mercredi 28 avril 2010

Je préfère...


- Martine à Ségolène
- L'hiver à l'été
- Le nord au sud
- Regarder du tennis à jouer au tennis
- La mer à la piscine
- Napoléon à Charlemagne
- Les chiens aux chats
- Les rondes aux maigres
- Jérôme Leroy et Mickaël Pagis à Zidane et Henry
- Le bus au métro
- Chantal Goya à Dorothée
- Conduire la nuit que le jour
- Les petites routes aux autoroutes
- Les Beatles aux Stones
- Les râleurs aux imbéciles heureux
- La simplicité vestimentaire à la mode
- Arte
- Bosser le soir que le matin - quoique
- Facebook à Twitter
- Blur à Oasis
- Emmanuelle à Mathilde Seigner
- Me taire que dire une bêtise
- Nadal à Federer
- Les choux de Bruxelles aux petits pois
- Voire tous mes amis ensemble
- Les mariages sans église
- Messi à Ronaldo
- Gagner un championnat qu'une coupe
- Lire la presse que regarder un JT
- Isabelle Motrot à Monique Pantel
- Barcelone au Real
- Manger le plus tard possible pour raccourcir l'après-midi
- Ne pas penser aux deux mois infernaux qui m'attendent.

Je vous laisse.

jeudi 22 avril 2010

Mariage Cousins


Salut à tous,

Pas grand chose à raconter en ce début de fin de semaine... oui parce que bibi (moi) est en week-end ce soir, m'sieurs dames. On ne pleure pas et on se dit que dimanche, le même bibi (donc moi, encore) bossera comme un damné de 15h à minuit, tandis que vous savourerez un cocktail dans un parc ou dans votre jardin. Surtout que je (bibi) serais probablement dans un état proche du Wisconsin (l'Ohio c'était déjà pris), à cause du mariage de la veille.

Non, je ne me marie pas, merci beaucoup, j'ai tellement mieux à faire, comme par exemple, je sais pas moi... ne pas me marier par exemple, tenez. C'est très bien ça ! Ça ne prend pas beaucoup de temps, ça ne coûte rien du tout et en plus ça ne vous fait pas signer de papier ! Ça marche pas mal comme truc, vous savez, c'est assez in. Non, c'est mon cousin qui se marie. Lui n'est pas très à la mode, il faut lui pardonner, surtout vu son âge. Pour le calculer, c'est simple : il est né le jour de mes 10 ans.

Ça va faire six ans que je n'ai pas été invité à un mariage. Alors de deux choses l'une : ou bien c'est parce que je n'ai pas d'amis, ou bien certains d'entre eux le font en lousdé genre j'invite personne (je ne citerais pas de noms, ils se reconnaîtront), ou bien d'autres se marient à Las Vegas (là aussi, je les laisserais anonymes, par charité :p), ou encore certains ne se marient pas, soit parce qu'ils n'ont pas trouvé leur moitié, soit parce qu'ils ont mieux à faire, comme moi. Ou alors c'est aussi parce que je n'ai pas beaucoup de cousins, ou encore parce que mes frangins sont aussi peu pressés que moi d'attacher la corde à leur doigt. Finalement, quand j'y pense, ça en fait pas mal des raisons objectives pour expliquer ce laps de temps assez long, compte tenu de mon âge. En principe, entre 25 et 35 ans, c'est là qu'on assiste au plus grand nombre de mariages, c'est du moins ce que je pensais. En fait, ça arrivera peut-être plus tard.

C'est que j'aime bien ça moi les mariages, tant que ce n'est pas moi la vedette de la journée. C'est plutôt sympa, t'es avec tes potes ou ta famille, tu rencontres des gens, tu manges bien, tu fais la fête... Le dernier, il s'agissait de membres de notre groupe d'amis. Comme la mariée est bretonne, on a fait ça près de Rennes, ça nous a fait un petit voyage en plus, un petit trip en voiture très sympa, avec un passage au Mont Saint-Michel au retour pour manger une crêpe. Le mariage même était sympa, comme j'étais témoin j'avais fait un petit speech, à l'américaine. C'est la tradition qui l'est américaine hein, pas mon speech, j'ai pas la grosse tête à ce point. Mais j'étais assez fier, non pas du contenu, mais surtout du courage que j'avais eu pour réussir à le faire. Dans les secondes qui ont précédé cet instant, j'étais quasiment prostré, avec le micro caché sous la table, à 1m50 environ des mariés, et avec mes potes qui m'encourageaient discrètement pour y aller. Scène surréaliste. Quelle flippe... et quelle libération quand j'ai réussi à me lever. Du trac à l'état pur, j'en aurais vomi façon Jacques Brel.

Comme c'était nos amis qui se mariaient, on avait aussi préparé quelques surprises, comme des jeux ou une soupe à l'oignon à 2h du mat composée de bananes et de chocolat. Oui, parce qu'on n'a pas trouvé de soupe à l'oignon, c'est comme ça. Mais la tradition, c'est la tradition.

Là, rien de tel, je suis un cousin parmi d'autres, donc je serais un observateur. Pas sûr que je me risque à danser... En revanche je vais devoir lutter pour ne pas trop vider les plats qui se succéderont... Encore un autre défi à relever.

Je vous laisse.

mardi 20 avril 2010

3 weeks


Bonjour à tous !

Aujourd'hui, ça fait très exactement 3 semaines que j'ai commencé mon "régime". Je mets les guillemets parce qu'au fond, s'en est pas vraiment un, du moins de mon point de vue. Même si ça a apparemment changé ces dernières années, pour moi un régime c'est une diète : moins manger pour perdre du poids. Là, je mange à peu près normalement durant les repas, un peu moins quand même qu'avant, en y ajoutant des légumes et surtout en variant. Mais surtout, je ne mange plus entre les repas. Y a des gens qui font des régimes en ayant jamais mangé entre les repas de leurs vies.

Je sais ce que vous attendez, à savoir un chiffre, histoire d'illustrer les efforts que j'ai effectué depuis 21 jours. Problème, j'attends toujours d'être passé sous la limite que peux supporter ma balance... Dimanche, j'y étais parvenu, en me glissant le plus doucement possible dessus j'avais réussi à obtenir le chiffre mirifique de 149,9. Mais ça, c'était avant de me taper un brunch d'anniversaire à 24 euros deux heures plus tard. Pour ce prix, vous imaginez bien que c'était fourni et très copieux. Et un régal, ça va de soit. Du coup, je suis repassé au-dessus, je retenterai ma chance demain matin.

Ça se passe plutôt bien, je maintiens le cap sans dérapage, hormis ce brunch, donc, un yaourt une nuit où c'était vraiment dur, et quelques fruits l'après-midi... J'essaie de ne pas céder du tout pour une seule et bonne raison, c'est que je me connais : si je commence à me permettre un truc, c'est la porte ouverte, et ce sera fini. Alors autant mettre une limite haute, et m'y tenir. C'est soit ça, soit l'échec assuré.

Sauf qu'évidemment, c'est dur, surtout sans moyen de savoir si ça marche vraiment. J'avais calculé que je pourrais éventuellement perdre dans les 2 kilos par semaine, mais au bout de trois semaines je ne suis toujours pas fixé, et c'est embêtant. Et je ne vais pas acheter une balance plus résistante alors que je suis à la limite... Je n'ai donc pour l'instant que le regard des autres pour me faire une idée. Mon Amour m'assure que j'ai perdu, et un ou deux ami(e)s se sont mis au diapason. C'est toujours ça de pris, ça fait plaisir, mais c'est particulièrement vague, surtout que ce ne sont pas des affirmations, plutôt des impressions.

Le plus dur, c'est l'après-midi, surtout quand je mange tard, ce qui arrive quand je vais chez des amis (comme ce soir, d'où la banane supplémentaire qui m'attends à 17 heures) ou que je bosse, et que je rentre pas avant 20h. Il y a eu une poignée de journées particulièrement difficiles. Mais ça joue surtout sur mon caractère, qui n'est déjà pas vraiment facile. Vers 20h, quand mon ventre est un gouffre sans fond, je crois que je pourrais envoyer paître n'importe qui, un peu comme ce qui arrive aux fumeurs repentis. sauf que eux prennent du poids quand ils arrêtent... Mais je m'habitue, et aujourd'hui, si la faim est là, la tentation est partie. Les premiers jours, une partie de ma tête m'encourageait à passer au magasin d'à côté pour me soulager, chose que je devais combattre. Mais ça n'arrive plus, donc voilà. J'ai faim, je fais avec, j'ai appris à vivre avec cette perpétuelle crampe.

Je vous tiendrais au courant quand j'aurais des chiffres :p

Je vous laisse.

vendredi 16 avril 2010

Salut les cons !


Salut à tous !

Sujet du jour : les cons. Vous savez, les cons... ceux qui... non mais vous voyez quoi ! Ceux qui osent tout, dixit Audiard ! Ou Frédéric Dard, je sais plus...

C'est bien ça le problème, les cons on en a tous des valises, plein d'exemples pour autant d'anecdotes croustillantes ou navrantes. Mais dès qu'il s'agit de définir clairement ce qu'est un con, ça devient compliqué. Qu'est-ce qu'un con, finalement, sinon quelqu'un qui fait ce qu'on ne ferait pas, nous, êtres infiniment supérieurs ? Et finalement, définir les cons, oui, mais du coup qui sommes nous, nous ? Et l'univers, au juste, c'est quoi ?

Pour nous aider dans cette tâche si ardue, il y a bien la chanson de Georges Brassens sur les cons, qui nous dit que "le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con. Qu'on ait 20 ans, qu'on soit grand-père, quand on est con, on est con".
Mais cette petite perle traite surtout de la guerre entre les générations, pas forcément de la nature même de la connerie.

En revanche, elle sert de générique à la version cinéma du "Dîner de cons", de Francis Weber, et là on y trouve un bon indice : dans ce film, le con, c'est celui qui a une passion un peu désuet, un peu débile, genre un collectionneur de frisbees ou un mec qui fait des maquettes avec des allumettes. En gros, si on schématise un peu, ce sont qui ne font pas comme tout le monde, qui se démarquent, qui n'ont pas de vie. Sous entendu : ceux qui ne sont pas cons, ce sont ceux qui ont une vie pleine et NORMALE. Sauf qu'on se trompe : qui n'a pas une petite lubie un peu honteuse ? Moi par exemple, ce sont les stats de foot. Je suis sûr qu'avec ça, je suis un candidat idéal à un dîner de cons. Mais comme je n'ai encore jamais eu l'occasion d'en parler en détail lors d'un dîner, je pense que je n'y ai pas encore eu droit. Même chose pour mon pote qui collectionnait les canettes, et cet autre qui vit et respire McIntosh...

Du coup, d'après cet exemple assez efficace, on peut dire qu'on traite de con les autres, tout simplement. L'enfer, c'est les autres, a dit Sartre dans Huis-Clôt (là, je suis à peu près sûr), et on est toujours le con de quelqu'un. Des proverbes, des citations qui font lieu commun, mais la connerie n'en est-elle pas un, de lieu commun ? C'est la solution de facilité. Le type un peu pressé qui vous grille dans une queue, c'est un con ; le pauvre type qui vous appelle pour vous vendre un abonnement téléphonique parce qu'il n'a rien trouvé d'autre comme boulot, c'est un con. Moi hier, au ciné, je suis passé devant tout le monde, pour en fait aller aux toilettes à l'autre bout du couloir ; sur le chemin, j'ai forcément été traîté de con, au moins intérieurement. Ca tombe bien, j'en suis un, comme tout le monde !

Je vous laisse, bande de cons !

mardi 13 avril 2010

Choix et objectivité


Salut à tous,

Petit mail ce matin dans ma boîte, on me propose un live mercredi soir. Et pas n'importe quel live : Quevilly-PSG, demi-finale de la Coupe de France. Un match attendu par tous comme les Romains attendaient les Jeux pour voir enfin quelques viscères se mélanger au sable.

J'ai hésité à accepter - oui, j'ai le choix, quand même - notamment parce qu'on avait prévu d'aller voir l'avant-première d'Adèle Blanc-sec, en présence de Louise Bourgoin. Louise... mais ce match est trop tentant. Alors tant pis, Louise sera déçue, mais y en aura d'autres, poupée, accroche toi.

Ce match là, demain, ça va être un enfer intellectuel. L'exercice est connu : quand un petit - Quevilly, gros patelin de l'agglomération rouennaise mais que les médias, évidemment, présentent comme un village pour jouer sur la fibre France profonde - affrontent un gros, le PSG - que 95 % de la population souhaiterait se voir botter les fesses, surtout par un "petit" - , ce n'est pas un match comme les autres. On ne le commente pas comme un match ordinaire entre clubs français. C'est un peu comme un match de Coupe d'Europe entre Lorient et Barcelone. La subjectivité est recommandée, voire imposée.

De toutes façons, comme je le dis souvent, l'objectivité n'existe pas. De deux choses l'une : soit je suis mes instincts et je soutiens le PSG, en hurlant de joie - par écrit, oui oui c'est possible - s'il marque, et là évidemment je ne suis pas objectif, puisque supporter. Ou alors je supporte Quevilly, le petit, le pot de terre face au pot de fer, le rat des champs contre le rat des ville, etc, et là ben je plonge dans la démagogie et le populisme, je fais plaisir aux gens, et là encore difficile de dire que je suis objectif. Je l'ai dis, de toutes façons on ne peut pas être complètement neutre, c'est impossible, mais là c'est porté à l'extrême car c'est assumé ! Si un type du CSA vient te voir en plein match pour te dire que tu as largement dépassé le temps prévu d'encouragements pour Quevilly, tu vas lui dire "bah oui, évidemment, c'est un petit (face au PSG, mais inutile de le préciser) !" Soit ce qui peut arriver de mieux en Coupe, face à ce qu'il y a de pire paraît-il.

Du coup demain, ça va pas être simple. Dans ces cas-là, quand je dois faire un choix ma stratégie c'est de ne pas choisir, je vais faire comme je le sens. En essayant juste de freiner mes ardeurs parisiennes. Et bonne chance quand même à Quevilly, en presque Normand que je suis.

Je vous laisse.

jeudi 8 avril 2010

Idole


Salut à tous,

Dans mon post précédent, j'évoquais le recyclage des ringards de toutes sortes. A ma connaissance, Billy Idol n'a pas eu droit à sa deuxième chance, sauf erreur de ma part. Et pourtant, ce type incarnant dans les années 80 le loubard viril intégral a signé parmi les meilleurs morceaux de rock de la décennie. Des trucs qui, à mon avis, feraient encore fureur aujourd'hui. Des trucs très rock, avec de bonnes basses et une excellente guitare, servis par une voix assez remarquable. Alors oui, ce n'est pas Franck Zappa, les clips sont affreux et kitchissimes, les looks... ben années 80, mais dans le marais boueux des 80's au niveau musical, c'était quand même au-dessus de la moyenne.

Alors écoutez, et ne me dites pas que vous n'aimez pas ces morceaux très mélodiques, finalement.







Je vous laisse.

mercredi 7 avril 2010

Pas de pitié pour les trentenaires


Salut à tous !


Y a un phénomène à la télé, dans les médias comme dans la musique, l'art ou autre, c'est le recyclage. C'est vraiment le mot, puisqu'il est ici vraiment question de cycles. Par exemple, j'ai tout le temps le sentiment que les modes d'un temps reviennent à la mode, justement, grosso modo 20 ans après. Par exemple, dans les années 90 le disco est revenu en grâce. Puis dans les années 2000, c'était les années 80. Et pour cette décennie, on va se retaper les trucs des années 90... sûrement du disco troisième génération, mais pas seulement.

Déjà, dans le style rebouffage des 80's, on se coltine depuis quelques semaines du Sabatier en prime time le samedi soir. Du Sabatier !! Le symbole des années frics des années 80. Le summum de la variétoche de bas étage. Sabatier !! Si lui peux revenir du placard sans fond dans lequel il tambourinait depuis 20 ans, tout le monde peut.

Et depuis quelques semaines, je revis le cauchemar de mon adolescence. Dorothée est revenue. Je sais pas si elle a été reçue par Sabatier, mais si ce n'est pas le cas ça doit bien être le seul. Drucker - qui lui, n'arrive pas être touché par la ringardise puisqu'il l'était déjà, à ses débuts, c'est comme la théorie gainsbourienne de la laideur qui a l'avantage de durer par rapport à la beauté - par exemple l'a reçue, et lui a même permit de chanter son épouvantable premier titre d'album. Je vous le conseille mais avec une grosse préparation mentale avant.

Dorothée, c'est mon enfer adolescent. Mes frangins ne rataient pas une émission. J'ai sûrement aimé au début, quand j'avais 5 ans, qu'elle était sur la 2 et que j'aurais mordu n'importe qui plutôt que de rater Goldorak ou Albator. Mais sa période TF1, c'était un cauchemar. Je n'ai évidemment rien contre les animateurs d'émissions enfantines, mais là c'était... énorme. Elle était partout, elle monopolisait je ne sais combien d'heures d'antenne, avec des séries qui resteront dans les annales de la nullité scénaristique et actoriale mondiale, des chansons ahurissantes de bêtise, Ariane et son rire cataclysmique, Cabu et Jacky, qui avaient une légitimité jusque là - Cabu l'a récupérée depuis, heureusement - et qui se fourvoyaient dans cette bouse... C'était terrible. Regarder ça, c'était comme être essoré dans une machine à laver mentale.

La revoilà, donc. Tous les soirs, je vois sa putain de tronche sur les murs de ma gare RER, qui m'annoncent qu'elle va faire l'Olympia. Après tout, elle y avait bien envoyé les 2be3, pourquoi pas elle... cette salle mythique en a vu d'autres depuis 20 ans, notamment depuis que Vivendi Universal y a mis ses billes. A la télé, à la radio - même chez Baffie, putain - j'entends sa voix inimitable, qui me met littéralement le frisson. "Bonjourrrrrrr les enfffffants !!!" Purée...

Attention on revient les enfants !!!

Si les 90's sont de retour, on n'est pas sorti de l'auberge !

Je vous laisse.

vendredi 2 avril 2010

Thinner


Hello !

Oui je sais, je vous néglige. Pourtant, on est loin des fameuses sept années censées être fatidiques dans une histoire d'amour... et c'est bel et bien ce qu'il y a entre toi et moi, public, pas vrai ? Mais voilà, des fois l'éloignement renforce les liens, c'est la muscu du coeur.

Et puis j'ai aussi été pas mal occupé quoi, voilà. Excuse usée jusqu'à la moelle, et pourtant pas complètement idiote dans ce cas. J'ai pas mal bossé, et puis je suis sorti aussi, j'ai vu mes amis, qui ont insisté pour me fêter mon anniversaire, mon Amour est revenu de sa contrée lointaine, alors on sort, et puis voilà, le temps passe. Mais le temps où je vous abandonnerai n'est pas encore né de la dernière pluie, qui s'y frotte s'y casse.

Pleins de trucs également m'arrivent en ce moment, c'est que parfois la vie se souvient qu'elle m'a refilé un billet d'entrée pour sa nouba intercontinentale, et semble soudain me dire "ah tiens t'es là toi, alors tu te fais chier dans ton coin ? Pose ton bol de cacahuètes et viens danser, bougre de couillon". Et le fait est que je l'ai posé, ce bol, même si je ne suis pas encore prêt à dévergonder mon corps surhumain à la vue de tout le monde. Cependant, les rires qui m'ont secoué hier au Théatre Comedia, devant la comédie musicale Spamalot, ramenée des Etats-Unis par PEF, peuvent éventuellement s'apparenter à une danse du plaisir. Et les trois gouttes de larmes qui ont mouillé ma paupière gauche devant la Rafle, un peu plus tôt dans l'après-midi, un évènement guère fréquent chez moi, a remué d'autres choses en moi.

Le coup du bol de cacahuètes est à peine une métaphore puisque je suis à la diète depuis mardi matin. J'ai décidé de me passer d'un régime précis, d'un médecin qui me suivrait ou quoi ou qu'est-ce. Tout simplement parce que je n'ai besoin de personne, au fond, pour savoir ce qu'il me faut pour mincir : du temps, déjà, beaucoup de temps, au moins un an à mon avis pour retrouver des proportions "acceptables" ; manger moins gras et moins tout court pendant les repas, tout en ne négligeant pas les féculents, qui vont être les garants de ma santé mentale durant les prochains mois ; et enfin, et surtout, principale, essentielle et indispensable mesure radicale, ne plus manger entre les repas. Finito, les pains au chocolat, les paquets de gâteaux, compagnons si charmants de mes après-midi au boulot, bref tout ce que ce foutu occident offre à un névrosé de la nourriture comme moi pour qu'il se sente mieux durant chaque heure, chaque minute, chaque seconde, et ce pour seulement quelques euros.

Et depuis mardi, je tiens, inch allah. Bien sûr, mercredi, soir où je n'ai pu couper - avec délice cependant - aux desserts d'anniversaire, politesse oblige, et hier soir, à l'Hippo, je me suis coltiné des repas un peu au-dessus de ce que je m'étais autorisé. Mais en revanche, entre les repas, à part quelques fruits, nada, zéro, rien. Et pourtant, ce n'est pas facile tous les jours, des fois ça l'est, étrangement, mais ce soir j'étais vraiment mal dans le rer qui me ramenait chez moi. Des boulettes à la ratatouille et au riz plus tard, ça va mieux, mais dans ces moments où mon ventre me lance, ma tête est à la fois mon pire ennemi et mon meilleur allié.

Face à ce creux fictif qui me tire le bide, toutes mes bonnes résolutions se font entendre de très loin. Elles hurlent leur sermon, mais je les entends si bas, si étouffées, alors que la petite voix dans ma tête qui me dit "un truc, seulement un truc peut te rendre heureux, et tu le sais. Alors vas-y, le G20 est à côté", elle, je l'entends super bien, en stéréo THX machin tout ça. D'habitude, je ne la discutais pas, parce que je savais que ça ne servait à rien d'aller contre elle, elle était seule, monopolistique. Aujourd'hui elle a une opposition, aussi sexy qu'une porte de prison en porte-jarretelle. Mais pour l'instant, elle tient. Elle se fait bouger, plie mais ne rompt pas. Et j'ai complètement confiance en elle, elle va tenir.

Je dis qu'elle n'est pas sexy, cette voix, voire cette voie, parce que je trouve souvent les gens qui ont minci plus tristes qu'avant. Laurent Weil, le journaliste ciné de Canal, Forest Whitaker, Karl Lagerfeld... voire moi-même il y a 8 ans, ont tous l'air fatigués, quand on se rappelle de leurs visages débonnaires d'avant leur régime. ils sont très certainement plus heureux, cassent moins de chaises, ne paient qu'une place en avion et inquiètent moins leurs proches, mais leur tête fait moins envie, je trouve.

Je sais que toute ma vie, la petite voix sera là. Quand je m'ennuie, quand je déprime, quand je pense trop, elle est là pour me montrer la voie, sa voie. Et je sais qu'elle sera toujours là parce qu'il ne s'agit pas d'apprendre à manger, les lipides, les oligo-machins chais pas quoi, je sais que c'est plus profond, moins de chair que d'esprit, et que ça ne se guérit pas chez un médecin du corps. Mais il faudra bien que je cesse de l'écouter. Qui sait, un jour peut-être, elle se lassera et fermera sa gueule, tel Gollum baissant (provisoirement ?) la garde devant Smeagol.

Je vous laisse.