race humaine sans en avoir réellement conscience, on ne se dit pas "que c'est mignon tous ces anciens bébés, tous ces anciens nouveaux nés qui ont tous comblé de bonheur une maman et un papa". C'est rare, convenez-en.

En fait c'est faux, moi ça m'arrive de temps en temps. Par exemple, quand un quatrième couteau meurt dans un film, dézingué par le gentil qui avait juste un garde à trucider pour réussir sa mission et signer pour le numéro 2, je ne peux m'empêcher de me dire que ce type, que personne ne connaît et que tout le monde a oublié, est né, et a été probablement câliné par des parents à l'oeil humide, et va avoir des obsèques, durant lesquelles ses proches seront en larmes. On ne pense pas assez souvent à ces figurants qui meurent trop vite dans les films, c'est scandaleux. Mais revenons à notre sujet, tellement plus joyeux.

Donc une naissance, c'est finalement très banal, mais c'est tellement incroyable dès qu'on prends cet évènement sur un plan individuel. Même une mère de neuf enfants doit encore être terriblement émue quand le dixième vient pointer son nez dans ce monde si accueillant. Pour être honnête, hormis ma propre naissance, au bout de laquelle les médecins avaient eu la prescience de noter sur mon dossier "crie fort", je n'ai jamais vécu d'assez près un tel évènement pour pouvoir ne serait-ce qu'imaginer ce qu'on peut ressentir à ce moment-là. Je suppose qu'on ne se dit pas "ouais, je me suis reproduit, ma descendance est assurée !" comme se disaient les hommes, notamment les puissants, il n'y a pas tellement longtemps.

On a sans doute envie de se voir dans son propre enfant, comme un double. Une envie de s'approcher un peu de l'éternité : cet enfant me survivra, c'est bon, je suis sauvé. Difficile à dire, vraiment. Parce que pour le reste, et là je ne veux décourager personne, mais avoir un enfant c'est quand même signer pour un paquet d'ennuis, une mer de problèmes administratifs, des vagues de couches sales et de bobos dévastateurs, et un futur ado, en plus. Mais oui, y a aussi ces mains potelées, ces regards perpétuellement étonnés - jusqu'à ce que les dernières illusions s'évanouissent, un peu après la majorité -, ce défi qu'il ou elle semble vous lancer : "et ben voilà, tu me voulais, tu m'as eu, tu fais quoi là maintenant ?"

Sacré truc quand même, intrinsèquement c'est le truc le moins banal qui soit.

Je vous laisse.

lundi 1 décembre 2008

Vague à l'âme


Salut à tous,

J'ai toujours plein de trucs à raconter. Quand je ne suis pas chez moi, je me dis tout le temps "ah ouais, faut que je parle de ça, et puis de ça" et puis je le fais pas parce que j'ai pas le temps, ou alors je fais autre chose, ça me sort de la tête...

Là par exemple, je regarde un reportage sur un des mes chanteurs préférés, Alain Souchon. Un type simple, drôle, intelligent, que peu de monde a égalé, même Benabar ou Delerm, dans l'art de raconter la vie quotidienne. Un poête qui n'a jamais fait de concession, qui a jamais transigé avec sa tronche en biais et sa coupe de cheveux qui causerait une syncope au coiffeur de la Star Ac... Un mec qui a toujours raconté ce qu'il voulait, et puis voilà... Des chansons comme "C'est comme vous voulez", "Poulailler song" ou "Foule sentimentale" me parlent carrément. Et puis en fait, j'ai pas envie.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai pas la pêche du tout en ce moment. Socialement, c'est assez désert et cahoteux, en fait c'est un peu... entre-deux, en transition. Il se passe un truc, ou plusieurs trucs, ça cause pas mal, mais comme souvent dans ces cas-là, je capte pas grand chose à tous ces trucs de grandes personnes. Et à ce sujet, je suis très inquiet pour l'avenir, et je stresse, ce qui n'est pas dans mes habitudes du tout. Je ne stresse jamais, je me fous toujours un peu de tout ce qui concerne la vie quotidienne, tant que j'ai des amis avec qui je m'amuse... du coup là, c'est un peu compliqué, et je stresse. Ca fait bizarre.

Professionnellement, c'est souvent fatiguant mais comme c'est un bon job, que je passe beaucoup de temps chez moi et que je suis payé pour regarder du foot, même des Nancy-Grenoble, je ne vais pas me plaindre. Simplement, si le boulot en lui même se passe bien, j'ai fait une connerie - je sais pas comment j'ai fait, mais je l'ai fait, pas de doute, à moins d'un miracle désormais... - et bon, voilà, c'est pas méchant et en même temps, ça craint, et ça fait chier. T'as beau vouloir passer pour le mec qui en a rien à foutre de l'avis des autres, quand tu passes pour un con au boulot, ça fait suer quoi, y a rien à faire.

Si je stresse rarement, j'ai le blues souvent. Mais pas à ce point-là. Ca arrive logiquement quand les trucs comme ça arrivent en même temps, en rafale. Si ces trucs étaient arrivés à la suite, bon ben je les aurais géré tranquillement quoi, j'aurais pas fait attention. Ca arrive à tout le monde des petites conneries dans ce genre là, et puis franchement c'est pas bien méchant. Mais, là, quand t'en es à chercher la branche à laquelle te racrocher, tu te dis que t'es mal, même si c'est pas toujours le cas.

Ca va allez hein, je dis ça au cas ou vous auriez la gentillesse de vous inquiéter pour moi, c'est trop, fallait pas.

Je vous laisse :)

samedi 29 novembre 2008

Les Grands du Rire


Salut à tous,

Et oui, ça fait six jours, ça faisait un moment que j'avais pas laissé autant de temps entre deux posts. Mais il a fallu que je le digère le précédent. J'ai failli le retirer plusieurs fois, mais finalement ça aurait servi à quoi ? Renier ce que j'ai dit ? Si je regrette la forme, forcément excessive après de tels excès, je ne regrette pas une virgule sur le fond, malheureusement oserais-je dire. Je n'ai rien dit de définitif, ni exigé quoique ce soit, du genre "je veux plus vous voir" ou je ne sais quoi. J'ai simplement évoqué des défauts que les intéressés ne pouvaient pas ignorer avant. Je ne suis pas le premier à qui ils font le coup. Mais je ne vais pas revenir là-dessus, si ce n'est pour dire que j'espère que l'heure de la réconciliation s'approche plus vite que je ne le pense. Déjà, si elle existe, c'est un début.

Je sais pas si vous regardez la télé le samedi en début d'après-midi, moi ça m'arrive, parce que souvent je suis chez moi à ce moment là, quand je bosse en l'occurence. Comme aujourd'hui. Vers 14h, y a une émission assez hallucinante sur France 3, animée par Yves Le Coq, les Grands du rire. Je suis fasciné par cette émission parce qu'elle est animée et construite d'une façon absolument anachronique et désuète. Des fois, on se demande quel degré peut la qualifier, premier, second, 50e ? Apparemment c'est que du premier degré, et c'est dingue.

Ce qui m'intéresse, déjà, ce sont les vieux sketches, vous savez ceux qu'on voit nulle par ailleurs, ceux de Raymond Devos, Fernand Reynaud, Jean Yanne... en plus des classiques de Coluche, Le Luron... bon y a aussi des trucs assez atterant comme les sketches de Muriel Robin, Robert Castel, Guy Montagné... quand on peut le plus, on peut le moins.

Ce qui est dingue, c'est qu'Yves Le Coq reçoit des invités en promo, mais pas que des pointes hein, Frédéric François, Isabelle Aubray, Annie Cordy... et il les interviewe en imitant ! Pas les imitant eux, mais imitant Chirac, Johnny, enfin ses classiques quoi ! Et les invités le regardent un peu interloqués, avec un sourire incertain, du genre "mais il se fout de moi là ou pas ?". Un peu comme quand une star américaine va chez Cauet, vous voyez. Ils se demandent ce qu'ils font là. Autour de la voix principale des Guignols, des humoristes que lui seul connaît, Clair, Isabeau de R, Sellig, mais aussi Daniel Herzog, éternellement déguisé en Colombo.

Enfin, entre deux séquences, des fois tu vois un chien, et une voix qui fait "moi, Choki, je regarde les Grands du Rire !". Un peu plus loin, on voit un poney qui hennit, tandis que des étoiles entourent sa tête, comme dans un conte de fée. Et là, c'est toi qui te demande ce que tu fais là. Mais c'est con, le samedi d'après je suis encore là, je ne pourrais pas vous dire pourquoi. Faut que je me soigne.

Je vous laisse.

vendredi 21 novembre 2008

Rage


Salut,

Ce matin, je suis en rage. En RAGE totale. Intégrale, rouge, noire, vénéneuse. J'ai envie de tout casser, et peut-être que si j'avais sous la main un truc qui valait la peine d'être cassé, je lui ferai peut-être la peau. Non remarque, j'oserai peut-être pas, ce serait renier ma personalité, vous allez comprendre pourquoi.

Des amis à moi me reprochent de ne soit-disant pas être en adéquation avec mes propos. Je dénonce, mais je ne ferai rien. Je n'ose même pas évoquer la goutte qui a manifestement fait déborder leur vase, tellement elle est ridicule. Mais apparement, ça les taraudait de me dire ce qu'ils pensent de moi, de l'opinion qu'ils ont de moi. Ils doivent être soulagés, même si ensuite ils se sont encore plus soulagé, et de quelle façon, la classe à l'état pur, j'y reviendrais.

Je n'ai pas à me justifier de mes actes, que ce soit à ma famille, à mes amis où à qui que ce soit. Je n'ai surtout pas de leçon à recevoir de qui que ce soit, parce que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. J'en ai rien à secouer de ce qu'ils pensent de moi sur ce sujet, sachant qu'ils ont également dans leur entourage quelqu'un (L) qui, quant à lui, se fout du reste du monde comme de son premier Mac - quoique, en fait non, il s'en fout nettement plus - et à qui on ne peut donc évidemment rien reprocher de ce type. Il ne dénonce rien, il aimerait qu'on n'évoque que les bonnes nouvelles aux infos, comment peut-on lui dire "et sinon, tu parles mais tu fais quoi ?" Aucune chance de mettre en adéquation quoique ce soit quand on vit dans sa bulle. Chacun fait ce qu'il veux, je n'ai pas à lui faire ce reproche puisqu'il est comme ça, je ne vois pas ce que lui faire la leçon changerait. Et en plus c'est un gars sympa, drôle et charmant.

Dans cette histoire, on me reproche d'être un donneur de leçon, au fond. Il faut dire que ça émane de spécialistes en la matière. Ils ne dénoncent rien, mais te reprochent de le faire et pas agir. Et oui, je n'ai pas envahi la Chine, je ne me suis pas présenté aux élections face à Sarkozy, j'avais piscine. Ils peuvent aussi te reprocher de ne pas mener la vie comme la leur, ne pas faire d'enfant, etc. Ne pas rester dans les clous.

Mais à la limite, tout ça c'est pas grave, c'est la routine ça. le problème, c'est que je leur ai répondu, et qu'ils n'en ont pas l'habitude, personne n'ose le faire, et ce depuis des années. Ils distribuent les bons ou les mauvais points, notamment sur la vie privée des gens, et personne, attaqué ou pas, ne bronche. Alors forcément, quand quelqu'un réagit, ça ne leur plait pas, alors, au lieu de sortir les arguments, ils insultent, c'est de bonne guerre. Ils m'emmerdent donc, l'un d'entre eux m'emmerde même "profond", le petit vantard. Que répondre dans ces cas-là ? J'ai quitté le club ou on discutait ensemble. Je ne pouvais plus rester dans ces conditions, ou on ne peut rien dire face au tribunal. J'ai refusé mon mauvais point, ils m'insultent, je me casse. Je dénonce puis j'agis, c'est limpide.

Je vous laisse.

jeudi 20 novembre 2008

Annus horribilis


Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je vais faire ma feignasse, et encore une fois c'est grâce aux Cahiers du foot, qui, hormis sur le sujet de la vidéo, disent souvent mieux les choses que moi, notamment dans cet article. Je savais déjà qu'au niveau de la moyenne de points par matches, l'Equipe de France n'avait pas fait aussi mauvais depuis 1992. Mais en lisant cet article, et notamment l'extrait que je vous propose, c'est carrément l'horreur.

Bonne lecture.


2008, une année à oublier

L’année 2008 se termine, et pour la plupart des supporters des Bleus, c’est un soulagement. Avec 6 victoires, 4 nuls et 4 défaites, c’est la pire année depuis… Combien de temps? Avec ses 43% de victoires, c'est la plus mauvaise des vingt dernières années. Au nombre de défaites, il faut remonter à 1992 (5 défaites en 11 matches) pour voir pire. Les Bleus ont perdu autant de matches cette année qu’entre 1994 et 1999 (sur 68 rencontres).

Au total, 2008 se situe à la 41e place du classement du centenaire, entre 1988 (4 victoires en 9 matches) et 1989 (3 victoires en 7 matches, et élimination du Mondiale 90). Pas vraiment des références. 2008 ne fait pas partie de ces 36 années où les Bleus ont gagné au moins la moitié de leurs matches.

Top 8 historique

Si l’on s’en tient aux matches de compétition, le résultat de 2008 est carrément catastrophique. Avec une seule victoire et trois défaites en six matches, cette année se situe parmi les huit plus mauvaises années de l’histoire, du moins celles où les Bleus n’ont pas joué que des matches amicaux. Trois défaites en compétition la même année, ça ne s’était produit que deux fois: en 1966 (Uruguay et Angleterre en Coupe du monde, Belgique en qualifications de l’Euro 68) et en 1981 (Pays-Bas, Belgique et Irlande en qualifications du Mundial 1982). Enfin, si l’on compare cette année aux 18 incluant une phase finale, 2008 est la plus mauvaise (pour les matches de compétition).

Comme si ça ne suffisait pas, 2008 se fait aussi remarquer par son étonnant total de buts encaissés: 16 en 14 matches, dont 15 en sept matches consécutifs. Il faut remonter à 1992 pour trouver un aussi mauvais total et à 1982 pour voir pire (19). Côté attaque, ce n’est guère mieux: avec 16 buts marqués, 2008 est la plus stérile des dix dernières années, loin derrière les 40 buts de 2003 (record historique) et le très gros score de 2000 (39, ancien record de 1958 égalé).

mardi 18 novembre 2008

De la régression sociale


Salut à tous,

Je suis vraiment désolé de vous avoir laissé mariner comme ça, sans votre came, un petit post de ma part, quelques phrases trop longues, des statistiques sans intérêts, une énième diatribe contre Sarkozy et sa filiale TF1... Et en plus, vous savez quoi ? J'ai même pas le début d'une queue d'excuse. J'ai eu des heures entières pour écrire, surtout qu'en ce moment mon Amour n'est pas là, donc j'ai VRAIMENT du temps. Bon, pas aujourd'hui parce que je bosse, mais la semaine dernière, j'ai préféré faire des stats ou jouer à Halo 2 que me remettre à ma tâche. Honte sur moi.

Bon, là c'est ma pause, et je culpabilise grave, et puis quand je vois le niveau de certains commentaires sur le dernier post (:p), il est vrai inoubliable, je me dis qu'il est temps de renouveler un peu les choses.

Le fait est qu'en ce moment je suis un peu à sec d'inspiration. Oh, j'ai toujours quelques sujets qui me tournent dans la tête, mais le manque de temps, ou la flemme comme en ce moment, retiennent ma plume. Par exemple, les iPhone. Ca fait un petit moment que je veux en parler. Oh ben tiens allons-y, même si ça risque d'être court vu que j'ai à peine 10 minutes devant moi.

En fait, ça me taraude depuis une soirée, plutôt sympa par ailleurs, notamment parce que j'ai gagné au Trivial Pursuit, ou la moitié de l'assistance jouait avec son iPhone. Et pas pour améliorer le niveau de la soirée hein, c'était plutôt pour se battre avec des bruits de sabre laser, vous voyez. Quatre visages hypnotisés par un rectangle noir, à le caresser, le cajoler... et se battre avec.

Figurez-vous que j'ai bien connu les années 80. A l'époque, on disait des "balladeurs", des walk-man quoi, qu'ils allaient isoler l'homme, que c'était la fin de la sociabilité, que les gens allaient se refermer sur eux-mêmes. Perso, j'en ai vu des mecs graves, mais j'ai encore jamais passé une soirée à côté d'un type qui écoute son walk-man. Par contre, j'ai essayé de jouer au Trivial avec deux mecs qui jouent avec leurs Iphone, je vous le conseille. En plus je veux pas me fâcher avec eux parce qu'ils sont sympas, notamment un que je connais quand même un peu et que je félicite encore une fois pour l'heureux évènement qui l'attends l'été prochain, mais bon.

Ces trucs là sont jolis, profilés, mais ils t'obligent aussi à t'abonner à Orange et ça te transforme en deux temps trois mouvements en cromagnon social. Un peu comme les hommes préhistoriques qui ne pouvaient pas détacher leurs yeux de ce feu si miraculeux. Et puis franchement, les bruits de sabre laser... sérieusement, la technologie c'était fait pour faire progresser une civilisation, pas la faire régresser, si ? Les jouets qui font ces bruits là, ils existent déjà, surtout en cette période ou on nous bassine déjà avec Noyël.

Vous le savez, tous les trucs à la mode, à la pointe de la technologie, les trucs qu'il FAUT avoir pour pas passer pour le dernier des beaufs, ça me dose. Tu te ruines pour un truc qui sera trois fois moins cher dans six mois, sauf que dans six mois y aura un nouveau truc extraordinaire qu'il FAUT avoir pour être la star du bureau. Mais là, c'est le pompon. Pas UNE soirée sans quelqu'un qui tripote son Iphone. C'est juste insupportable. Mais bon, que voulez-vous ? Ce n'est pas moi qui vais faire changer les mentalités, alors que manifestement, c'est moi qui suis en retard.

Sur ce, je vous laisse.

lundi 10 novembre 2008

Sacoche la mention inutile


Hello,

Aujourd'hui, je vais innover un peu. Marre de parler du monde, de l'actu, des injustices qui font du trampoline sur mes nerfs, je vais parler d'un truc perso. Ma sacoche.

Tout d'abord, vous l'avez remarqué, j'ai changé de taille de police. Je ne suis pas fan du tout de la perspective d'écrire gros, et j'aime pas non plus quand y a trop d'espace entre les lignes, on dirait du Oui Oui, franchement... mais apparemment, mes posts sont écris trop petits et pas assez aérés, des gens se sont plaint alors, sous la pression populaire, je tente cette expérience. Mais bon, vu la tartine que je mets en général, ça va vraiment faire énorme, et c'était aussi pour ça que j'écrivais petit... bref. Vous voyez que je suis proche de vous, je suis comme vous même. Si si, je vous jure. Votez pour moi, siouplait.

Punaise, je viens de commencer à écrire et j'ai déjà rempli la case... Bref...

Oui donc, ma sacoche. On évoque souvent les sacs des filles, objet de fascination pour les hommes, s'il en est, leur taille parfois extravagante, leur insondable capharnaüm, et leur contenu souvent cocasse. J'ai déjà vu des filles sortir de leurs sacs des couteaux de cuisine, des culottes, des tournevis, des cuillers... que des trucs essentiels à la survie en zone urbaine, vous voyez. Et le charme de l'attente lorsque votre moitié se transforme en archéologue amateur pour retrouver des clés, son portable ou même un bouquin... irremplaçable.

Et merde, je vais encore me faire traîter de macho... Bref, reprenons.

C'est mon Amour qui me l'a offerte, l'an passé. Et je dois dire qu'elle a eu du nez, parce qu'elle est comme neuve alors qu'elle aurait de quoi être usée (ma sacoche). J'use très vite les choses (des mauvaises langues rajouteraient "les gens, aussi", mais ce ne sont que des mauvaises langues), et les sacoches n'y échappent habituellement pas. Gloire donc au fabriquant qui a créé la sacoche indestructible, même par le type qui, une fois rentré chez lui ou dans le wagon du RER, la balance par terre ou sur un siège comme si ce n'était qu'un objet, et ce quotidiennement. Et le fait que c'en est un, justement, un objet. Un jour peut-être, je vous confierais ma conception de l'objet. Faudra que je sois d'humeur, quand même.

Je dois avouer que le foutoir dans ma sacoche, dont la taille plus réduite qu'un sac féminin n'autorise pas les même débordements, n'est pas très glorieux. En fait, décrire la population de ma sacoche revient à décrire une de mes journées type, c'est drôle. D'abord, il y a souvent du courrier. Bah oui, quand je sors de chez moi le matin, hop, je prends les factures (je reçois rarement des lettres d'amour ou des cartes postales de mon banquier, je sais pas vous...) et hop, ouvertes ou pas, elles filent dans mon sac, ou elles s'entassent parfois au fond. Bon débarras, oserais-je avancer. Elles sont aidées en cela par mon trousseau de clés, mais aussi la bouteille d'eau que j'emmène, notamment l'été, et presque toujours enroulée dans un sac plastique, pour éviter toute fuite. Surtout que, comme je ne bois quasiment que de l'eau glacée, question de goût, le fond de mon sac pourrait vite se retrouver trempé, ce que je ne supporte pas.

Le journal que j'achète tous les jours ou presque, l'Equipe, pour ne pas le citer, achève la stratification du fond de mon sac, puisque la taille de celui-ci m'oblige à bien enfoncer le sus-cité canard afin qu'il entre. Je résume donc : au fond, du vieux courrier ; au-dessus, mes clés et ma bouteille d'eau ; tout cela entourant le journal. Le résultat n'étant pas à mettre devant des yeux innocents.

Figurez-vous également que j'ai une pochette devant, couverte par un rabat. Dans cette pochette se balade mon porte-feuille, dont la poche de monnaie est trouée. Ma ferraille reste donc très rarement dedans, et tintillonne régulièrement dans cette même pochette. Au passage, ce porte-feuille ne contient plus que les quelques pièces qui restent accrochées malgré le trou, mon badge pour le boulot, et mes papiers. Dans cette pochette se trouve des mini pochettes - dingue - ou je place mes clés de boulot, ma CB et ma carte ciné, choses que j'aime attraper facilement, d'un geste. N'étant ni arabe ni noir, et n'ayant ni voiture ni chèques, on me demande rarement ma carte d'identité ou mon permis de conduire, donc autant les laisser dans le porte-feuille.

Enfin, au dos de cette sacoche - donc contre moi - se trouve une autre pochette ou j'ai longtemps eu un bouquin dedans - le cycle d'Elric, qu'il faudra bien que je termine un jour - et ou désormais se trouve ma carte navigo, celle qui fait "ding !" quand on la frotte. La coquine...

Quant à ma façon de la porter, elle est simple mais je ne suis pas sûr qu'elle soit partagée par tous. Détestant avoir un truc qui gène mon balancement de bras, je jette négligement ma sacoche dans le dos, ou plus précisémment sur mon arrière-train. Elle aurait du mal à trouver un emplacement plus molletonneux pour y passer une vie difficile d'objet utile. Elle n'oserait donc se plaindre.

Voilà, pas grand chose d'original, au fond. Je ne fais même plus attention pour tout dire, elle fait partie intégrante de ma personne, elle est là, voilà, comme j'ai deux mains ou un gros nez. Peu de chance de l'oublier, je crois.

Et vous ?

Je vous laisse (j'ose à peine imaginer la place que va prendre ce post avec cette taille de police...)

samedi 8 novembre 2008

L'importance de l'extrême


Hello !

L'autre soir, je me faisais un petit plaisir personnel. Une friandise, une gourmandise, un truc à moi, un moment... magique. Un débat sur l'état de la gauche en France. Autant dire que j'avais coupé le téléphone, baissé les rideaux et prévu un paquet de mouchoirs.

C'était chez Frédéric Taddeï, qui tient une émission aussi culturelle que Téléfoot traite de la bonne cuisson du poulet basquaise dans l'hémisphère sud. Son émission, plutôt intéressante par ailleurs, ressemble quand même beaucoup à un talk show ou ce seraient des philosophes ou des anciens prix Nobel qui interviendraient. Y a du neurone, ça c'est sûr, et j'aime bien ça, ça fait plaisir d'entendre des gens qui maîtrisent l'imparfait du subjonctif, pas comme moi quoi. Mais c'est pas de la culture. On entends pas parler de musique, d'art, de peinture, que sait-je...

Là, y avait des philosophes (de gauche, mais fallait-il le préciser ?), mais aussi Denis Olivennes ou Rost. En fait, c'était pas forcément sur la gauche, c'était surtout sur le parti socialiste, qui élisait son premier secrétaire devant une France époustoufflée. Et là, on a senti qu'hormis Rost, ils l'étaient tous, socialistes. Dès qu'on évoquait le nom de Besancenot, y avait comme un froid, vous voyez. Et ça m'a inspiré ce post. Je pensais, en les voyant traîter le sujet d'une façon condescendante, à la façon dont Coluche était traîté par les politiques de l'époque, durant la campagne présidentielle de 1981 : "ouais, c'est bien joli de protester, mais quand il faut gouverner, y a plus personne". Et j'ai pensé que les socialistes, en négligeant à quel point ceux qui choisissent de militer sur le terrain, dans les manifs, et qui proposent, étaient pas près de retrouver le pouvoir. En tous cas, ils ne pourront pas compter sur moi. Au second tour, oui, quand il faut barrer le chemin à la droite. Mais le premier tour, c'est fait pour exprimer ses idées, sinon autant opter pour le système américain, un de droite, un d'extrême droite, et hop, 66 % de participation, ils sont contents parce que c'est un record chez eux, même si c'est un chiffre sacrément faible pour une présidentielle.

Donc les socialistes se sont écartés du peuple, justement parce qu'ils visaient le pouvoir. Et Besancenot n'aura jamais le pouvoir parce qu'il est trop près du peuple. Mais justement, le rôle des extrêmes, c'est quoi ? Ce n'est évidemment pas de gouverner, ça paraît quand même compliqué. La révolution, tu l'annonces pas, tu la fait quand il faut la faire. Ca peux pas être un programme politique. Et si Besancenot arrivait au pouvoir, il perdrait automatiquement ce contact avec les gens, cette rage qui le rendent si populaire, et si vrai, si désintéressé.

Le rôle de l'extrême gauche, c'est de tirer la couverture du paysage médiatique vers lui, proposer des choses, rappeler au PS qu'il doit certes gouverner, mais doit avant tout être de gauche, avant d'être gestionnaire. Si Besancenot fait 15 % en 2012, et qu'avec ses voix le candidat socialiste l'emporte au second tour, ce dernier pourra-t-il faire comme si de rien n'était ? J'y crois pas une seconde. Quand Le Pen est arrivé au second tour en 2002, Chirac a certes gagné ensuite, mais la première chose qu'il a dit à ses ouailles, c'est qu'il avait capté le message des Français. Quel message ? On veut plus de répression, moins d'immigrés, plus de sécurité. Il n'a pas hésité une seconde à exaucer les voeux des fachos du pays, en mettant Sarkozy à l'Intérieur.

Donc critiquer - non, pas critiquer, dénigrer, ignorer, ne pas respecter, négliger Besancenot, c'est se tirer une balle dans le pied. Le gros problème du PS, c'est qu'il s'est coupé de la base, qui, j'en suis sûr, ne veut pas de libéralisme social, pas d'alliance avec le Modem. Il veut un PS de GAUCHE. Pas un PS révolutionnaire, mais un PS qui écoute les gens, un PS humaniste, social, solidaire. Et pas clownesque comme Royal, ou faux-cul comme Delanöe. Il lui faudra aussi régler le problème né du référendum sur la constitution européenne, ou le PS a été fendu en deux, entre ceux qui voulaient une constitution à tous prix, quelle quelle soit, et ceux qui en voulaient une plus sociale, moins libérale. Y a eu une vraie cassure, qui n'est pas près de se résorber, et je ne suis pas sûr que le PS puisse faire, un jour, l'économie d'une scission qui serait, dans un premier temps, très délicate sur le plan électorale. Mais quand on n'est pas d'accord sur un sujet aussi crucial, on n'a rien à faire dans le même parti, si ?

Sur ce, je vous laisse.

vendredi 7 novembre 2008

Miller : mode d'emploi


Bonjour, chers manipulés.

Comme l'indique cette entrée en matière pour le moins cavalière, je vous l'accorde, je suis allé voir, hier, avec mon Amour, le spectacle de Gérard Miller, Manipulations : Mode d'Emploi, au Petit Théatre de Paris, rue Blanche. Un one-man show très sobre, avec une table, un support ou il fait défiler des photos de personnalités (Sarkozy, Royal, notamment), des bouquins et de l'eau, utile lorsque sa relative inexpérience de la scène lui met des chats dans la gorge, même si ça fait un mois et demi qu'il joue son spectacle.

Qui n'a pas un avis sur Miller ? Même le candidat le plus dénoyauté de Secret Story a un avis sur un personnage de ce style. C'est forcément quelqu'un d'énervant, qui aime manifestement se mettre en avant et qui, paraît-il, serait un charmeur né, un dragueur. En tous cas, il se fait régulièrement chambrer sur le sujet par ses collègues des chez Ruquier. Comme ils chambrent également Christine Bravo sur son amour de la bouteille...

Il est narcissique, d'accord, donneur de leçon, évidemment. En plus, sa voix un peu nasillarde et son ton péremptoire, tout comme sa tête d'intello, quasiment un crime en France, le desservent pas mal. Mais le fait est que ce type, maître de conférence de science politique, docteur en philosophie et en science politique, accessoirement psychanaliste, ne peut sérieusement pas être considéré comme un ignard. Ce serait plutôt une tête, cultivée qui plus est. Et moi, j'aime bien écouter les gens qui savent, plutôt que ceux qui croient savoir, à une époque où, pourtant, la parole est donnée plus volontiers aux seconds nommés (Steevy, le premier sportif venu...) qu'aux premiers. Faut VENDRE, coco, pas EDUQUER, VENDRE ! La culture, les connaissances, c'est comme de la confiture ou du Nutella, quand on en a ça sert à quoi de garder toutes ces bonnes choses dans leur pot ? Autant les étaler avant que ça se perde...

Son spectacle est très sobre, donc, et il l'entame à la Miller, un poil démago : un quart d'heure avant le début, il entre dans la salle en disant "et oui, c'est un spectacle ou on vient discuter avec les spectateurs avant". Et effectivement, il dit deux-trois mots avec plusieurs personnes. Il se nomme lui-même comme conférencier, ce qui n'est pas faux, après tout c'est réellement une conférence. Même si une conférence d'une heure et quart à 23,50 euros, t'as intérêt à la savourer... heureusement, billetréduc est là :p Bref, il parle, parle, parle, avec quelques expériences interactives avec le public, et pas mal d'exemples très parlant. Il explique l'art de la manipulation par celui de l'hypnose, de la suggestion soutenue par l'émotion. Il tire parfois un peu trop sur la corde, notamment lorsqu'il compare le générique du 20h de TF1 avec la musique des Dents de la Mer. Il évoque aussi beaucoup Sarkozy, et démontre, si besoin en était, à quel point il a utilisé de très vieilles mais extrêmement efficaces ficelles pour embobiner la France, il y a un an et demi. C'est évidemment très intéressant, mais difficile de résumer ici, le mieux c'est quand même d'aller le voir, gratos évidemment, grâce aux invits de Billetréduc. Donnez vos sous aux ouvreuses, plutôt :p

Ca peut aussi aider pour se faire une autre image de Miller, si on a un a priori défavorable sur cet animal médiatique hors du commun. Et faites attention à tout ce qu'il dit ET tout ce qu'il fait, notamment lors de ses petits jeux...

Je vous laisse.

jeudi 6 novembre 2008

Le 4/10 Sport, peux mieux faire


Oh putain a y est, j'ai enfin un peu de temps pour écrire ici ! Franchement, c'est limite si j'y croyais encore. J'ai continuellement des idées de posts en ce moment en tête mais entre le boulot, les lives, la préparation des lives et le temps passé à récupérer du sommeil en retard, j'ai pas un instant à moi... c'est drôle parce que je me considère comme un feinéant, mais là, en l'occurence, je crois pas que ce soit le cas. En tous cas, les faits sont là.

Depuis lundi, vous imaginez, j'avais envie de parler des deux nouveaux quotidiens sportifs français, le 10 Sport et Aujourd'hui Sports. Deux titres qui veulent répondre à la juste volonté des passionnés de sport d'avoir le choix face aux étals de journaux, le matin au moment de défier l'ennui des transports en commun. Tous les grands pays de sport, et de football en particulier (Espagne, Italie, Allemagne, l'Angleterre n'ayant pas besoin de quotidiens spécialisés vu que leurs quotidiens classiques en parlent énormément) possèdent plusieurs canards sportifs, tous épais et de haut niveaux, souvent partisans par ailleurs, en Espagne particulièrement (Marca pour le Real, As pour le Barça). Et ça marche, en plus. Pourquoi pas en France ? Ben on va vite voir pourquoi, en fait.

Ce n'est pas le nombre de journaux sportifs qui font un pays sportif, c'est l'inverse. Si c'était pour créer des nouveaux titres juste histoire d'en créer, aucun intérêt. La vérité, c'est qu'il n'y a pas autant de lecteurs potentiels de ce type de presse en France qu'ailleurs. Michel Moulin, le créateur du 10 Sport, avait déjà essayé de créer un autre grand club parisien, en investissant dans le Red Star puis, actuellement, à l'UJA Alfortville (il aime partir de loin ce gars là). Il avait par ailleurs fait une pige à la fin de la saison dernière, au PSG,et le fait est que, sous son"mandat", le club n'avait plus perdu. Mais là, le Bruce Willis de la presse joue très gros. Il veut vendre plus que Libé... il a du boulot. S'il s'est associé avec RMC, qui lui fourni notamment ses consultants (que des têtes, notamment les anciens parisiens Bravo, Larqué ou Fernandez, mais aussi Courbis) et qui ne joue apparemment pas sa tête sur ce coup (lire cet article), il a mis beaucoup de billes dans un projet que d'autres, auparavant, avaient tenté, sans résultat ("le Sport"). L'Equipe, puisqu'il faut bien le nommer, est un titre puissant, même si son lectorat diminue, soutenu par le groupe Amaury (qui produit notamment le Parisien, France Football ou... Aujourd'hui Sport, créé pour contrer le 10 Sport !).

Et le fait est qu'en comparant avec le 10 Sport... ben on se rend compte que finalement, l'Equipe, qui fait de plus en plus dans la démagogie avec ses sondages dirigés, ses titres racoleurs ("Nice volé à Lyon") et sa pénible habitude de mettre 2 aux joueurs parisiens quand ils ratent leur match (contre 4 ou 5 pour les autres, mais bon faut bien satisfaire le lectorat provincial), quand ils ne se gourrent pas dans leurs photos ou leurs annonces, est tout de même une référence. C'est fourni, c'est détaillé. Quand tu lis le 10 sport (le 1er jour en l'occurence, histoire de voir), t'as l'impression de lire de la presse gratuite, mais pour 50 centimes. Y a des gros titres mais de petits articles, qui n'apportent rien de plus que l'Equipe... ah si, la page foot amateur était intéressante. Par contre, la partie foot étranger faisait deux page, un lundi ça la fout mal... Dès le deuxième numéro, ils mettent Mandanda en couverture, c'est ça coco, c'est vendeur ça, même si ce n'est pas vraiment dans l'actu... En plus, alors que l'actu sportive c'était quand même les titres de Tsonga et Loeb, il fallait quasiment tourner 20 pages pour passer la zone foot... moi qui trouvait que l'Equipe abusait dans ce domaine, là c'est un record.

Bref, c'est très décevant, et ça me peine parce qu'ils ont recruté des gens que je connais, et j'aurais voulu que ça marche. Déjà que l'Equipe baisse, alors à mon avis ça va plus diviser les ventes que les multiplier... Tant pis, on va devoir continuer de se taper la mauvaise foi de Vincent Duluc (contrepétrie déjà faite, vous fatiguez pas) ou de Bernard Lions...

Je vous laisse.

samedi 1 novembre 2008

Oh, dis, peux-tu voir


Salut à tous,

Demain, le président du monde est élu, mais seulement par une des régions du susnommé monde, l'es Etats-Unis. Une anomalie due au fait que le susnommé président du monde n'est pas sensé l'être, il devrait juste être celui des cow-boys texans et des traders new-yorkais, sans parler des homos de LA, mais bon, on y peut rien, il dirige le monde, c'est comme ça, que voulez-vous. Avant c'était l'Europe, et là c'était pas juste une influence économique et culturelle hein, on a organisé l'esclavage et pillé des continents entiers du temps des colonies, aujourd'hui c'est leur tour, voilà.

Comme toujours dans ce pays sous-développé politiquement, où on a le choix entre la droite, l'extrême droite et Ralph Nader, qui mobilise à chaque fois 3 % des voix des Démocrates, ce qui les fait perdre deux fois sur trois, deux candidats se disputent le bout de gras. On s'est plaint de l'omniprésence de la campagne présidentielle française ces dernières années, mais d'après ce que je lis ici ou là je crois que les électeurs vivent un véritable enfer, même s'ils ont pas l'air de s'en plaindre. Je crois que pour eux, les élections présidentielles c'est un peu comme voter pour Big Brother... En plus de la multiplication des messages télés, qui ferait passer la fréquence de ceux de Sarkozy pendant la campagne pour celle de la retransmission de l'élection du Pape, en plus des 50 sondages qui sortent par jour, donc les coups de fil, les staffs des candidats appellent les gens chez eux pour les saouler avec leur propagande ! C'est DINGUE ! T'es chez toi, et tu reçois un coup de fil pour savoir pour qui tu vas voter, et un autre pour te dire pour qui tu DOIS voter, et ça entre deux messages télés. Sans parler de la presse... la crise est un prétexte supplémentaire pour ne parler que de ça. Donc, en gros, et encore c'est pas gagné, si t'as pas le téléphone, la télé et si tu évites les journaux, t'es heureux.

Bien sûr, il serait très naïf de considérer un homme politique, quel qu'il soit et quelque soit son importance, capable de pouvoir agir économiquement, de changer ce système qui n'a jamais été aussi proche du mur. Même le Président des United States of the World. A moins qu'il n'instaure le communisme, ce qui serait un sacré scoop, et une sacrée première. Ah ouais, l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques des Etats-Unis, ça aurait de la gueule. Camarade Bill Gates, ramenez-moi un MacPravda, qu'on se mate le dernier Disney, "Octobre 1917" !

Bref, y a peu de chance qu'il ne change économiquement le visage du pays du libéralisme. Même la crise actuelle, qui prouve bien à quel point le capitalisme est une aberration et une idéologie anti humaniste, a du mal à le faire. N'empêche, son élection créerai un espoir incroyable dans le monde, sans doute même plus qu'aux Etats-Unis même. Je pense que dans le monde, Obama serait élu à plus de 70 %, voire 80 %, alors qu'aux States, il est à peine à plus de 50 % d'intentions de vote AVOUEES. C'est toujours terrible de regarder ces reportages sur les fondamentalistes, sur le Klux Klux Klan, sur ces ados qui prèchent l'abstinence, et les soutiens de Sarah Palin, qui assument pleinement leurs armes achetées comme si c'était des bonbons. Tu te dit que ces gens-là vont se sentir salis, ils ne se reconnaîtront clairement pas dans leur nouveau président, qui ose faire des messages ou il demande aux parents d'éteindre leur télé et de donner des livres à leur gosse... un peu comme si Alain Juppé demandais aux Bordelais de boire de l'eau...

S'il est élu, ça changera aussi, peut-être, pas mal l'état d'esprit des gens dans le monde. Elire un noir en Europe ne semblera plus aussi saugrenu. Quel(le) est le (la) noir(e) le (la) plus haut placé(e) en France ? Si l'on compte les placards, Rama Yade (qui, au passage, est absolument sublime), ouh ouh ouh ramaya. Ca fait vraiment TRES, très peu. Vous imaginez un noir, président de l'Italie, de l'Espagne ou de l'Allemagne ? En Russie ? Et ben moi, j'avais déjà du mal à l'imaginer aux Etats-Unis, même après avoir vu 24. Alors, dans un pays comme le nôtre, aux liens si serrés avec les Caraïbes et l'Afrique, y a vraiment pas de raisons.

Le monde retient son souffle, s'il passe, ça va être... fabuleux. Même si ça dure six mois...

Je vous laisse.

mercredi 29 octobre 2008

Un dimanche avec beau-papa


Salut à tous,

Voici le deuxième article de l'excellent blog Paris Sonne le Glas, dédié au PSG. Même s'il est souvent cruel, on sent qu'il n'est pas tenu par des anti-Parisiens primaires, et ça, rien que ça, ça change.

Bonne poilade (ça vous rappellera même peut-être des souvenirs, moi en tous cas ça a été le cas) !


Un dimanche avec beau-papa

29/10/2008 – 8:58

Les millions de lecteurs qui, chaque jour, cliquent compulsivement pour découvrir les nouveaux articles de Paris Sonne le Glas, adressent moult courriers à nos hébergeurs de football et d’eau fraîche pour que soit enfin révélée l’identité des génies qui composent notre équipe. Sans aller jusqu’à exaucer ce vœu (ce qui risquerait de compromettre nos carrières par ailleurs brillantes), il nous est possible de lever le voile sur certains aspects de nos intimités.

Ainsi, sachez tout d’abord que nous sommes jeunes mais déjà respectables, nantis de fortunes colossales issues de nos emplois à la Société Générale, dotés d’un humour ravageur et que, si nos physiques ne sont qu’inégalement agréables, nos virilités conjuguent dimension et vigueur en un équilibre si parfait qu’il fait se pâmer la ménagère. Pourvus de tels attributs, même les plus sots d’entre vous comprendront que, dans nos quêtes matrimoniales, nous n’avons pas récolté les plus moches des guenons : nos compagnes oscillent entre Penelope Cruz et Hale Berry, sauf qu’elles ont renoncé à des carrières prometteuses à la scène ou dans le mannequinat pour mieux nous combler de petits plats mitonnés et de massages relaxants.

Ainsi, par exemple, pour ce qui me concerne, ma chère et tendre a la beauté du soleil irisant la rosée matinale, elle a la douceur du petit koala qui mange, bien calé sur sa branche, un fondant au chocolat. C’est vous dire si elle est un peu chouette.

Ah oui mais quand même, un détail… Elle est marseillaise. Vraie de vraie. Native. Genre elle craint dégun. Les boules.

Mais bon, vous savez ce que c’est, l’amour, la passion, les petits nuages flottants : de notre divergence supporteriale essentielle nous sûmes faire table rase et allâmes main dans la main, Roméo et Juliette modernes se moquant bien fort des guéguerres du Clasico… Ce fut beau.

Oui mais un autre détail : ma chère et tendre, malgré toutes ses qualités, est nantie d’un papa à elle qu’elle aime – oui oui, c’était dans le contrat de vente, page 4 en bas. Un papa marseillais lui aussi, et depuis plus longtemps qu’elle, et plus porté qu’elle sur la chose footballistique – autrement dit : une autre paire de manches.

Clouons néanmoins au sol le malentendu avant qu’il ne prenne son lourd envol de vautour : le papa en question est un homme charmant. Malgré le fait que, manifestement, je couche avec sa fille, il n’a mis que deux ans à répondre à mes bonjours et seulement une année de plus à m’adresser spontanément la parole : je ne sais pas si Dieu me donnera un jour une fille, mais, si c’était le cas, ça m’étonnerait que je sois aussi avenant avec mon futur gendre… Faut quand même pas déconner.

Le temps passant, mon beau-papa et moi développâmes cette saine complicité masculine faite d’amour de l’apéro, de goût pour le saucisson et la bière fraîche bue, les stores baissés, devant l’Euro, pendant que les femmes piaillent en cuisine. Nous accompagnâmes ainsi de soupirs et de jugements péremptoires le calvaire des Bleus en Suisse, ravis d’être en terrain neutre sans une rivalité parisiano-marseillaise pour troubler notre quiétude.

Et puis les jours filent, les mois se succèdent, et l’on s’éloigne du havre de l’Euro pour se rapprocher du 26 octobre, la date fatidique, celle où les clubs de nos ventricules vont se conter fleurette. Durant le dîner, nous faisons durer le paisible armistice : nous parlons astrophysique, cueillette des olives et romans policiers italiens. Mais par deux fois, tout de même, je surprends beau-papa à regarder sa montre… C’est que l’heure approche, il faut passer au salon télé.

20h58 : Bien calés sur le canapé, nous découvrons la composition des équipes. Décidé à être gentleman, beau-papa déclare tout de go :

- Oh la ! C’est un OM bien défensif alors que Paris fait preuve d’une volonté offensive plaisante ! Bravo à Paul Le Guen !

Je m’empresse de tempérer :

- Certes, certes, mais c’est l’animation qui compte… Il ne sert en rien d’empiler les attaquants.

21h01 : Bourillon découpe Niang sitôt le coup d’envoi donné. Soucieux de montrer mon objectivité, je m’écrie :

- Oh mais ça va pas ! Ca mérite le jaune, ça !

Beau-papa apprécie mon fair-play et ne souhaite pas être en reste :

- Y a faute, mais Niang en rajoute beaucoup, quand même.

21h04 : Marseille enchaîne les corners et Taïwo frappe de peu à côté. J’ai un spasme du bras gauche et dissimule mon cri de peur en une quinte de toux fort artificielle… Beau-papa tente de cacher son petit sourire et se care confortablement dans le canapé en prévision de la bonne soirée qu’il va passer.

21h09 : Le PSG obtient un corner et je vois beau-papa s’agiter un peu nerveusement. Je le rassure :

- Oh, pas d’inquiétude, c’est Rothen qui le tire… Il ne dépassera pas le premier poteau.

21h10 : Le corner est superbement tiré et Hoareau marque d’une tête puissante. Beau-papa laisse échapper :

- Putain c’est pas vrai !

Puis il se tourne vers moi et je sens bien qu’il se retient d’ajouter « c’est agréable de voir le match avec un connaisseur ». Je regarde ma chaussure gauche en me répétant in peto « yes ! yes ! YES ! ».

21h21 : Sur un centre anodin de l’OM, Bourillon enlève subtilement le ballon des gants d’un Landreau en mode Grégorini. Niang marque dans le but vide. Je me prends la tête dans les mains. Beau-papa retrouve le sourire et dit :

- Ah ben tiens ! Je me demandais pourquoi Mandanda avait piqué la place de Landreau en équipe de France, je comprends mieux… Et le Bourillon, là… pas mal ! Il ferait une belle charnière centrale avec Méxès.

Je trouve ça assez mesquin et préfère garder un silence digne.

21h30 : Kaboré, déjà auteur de plusieurs fautes, commet un attentat sur Armand. Je tape sur le canapé en criant :

- Et c’est reparti ! Comme à la grande époque !

- Excuse-moi mon petit, ironise beau-papa, pour toi la grande époque c’est celle de Skoblar et Magnusson ou celle de Papin et Waddle ?

- C’est celle de Mozer et Di Meco.

21h44 : La domination marseillaise est totale, et beau-papa enrage qu’elle ne se concrétise pas à la marque. Puis Valbuena double la mise, et beau-papa serre un point rageur tandis que je m’enfonce dans le canapé. Il se tourne vers moi avec un sourire jusqu’aux oreilles :

- Allez mon petit, c’est pas grave… Vous vous rattraperez mercredi contre Toulouse… Quant à nous, t’as vu ? On est leaders du championnat !

- Ah ouais, pas mal… Vous avez qu’à demander à la LFP de considérer ça comme un titre, ça vous re-débloquera votre palmarès.

21h49 : C’est la mi-temps, on va se rechercher une bière. Les femmes nous demandent si c’est un beau match.

- Très beau, fait beau-papa.

- Bof, pas trop mal, je réponds.

22h01 : Violent tacle de Hoareau sur Cheyrou.

- Et c’est nous qui sommes brutaux ! s’exclame beau-papa.

- Peut-être mais nous on prend les cartons quand on les mérite, c’est pas le cas de tout le monde.
Non mais. Pour cette seconde mi-temps, je vais muscler mon jeu, ça suffit de me faire bouffer dans les duels.

22h08 : Egalisation de Luyindula. Beau-papa s’emporte à la vue du ralenti :

- Oh mais oh, le quatrième arbitre il retient Hilton par la manche pour l’empêcher de rentrer ! Mais c’est pas vrai, il a été acheté ou quoi ?

- Ah non cher beau-papa, les enveloppes dans les jardins, c’est pas nous.

22h21 : A la lutte avec Camara, Niang s’effondre dans la surface parisienne. Beau-papa se lève :

- Et là, y a pas pénalty, peut-être ?

- Non je crois pas.

- Eh ben moi je crois que si.

- Eh ben moi je crois que non.

- Eh ben peut-être qu’à Paris on joue avec des règles différentes, mais moi je crois que si.

Restons calmes, c’est beau-papa, restons calmes, c’est beau-papa.

22h25 : La reprise de Cheyrou se fracasse sur la barre transversale de Landreau. Beau-papa s’enthousiasme :

- Oh purée quelle mine ! On aurait dit une frappe à la Sauzée, tu te souviens mon petit ?

- Sauzée, Sauzée… C’était quand vous gagniez des titres, ça ?

- Eh beh oui !

- Ah désolé, je me souviens pas… J’étais trop jeune.

22h33 : Coup franc de Rothen, Hoareau rate la balle, Mandanda se déchire, but. Beau-papa met un grand coup de poing dans le mur. Je me hasarde :

- Le Mandanda, là… C’est pas déjà lui qui était dans les buts pour Autriche-France ? Ah c’est sûr, on comprend vraiment bien pourquoi il a remplacé Landreau.

22h38 : Magnifique contre du PSG conclu victorieusement par Hoareau. Beau-papa ne dit rien, se lève, rajuste sa chemise, et sort sur la terrasse… Il s’allume un cigare. Je me mets au milieu du canapé, bras étendus, bière à la main.

Etonnée par la sortie de son père, ma belle gazelle vient aux nouvelles :

- Il est fini le match ?

- Non… Enfin, oui, mais non…

- Alors qu’est-ce qu’il se passe ?

- Mais rien mon amour, tout va bien… C’était une très bonne soirée… Et tu sais quoi ? J’aime vraiment beaucoup ton papa… C’est très agréable de regarder le foot avec lui.

Des Chiffres et des Chiffres 2


Hello !

Il y a un peu plus de deux mois déjà, je faisais un bilan chiffré de la Ligue 1 après trois journées. Je relevais à l'époque quelques anomalies statistiques qui donnaient l'impression que les choses allaient changer, qu'on marquerait plus de buts du gauche et que les Norvégiens remporteraient le classement par pays. Evidemment, c'était marrant à l'époque, mais aujourd'hui, après dix journées et à la veille de la 11e (je ne vais pas compter le match d'hier, Bordeaux-Le Havre 4-0), tout est aplani, comme prévu.

Je disais qu'à l'époque, les buts du droit étaient aussi nombreux que les buts de la tête, alors qu'il devrait y avoir une proportion de 50 % de buts du droit, 30 % du gauche et 20 % de la tête. Depuis, ils se sont bien repris : 49,3 du droit, 30,6 du gauche et 20,1 de la tête. Difficile d'être plus dans les cases... Pareil pour le classement par pays. Je disais que le Brésil n'avait marqué que deux buts, alors qu'il écrase tout depuis des années. Et ben, il a repris sa domination : on en est à 16 buts brésiliens (contre... 29 tout de même l'an passé, donc il bien une évolution, malgré tout), premier total devant la Côte D'Ivoire (10) et le Mali (8). Rien que du classique quoi, même si le Sénégal ne cartonne pas comme d'habitude (6). Ce qu'on peut noter, c'est que d'une manière générale, les buts étrangers sont moins nombreux, avec même pas 44 %, contre 49,29 au total l'an passé. Symboliquement, deux Français, Benzema et Hoa
rau, dominent le classement des buteurs (6), ce qui est rare ces dernières années, et il n'y a qu'un étranger (Cavenaghi) dans les six premiers, tous à cinq ou plus. Le premier Brésilien, le Lillois Bastos (qui porte de mieux en mieux son nom, vu qu'il est le meilleur tireur de coup-francs du championnat, avec 3), est à quatre buts, et le premier ATTAQUANT brésilien est De Melo, finalement revenu de Palerme pour jouer à Lille, lui aussi, avec deux buts. Une misère.

En revanche, ce qui ne change pas, c'est la domination africaine : 46 buts sur 96 étrangers, soit près de 48 %, tandis que l'Europe résiste tant bien que mal au retour de l'Amérique du Sud (25 contre 24), boostée par le rétablissement du Brésil. Avec les deux buts sud-américains d'hier soir, elle est même passée devant. Originalité : pour une fois, le meilleur pays européen est la Belgique, ce qui n'est pas commun, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Trois des cinqs buts belges sont marqués par des "Nordistes" (Pieroni, Hazard), c'est moins bizarre déjà.

La moyenne de buts, malgré deux journées à 28, reste en dessous de tout (2,27), soit quasiment la même que l'an passé (2,28)... mais on est sur une bonne pente en ce moment (2,61 sur les trois dernières journées, plus le match d'hier). Dans mon post estival je disais aussi qu'il y avait beaucoup de buts de revanchards, 8 % contre 4. Et ben, c'est retombé à quatre... dommage, on y a cru :p Par contre, comme l'an dernier, le club le plus "victime" de revanchards est Marseille, merci à Peguy Luyindula :D De son côté, le PSG a pris son premier, par le Lorientais Abriel, contre Lorient (3-2)...

Enfin, sur les scores, la tendance relevée en début de saison, avec, comme toujours, beaucoup de 1-0, et très peu de 0-0, est tenace : 23 1-0, devant les 2-1 (19), les 1-1 (16), les 2-0 (11) et, enfin, les 0-0 (9). Avec 9 % de 0-0, difficile d'affirmer que les 0-0 plombent quoique ce soit... nouveau pavé dans la mare de la victoire à trois points.

Je vous laisse.

jeudi 23 octobre 2008

London, my love




Hello !

I'm back ! Je viens de passer trois jours à
Londres avec mon Amour, et vraiment j'ai savouré, ça m'a requinqué. Si l'on excepte mes pieds, qui ont furieusement chauffé. Pour preuve, les deux ampoules qui les garnissent depuis. Mes jambes ont douillé aussi, je crois que je commence à vieillir, j'ai eu du mal à finir les journées. J'ai toujours adoré marcher, par contre piétiner ou rester debout, ça ne m'a jamais vraiment réussi.

Un steak bien cuit s'il vous plaît !

Londres, c'est en
Angleterre, et l'Angleterre, je l'aime, même si l'Angleterre n'est pas Londres. Son attitude, son esprit, son décor, ses habitants... tout me plaît. On a même eu beau temps... Les Anglais sont spirituels, modernes, ils restent à droite dans les escalators, freinent dès que quelqu'un doit traverser, mais en même temps ce sont des fous furieux des traditions, et c'est rien de le dire. En plein milieu des tours argentées de la City trônent des bâtiments souvent très vieux, et qui ne dénotent pas du tout, ils s'accordent. Le métro londonien est certes petit mais a 100 fois plus de personnalité que le RER, et même que certaines lignes du métro parisien, qui ne manque pourtant pas de charme. En tous cas, à Londres le métro ne sent pas la pisse ni la cocotte, et ça c'est un début déjà. En même temps, je ne suis pas allé partout...


La tour de Londres, devant la City.

Harrods.

Mon rêve...

On n'a pas tout fait, loin de là, c'est impossible. Mais on a GRATUITEMENT fait tous les grands musées londoniens (les musées gratuits, hormis les expos ? Sont dingues ces Anglais de mettre la culture à la portée du petit peuple...), on est un peu passé à côté des parcs, qui sont pourtant magnifiques, mais on a vu les classiques,
Piccadilly, ou on dormait (dans une auberge de jeunesse), Trafalgar Square, Westminster, Camden Town (les Puces, en marrant, traditionnel et branché), Harrods, la Tour de Londres (que j'ai découvert à l'occasion, et qui ne fait absolument pas penser à une tour loool) avec son pont, le Tower Bridge, assez stupéfiant de beauté, on a fait Buckingham Palace de nuit, en dégustant des cookies de chez Mark&Spencer... j'ai aussi découvert Leicester Square, une charmante place avec un petit parc au milieu et des restaurants autour, coincée entre Chinatown, la National Gallery et Trafalgar.

Buckingham Palace, sans les touristes devant.
La baleine bleue, au Museum of Natural History, qui discute avec un éléphant.

Le centre de Londres est littéralement INNONDE de théatres, tous avec d'énormes affiches. Sous notre chambre se jouait Grease, il y avait aussi les Misérables, Zorro, Rainman... impossible de tous les nommer. Si Paris domine au niveau des cinémas (c'est absolument hors de prix à Londres, comme beaucoup de choses d'ailleurs, même si les salaires suivent), elle semble être battue à ce niveau, même si elle est loin d'être démunie. Au passage, la vie est chère, c'est vite dit : je me suis dégoté un maillot de l'équipe d'Angleterre pour 4,49 livres... et la bouffe est donnée.

Ils ne respectent vraiment rien ces Anglais.

Voilà ce qui arrive quand on ne mange jamais de Fish&Chips, on devient tout sec.
On a bien mangé, en plus : saucisses au
Fish&Chips, purée baignant dans de la gravy sauce, sans parler de la merveille des merveilles : l'English Breakfast. Haricots, oeux brouillés, saucisses, galettes de pomme de terre, toasts... même pas 4 livres un truc comme ça, c'est un cadeau du ciel. D'accord, c'est de la malbouffe, d'accord, ils mettent des petits pois partout et ils mettent du vinaigre sur leurs frites. Mais un pays ou on ne se gargarise pas à longueur de journée de son art de prendre des calories en mangeant du terroir, c'est reposant. Au moins là on assume de mal manger :p


Je n'ai qu'un mot à dire : à table !!

Cerise sur le gateau, on est allé dans le nord à la découverte du quartier d'Highbury, ou trône le nouveau stade d'Arsenal, l'
Emirates Stadium. Un stade hallucinant, qui fait penser au Stade de France. Sauf qu'en France c'est une exception, là c'est le stade d'UN DES CLUBS de Londres. En France, Le Mans ou Valenciennes sont en train de construire des stades de... 20 000 places. Une plaisanterie. Lille ou Nice, qui font partie des 5 plus grandes villes de France, n'ont pas de stades dignes d'elles. Y en a au moins 4 rien qu'à Londres, qui seraient des fleurons ici.


A 500 mètres de l'Emirates, l'ancien stade,
Highbury, qui est actuellement en travaux pour être transformé en immeuble d'habitations, avec un parc à la place de la pelouse. Tout en conservant les façades de ce stade centenaire et mythique,
of course. Bienvenue au pays du football, qui n'en a pas honte en plus. Choquant non (en Français dans le texte) ?


La relève de la garde montée : faut être attentif si on veux pas se retrouver écrasé par un bourricot.

Autre avantage, mais là je m'adresse aux mecs en général : les gambettes des Parisiennes vous manquent ? Allez à Londres. Qu'il fasse 5° ne les dérangent pas, elles sont une quantité assez astronomique à porter des jupes ou des shorts très courts, avec ou sans collants ! Des looks que même en été les Parisiennes n'empruntent pas... D'accord, elles sont moches (en tous cas par rapport aux Parisiennes) mais elles sont pas frileuses, et ça c'est un bon point ! :D

Pas frileuses, je vous ai dit.

Evidemment, les Anglais, qui mixent si bien toutes les cultures du monde dans leurs quartiers, et qui accueillent des classes de filles portant le foulard dans leurs musées sans que personne ne soit offusqué, ont du mal à s'intéresser au reste du monde dans leurs journaux. Pour le cas qui m'intéresse, le foot, et le sport en général, ce n'est pas difficile de savoir ce qui se passe ailleurs que dans le Royaume dans la presse, c'est absolument IMPOSSIBLE. Seule torsion à cette peu glorieuse habitude, la Ligue des Champions, ou on a le droit, en très petit, aux résultats des autres matches, avec les buteurs. Ca donne le vertige... Ah si, quand même, ils ont évoqué la mort de Soeur Emmanuelle, j'ai vu un article sur le DVD de "Hors de prix" (Priceless), avec Gad Elmaleh et Audrey Tautou, et puis le troisième film qui cartonne le plus en Angleterre, c'est "il y a longtemps que je t'aime", avec Kristin Scott Thomas. D'accord, Tautou et Scott Thomas sont des noms qui parlent au Royaume-Uni... c'est un début, mais c'est peu.

Evidemment, le retour fut triste, je déteste prendre l'Eurostar dans ce sens, même si j'avais hâte de retrouver mon lit, et laisser derrière moi la paillasse de l'auberge de jeunesse... mais bon, je reviendrais, très vite j'espère.

Trafalgar Square, juste avant notre départ.

See you !