lundi 14 avril 2008

Ba qui ? Koné pas

Bonjour à tous,

Pour mon anniversaire, mon pote D., qui va nous abandonner dans une poignée de semaines pour aller conquérir le Québec, m'a payé une place pour aller voir PSG-Nice, qui se déroulait hier soir. C'était bien sympa de sa part, d'abord parce que c'est cher, ensuite parce que ça faisait plus d'un an je pense que je n'étais pas allé au Parc. C'était surtout risqué : aller voir le PSG quand on en est supporter, c'est un peu comme aller en vacances à Beyrouth, c'est joli mais t'es jamais sûr de subir des évènements qui vont gâcher tes vacances.

Le Parc, c'est magique. D'abord, c'est le plus stade de France, même si ce n'est pas très difficile. Pour un stade vieux de 34 ans, c'est une belle performance. Ensuite, il est quasiment fermé : il y réside donc les soirs de match, en terme de résonnance, un son exceptionnel, qui tourne et vous cloue à votre siège, aussi inconfortable soit-il. Quand les 2 kops se répondent, c'est un peu comme quand les deux pans de la mer se referment sur les cavaliers de Ramsès II dans les
10 Commandements : un double fracas. Un choc à chaque réponse. Un régal. Moi, quand je suis là-bas, je ne me sens plus, je ne suis plus le type à côté de qui personne ne s'asseoit dans le RER parce que je prends une place et demie, je ne suis plus l'anti Sarkozyste notoire, favorable au Boycott des JO, je ne suis plus rien, je suis habité. Au Parc je suis une des gouttes du torrent, je crie, je dirige, comme un Chef qui dirigerait son orchestre devant la télé. D. a du halluciner, comme d'autres avant lui. Je ne suis pas spectateur comme la majorité des publics de stade en France, je participe physiquement. Je finis éprouvé, enroué... et dévasté quand le scénario se révèle trop cruel.

Le fait est qu'hier, avec D. on a assisté à un des grands matches de la saison, du moins sur le plan de l'intensité et surtout de son scénario. Un de ces scenarii (j'enlève l'accent, c'est Italien comme mot, enfin je crois) que l'on ressent toujours de façon très forte, mais dans des sens opposés, selon qu'on est supporter d'une équipe, de l'autre, ou qu'on soit spectateur neutre. De fait, même en tribune de presse, et même devant Canal, des spectateurs neutres il devait pas y en avoir des masses hier. Enfin, j'me comprends.

Paris entame bien son match. Certes, il y a des lacunes dans son jeu (manque de mouvement devant, dernière passe déficiente) mais Paris pousse, bouscule au courage une des meilleures défenses de Ligue 1, réputé pour son jeu de contres de qualité. Le piège est tendu, et va vite se refermer sur des Parisiens offensifs mais terriblement maladroits, à l'image du jeune Chantôme qui, j'en suis sûr, jouera un grand rôle dans la remontée en 2009, au mieux...

Relais de Laslandes - 2e meilleur buteur de l'histoire de la Ligue 1 en activité, pas très loin derrière... Pauleta - pour Koné, qui trompe Landreau. En début de match j'avais dit à D. qu'il fallait se méfier de Laslandes, qui ne court plus et marque encore moins mais qui compense par une intelligence de jeu phénoménale, qui fait de lui le véritable cerveau de cette équipe. Ca a pas loupé. Comme d'hab, Paris ne le mérite pas mais Paris est mené. Ca fait toujours aussi mal, après plusieurs mois d'abstinence de Parc des Princes, de voir les joueurs adverses fêter leur but au Parc. C'est ce qui fait sans doute le plus mal. C'est un peu comme si vous invitiez des gens chez vous et qu'ils faisaient la fête autour de la table parce que vous leur avez servi est très mauvais. Ca vexe, vous avez envie de leur dire "vous avez été élevé chez les Sarkozy ou quoi ?"

On atteint donc la mi-temps sur ce score particulièrement injuste. Après avoir vu, à la pause, deux équipes de gamins réussir en 5 minutes ce que les 2 équipes adultes n'avaient pas réussi avant en 9 fois plus de temps - mais avec des défenseurs pour les empêcher, quand même-, on assiste à un bon retour des Parisiens, qui égalisent par Luyindula, que je ne croyais plus capable de ne se créer ne serait-ce qu'une occasion dans le reste de sa carrière. C'est toujours terrible de voir un joueur au passé si exceptionnel (à Strasbourg et à Lyon) se traîner comme s'il avait récupéré les jambes de son grand oncle. Là il ne marque pas un but à la Luyindula, mais on ne lui en veut pas. Bien au contraire. Et c'est Pedro qui provoque ce but, Pedro, notre idole à tous. Saint-Pedro, maintenez-nous.

Tient, justement, à un quart d'heure de la fin, l'Aigle déploit ses ailes pour tromper le sosie de Pierre Palmade, accessoirement futur gardien des Bleus - plus que Manbanda, idole des rédactions sportives de ce pays -, Hugo Lloris. 2-1 ! Incroyable, que c'est bon ! Que c'est bon ! Ca va tenir, c'est pas possible ! On va se maintenir, c'est sur ! On ne peut pas marquer 2 buts à cette équipe de Nice sans gagner, ce ne serait pas moral.

Les secondes sont comme des années, les minutes comme des siècles. Nice se met enfin à pousser, et rate une 1e occasion par Koné, qu'on ne voyait plus depuis son but. Mais la défense parisienne, si au point depuis le début du match, et sensé être le point fort de l'équipe, va se ridiculiser dans les 10 dernières minutes. La faute à la sortie de Rothen sur blessure à l'heure de jeu. D'abord parce que son remplaçant, Souza, qui a par ailleurs fait plutôt une bonne entrée, est un milieu droit ou axial, pas un milieu gauche, ce qui va ouvrir des brêches dans ce couloir, d'ou viendront les 2 buts assassins. Ensuite parce qu'avec sa sortie, le lien avec les 3 (!) attaquants s'était singulièrement réduit, au point de disparaître. Nice est aux manettes.

Koné va se balader dans la défense et tromper Landreau, juste sous nos yeux. J'était pile dans la trajectoire de son tir, avant même qu'il rentre y avait déjà but. Notons, pour augmenter le taux d'ironie dans ce match, que Koné, auteur de 12 buts cette saison, n'avait encore jamais marqué à l'extérieur... il y a des gens qui choisissent leurs matches. Ederson, le futur Lyonnais, qui avait raté un penalty face à Lille le week-end dernier et qui était critiqué pour avoir un peu trop la tête dans le Rhône, va l'imiter, après voir éliminé Yepes et Armand. Yepes qui faisait un match de malade derrière jusque là, repoussant tout, taclant quand il fallait. Un roc. Qui ne fut plus qu'un plot, un pantin désarticulé comme l'a souligné mon collègue de Sport24 Vincent Duchesne dans son compte-rendu. Les Niçois s'imposent, et mon coeur est brisé, je suis effondré. Je vois le défenseur niçois Apam, à l'autre bout du terrain, se mettre à genou et remercier son Dieu, quelqu'il soit. Ce qui tendrait à prouver que soit Dieu, comme le reste de sa création, n'aime pas le PSG, ou plus simplement qu'il n'existe pas, pas plus que ses collègues, plus occupés à nous envoyer de la neige ou de la grêle en plein mois d'avril plutôt que de s'occuper du Tibet ou de la crise alimentaire en Afrique.

D'habitude, quand on sort du Parc après une défaite, on entends parmi la foule des cris de colères, de déception, des analyses tactiques à l'emporte-pièce, on réclame la tête de l'entraîneur. Là, rien. Est-ce parce qu'on était en tribune Paris, et pas dans un des virages ? Les supporters, habitués depuis 2 ans au bas de tableau, semblent résignés à la descente. Et je les comprends, on y va tout droit. "On", parce que s'ils descendent, je m'abonne, et j'irai ptet même les défendre à Vannes, Châteauroux ou Niort. Histoire de voir du pays. On y va tout droit parce que du club des 4 menacés (Paris, Lens, Strasbourg et Toulouse), on était les seuls à recevoir. Lens et Strasbourg ont perdu, mais à l'extérieur, ça compte nettement moins. Pour se maintenir, le mieux est de faire le plein à domicile, ça devait suffir, avec 44 points c'était dans la poche. On n'avait pas le droit de perdre, et on ne méritait pas de perdre. Surtout pas comme ça.

Désolé pour ce nouveau post de foot, je comprends bien que ça ennuie les gens dans le pays le moins footballistique à l'est du Colorado, mais moi en ce moment, entre les problèmes de mon club chéri, et le boulot qui me prends beaucoup de temps et qui tourne QUE autour de ce sport qui passionne tant de gens dans le monde, et qui est capable de réunir plus de 160 000 spectateurs en 2 demi-finales de Coupe d'Angleterre, à Wembley (rappelons les têtes d'affiches : Portsmouth, seul club de Premier League, Barnsley, Cardiff et West Bromwich Albion), bref avec tout ça, difficile de penser à autre chose.

Dernière chose, la banderole vue dans le virage Auteuil, juste au moment de la reprise du match : "Démagogie, désinformation, hypocrisie, sensationnalisme, antiparisianisme: bienvenue chez les médias".

Je ne peux que souscrire à deux mains avec ce constat.

Bonnes journées quand même.

jeudi 10 avril 2008

Boule de canon

Salut à tous !

Aujourd'hui, pour changer, je vais vous parler de foot, et cette fois pour de vrai. Si si, je vous jure. J'ai constaté que pour mon dernier post, comme pour les émissions de télé, mon audience chutait littéralement après les mots "je vais vous parler de foot", pouf ça zappait vite fait. Donc là ça doit être pareil, tant mieux j'aime bien les ambiances intimistes.

Aujourd'hui, je savoure mon 2e jour de repos d'affilée. sauf que les week-end en pleine semaine, je vous les conseille moyen, y a personne et vous vous ennuyez comme des rats morts qui s'ennuient. Mais au moins je peux souffler, après 6 jours dantesques ou j'ai fait que bosser, bosser et encore bosser, 24h/24 ou presque.

Au passage, je savoure mais la chute de tension est quand même abyssale, surtout que demain je bosse que le soir, donc en fait ça fait quasiment 3 jours de repos - bien mérités, rajouterais-je. N'empêche, ça fait tout drôle.

Donc ce matin, comme hier, c'était grasse mat. A 9h je me réveille et je met la radio, pour écouter la fin de Nagui et Manu, émission matinale de Virgin Radio, ex Europe 2. Si je n'ai jamais été un fan de Nagui, malgré Taratata, que tout féru de musique ne peut qu'aimer, j'ai toujours été un grand fan de Manu, alias Maître Lévy, ancien acolyte d'Arthur à la radio. Je le suis depuis 15 ans à la radio, et il me fait toujours autant rire. Cet après-midi par exemple, j'écoutais par podcast interposé l'émission de mardi, et à un moment je me suis pas arrêté de rire pendant 2 minutes. Bref.

Et donc, peu avant 10h, et la fin de l'émission, Virgin Radio a eu l'énormissime idée de diffuser ça :



Purée, rarement mon lit avait connu un tel raffut. J'ai pété un cable, j'ai joué de la basse, de la batterie, de la guitare, j'ai chanté comme un Dieu. C'est un des morceaux, avec "Bohemian Rhapsody", "Smells Like Teen Spirit", "Antisocial", "Sambre-et-Meuse" ou "Money for Nothing", qui rendent mon corps, si lourdeaux et peu adapté à la danse, complètement incontrôlable, un peu comme quand on diffuse les Corons au stade Bollaert. La teuf intégrale.

Au delà de ça, ça reste un de mes morceaux mythique de la fin de mon adolescence. Oui parce que en 1994, mon adolescence était sur le point de se finir, même si certains diront que ce processus douloureux n'est pas complètement achevé chez moi, à 33 ans et 12 jours... Je pense que pas mal de trentenaires actuels ou futurs seront de mon avis, c'est un morceau mythique, et surtout incroyablement bien foutu. La basse - jouée par l'ancienne bassiste des Pixies et leadeuse du groupe, Kim Deal - est notamment incroyable sur ce morceau. J'ajoute que c'est souvent une bonne basse qui rends les groupes fabuleux, comme les Red Hots, Nirvana ou les Stones. Pour moi, la batterie c'est le squelette d'un morceau, la batterie la musculature, la guitare et la voix sont les vêtements, les accessoires tout ça.

Sur ces considérations physiologico-musicales, je vous laisse, et bonne madeleine de Proust, comme dirait mon pote Z.

PS : j'ai pas parlé de foot, ahah je vous ai bien eu.

mercredi 9 avril 2008

Faux-cul, décervelée, haineuse, bienvenue dans la pensée unique

Salut à tous !

Mon assiduité très relative à ce blog ne joue certainement pas en sa faveur, et je préfère ne pas en connaître les chiffres de fréquentations. C'est pas grave en même temps, après tout les blogs au départ on les présentait comme des journaux intimes... publiques, pas des tribunes comme c'est souvent le cas désormais. Ben voilà, je reviens à la source du blog : c'est un journal intime, que vous, éventuels lecteurs, pourriez lire après l'avoir trouvé sous mon lit, caché derrière deux caleçons douteux et un exemplaire poussièreux de l'Equipe datant de septembre 2005. Dans ce cas, bienvenue, et bonne lecture.

Vous savez quoi ? Je vais encore parler de foot, et en même temps pas du tout. Si vous trouvez des traces de nom de joueur de foot, d'analyse tactique ou de critique sur l'arbitrage dans ce qui suit (et pourtant je pourrais, sachant que Pauleta vient de se voir refuser 2 buts valables en 2 matches, dans l'indifférence générale évidemment, stop a y est c'est tout), et ben vous me le dites et je les enlève. D'ailleurs, cette absence totale de rapport avec le terrain prouve que ce que je vais dire tombe sous le sens.

A moins que vous vous soyiez retrouvé coincé dans votre Micra parce qu'un gros con ce sera garé trop près de votre portière, et qu'il n'aura pas récupéré sa voiture depuis - dans ce cas vous êtes mort de faim et de soif, mes condoléances, et je me demande vraiment ce que vous foutez là - aucune chance que vous soyiez passé à côté du tsunami médiatique né de la banderole vue lors de la finale de la Coupe de la Ligue, remportée, paraît-il - mais les images sont rares - par le PSG. De fait, depuis ce samedi, ou jamais sans doute victoire ne fut si peu fêtée et encore moins relevée, je digère cette affaire. J'ai préféré attendre la fin de la tempête, et réagir à froid, j'ai donc fait exactement l'inverse de tout le reste de la population. Accablé, comme tout être de bon sens qui se respecte, par le message débile de cette banderole, dont je ne révèlerai pas le contenu tout simplement parce qu'il est connu de tous, et ce n'est pas la peine de lui faire encore plus de pubs, je me suis tout de suite dit que ça allait être la fête du club et de ses supporters, évidemment amalgamés avec les 10 crétins auteurs de cette blague de potache. Evidemment, ça n'a pas loupé.

Entre Sarkozy qui se fait passer pour le héros qui a su, par son intervention décisive et prompte - 4 minutes - faire enlever cette vérue du stade, au maire de Lens, qui porte plainte envers tout et n'importe quoi et réclame de rejouer le match - et si on recommençait les élections municipales parce qu'il y a eu des votes pour le Front national en France ? -, aux interventions de Dany Boon et autres personnalités fortement qualifiées dans cette affaire, on a tout eu. Tout. Extraits tirés des Cahiers du Foot, une fois de plus parmi les seuls à ne pas plonger quand on leur dit de plonger :

"Frédéric Thiriez a donné le ton et fait admirer son vibrato: "Nous sommes tous des Ch'tis". La banderole n'est plus seulement insultante pour les "rivaux lensois" des supporters parisiens (L'Équipe, dimanche), mais pour "toute une région sur laquelle on a craché" (Gervais Martel, lundi). Le registre de l'humiliation s'impose. Il faut surtout justifier – tout en l’entretenant – l’emballement en cours. Manifestement, il faut convaincre les Nordistes qu'ils ont été outragés. Martine Aubry fustige "une banderole haineuse et violente" qui "humilie tous les habitants du Nord-Pas-de-Calais". On invente des concepts en accouplant des notions. Dans la bouche de Guy Delcourt, cela donne "racisme régional", comme s’il fallait à tout prix accorder à la banderole un label d’ignominie indépassable.

"
Face à la peine des Ch'tis, le PSG avoue sa 'honte'" (Le Parisien). "On a insulté un peuple, on a insulté une région", renchérit Jean-Pierre Papin. Gervais Martel en a "gros sur le cœur" et parle de "viol". Guy Delcourt, maire de Lens, se dit "humilié". Il demande qu'une minute de silence soit observée à l'Assemblée nationale "à la mémoire des mineurs qui sont morts pour la France et de ceux qui sont encore en train de mourir". "Derrière le Racing Club de Lens, c'est le contrat social qui était visé; derrière les Sang et Or, c'était le bleu-blanc-rouge", clame Christophe Barbier dans L'Express.

Le choix des mots
Curieusement, on continue à nier l’humanité des auteurs de la banderole, à la façon de l’éditorialiste du Quotidien du Médecin (!) qui les diagnostique comme des "débiles mentaux" ou de son homologue de L’Indépendant du Midi qui voit en eux des "barbares". On recourt à des métaphores qui expriment la dégradation et la maladie – "Paris et sa gangrène" (L'Équipe), "La gangrène du ballon rond" (La Dépêche du Midi), "la gangrène poursuivra son oeuvre sinistre" (Républicain Lorrain) – et à… des insultes ("Bienvenue chez les cons", Libération). Dany Boon est appelé comme grand témoin de l'affaire et parle de "monstruosité" et de "connerie faite humaine, même pas, d'ailleurs, faite inhumaine" (Aujourd'hui en France).

On n'hésite pas devant les comparaisons: le président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, parle de "
nazillons". En une du Monde, Plantu dessine une croix gammée sous la banderole. Le MRAP évoque un "message xénophobe", cédant ainsi le Nord-Pas-de-Calais à Belgique. Mercredi, Bernard Laporte fixe la barre un peu plus haut: "Samedi, nous avons atteint le paroxysme de l'idiotie et de la bêtise humaines". Il confiera aussi son souhait "d’éradiquer ces gens-là" des stades." (extrait de "Banderole décomposition", datant du 7 avril)


... que rajouter ? L'éxécution fut sommaire, exemplaire, mais le coup de grâce n'a pas encore été donné. Ce sera le cas demain, lorsque la commission de discipline de la Ligue se réunira. Comment pourraient-ils se priver du plaisir d'enlever des points au PSG, qui n'a vraiment pas beaucoup ? Ils n'ont pas hésité à le faire à Bastia, pour une poignée de crétins racistes qui ont insulté le Libournais Kébé, et à Metz, pour un (!) type qui s'est cru intelligent d'insulter le Valenciennois Ouaddou. Dans les deux cas, comme dans le cas du PSG demain, le sportif, c'est-à-dire ceux le moins responsable dans ces affaires, est sanctionné. Les points, ce sont bien la propriété des joueurs non ? Des techniciens, de l'entraîneur ? Sont-ce les fachos des tribunes qui ont gagné ces points, comme les Nantais qui avaient offert 2 points à Toulouse la saison dernière, ce qui avait permis au plus faible club n'ayant jamais représenté la France en Ligue des Champions de se faire étriller par Liverpool (0-1, 0-4), après être passé de la 8e à la 3e place (!).

Ok, là c'était du foot, mais c'était une digression, ça compte pas.

Pourquoi enlever des points ? Pour que ce soit plus lisibles pour les gens. Comme les clubs sont sensés nager dans les milliards d'Euros, selon la sagesse populaire, une simple amende, aussi grosse soit-elle, ne parlerait pas à la population, ne lui ferait pas sentir combien la Ligue est concernée et sait se montrer sévère. Pourtant, je peux vous dire qu'une amende d'un ou plusieurs miliions d'Euros, redistribués ensuite au foot amateur, ferait nettement plus mal qu'un point. Que ce soit pour Bastia, désormais écarté de la lutte pour la montée en Ligue 1, ou Metz, depuis longtemps relégué en Ligue 2, ça ne change rien. En ce qui concerne le PSG, s'il descends à cause de ce point en moins, ça risque de se mesurer en dizaines de millions d'Euros... autant les reléguer tout de suite dans ce cas, comme le réclame certains réduits du bulbe.

La réalité, c'est que mon club de coeur se meurt, que tout le monde fout des coups de tatanes dans le cadavre parce que c'est la mode et que c'est facile, et ça m'arrache les tripes. C'est pas grave, je le suivrais et le soutiendrais en Ligue 2, en National, en DH, en promotion de Ligue, en Championnat du dimanche matin, ou vous voulez. Tant que ces couleurs qui m'ont fait rêver contre le Real (2 fois), Barcelone, Liverpool, le Bayern, la Corogne, Parme, Marseille (oui oui, c'est arrivé), qui ont gagné 13 titres majeurs en 26 ans, dont 7 coupes de France, 3 Coupes de la Ligue (record national) et une des deux Coupes d'Europe françaises, qui détiennent le record de demi-finales européennes d'affilée (5, de 93 à 97, dont les 2 dernières victorieuses) et qui oeuvrent énormément en faveur des clubs amateurs en Ile-de-France, tant que ces couleurs bleues et rouges seront portées par des footballeurs sur un terrain de foot, je les soutiendrais. Si je ne les soutiens pas quand ça va mal, quand les soutenir ?

Sur ce, je vous laisse.

mercredi 26 mars 2008

Pas du tout Thierry

Comme promis, je vais évoquer Thierry la science, Gilardi, pas l'autre, le raciste mysogine ignare etc.

Ce matin, réveil à 8h, j'allume la radio et là, l'info tombe : Thierry Gilardi, 49 ans, journaliste mythique de Canal et de TF1, a succombé à une crise cardiaque. Alors, autant Salvador, le Pape ou d'autres on s'y attendait un peu, mais là... surtout que le journaliste de Virgin commence à dire "il était la voix du football..." Thierry Roland, a y est, il est cané ? "... et du rugby..." ah non. Roger Couderc ? Non lui c'est fait... et là le nom tombe. Ben ça remue, je suis resté 5 minutes sans bouger, à digérer l'info.

J'aimais beaucoup Gilardi sur Canal, et pour moi il restera la voix de PSG-Real Madrid en 1993, celui qui a peté un neuronne quand Antoine "Tête d'or" Kombouaré a renvoyé la Casa Blanca chez elle d'un coup de tête exceptionnel...



(Même si vous aimez pas le foot, même si vous aimez pas le PSG, même si vous aimez pas Biétry, regardez ça, c'est extraordinaire comme spectacle, surtout le but de Ginola, le plus beau de tous les temps - le but, pas Ginola).

C'était un des rares journalistes qui ne prenait pas plaisir à enfoncer le PSG, comme le connard qui a écrit un article d'anticipation dans l'Equipe Mag de ce WE sur le PSG qui serait 17e l'an prochain, en Ligue 2, après une défaite à Vannes, sur 2 buts de Fiorèse... Bref, depuis 2005 il remplaçait Rolland sur TF1, et ce qu'on pouvait lui reprocher c'est qu'au lieu de révolutionner le commentaire sur TF1, il faisait du Rolland, sans le racisme latent et la mysoginie assumée. Et il s'écrasait devant cet autre connard qu'est Larqué.

Ca fait quand même tout drôle, la mort. Ouais, philosophe c'est mon 2e prénom. Justement y a pas longtemps des amis me parlaient de mon surpoids, et des risques cardiaques qui menaçaient inévitablement ma si merveilleuse vie. Ben franchement, en ce moment les gens qui succombent à de crises cardiaques ce sont les footeux, et Gilardi, qui était plutôt du genre sportif comme gars. Par contre, les gros du PAF, Carlier, Damidot, Menes, ils sont toujours là. La vérité, c'est que ça frappe tout le monde, même si je ne suis pas stupide au point de penser que je suis autant à l'abri qu'un sportif assidu...

Bref, je ne suis pas très à l'aise dans ce genre de discussions, donc je vais m'arrêter là en disant que je suis encore un peu retourné par cette nouvelle.

A bientôt (j'espère ! Rooh)

Foutchébol, lalaaaa, lalalalalalalalaaaa

Bonjour à tous,

Ce soir, alors que le Stade de France range un mouchoir bien humide après voir rendu un hommage appuyé à Thierry Gilardi - sur qui je reviendrais plus tard, il a tout le temps maintenant après tout, c'est la grâce de l'éternité - j'ai envie de parler de foot.

D'abord, ce match. France-Angleterre, c'est un peu OM-PSG, Jazz-Java, RTL-Europe 1, Chirac-Sarkozy, Ardisson-Fogiel, un peu tout ça à la fois. Même si c'est un match amical, même si les Anglais ne seront pas à l'Euro - une aberration sans nom, et pourquoi pas les Beatles sans McCartney tant qu'on y est ? -, y avait 7 000 Britons dans les tribunes endormies et embourgeoisées du Stade de France, et à mon avis on n'a entendu qu'eux. A part, bien sûr, quand les 70 000 milles blaireaux qui leur tenaient compagnies les sifflaient parce qu'ils ne voulaient pas jouer avec eux à la ola... mon dieu que j'ai eu honte devant ma télé. Si notre football avait ce public, leurs stades, leur passion du foot et leur ferveur, on serait invincibles, que ce soit en clubs ou en sélection.

Ensuite, en ce qui concerne le match en lui-même, ben évidemment, comme toutes les affiches, il était fermé à double tour, avec clé confiée à Guy Roux avec interdiction de la céder sous peine de le priver de recettes publicitaires pendant une semaine. Fermé, mais techniquement de haut niveau. Bah oui, la technique c'est pas seulement les roulettes, les jongles ou les amortis du bas des reins de Ronaldinho. La vraie technique, ce sont les passes à 60 mètres dans les pieds de Beckham, ce sont les passes courtes mais toujours dans le sens du jeu de Makélélé ou Toulalan, c'est le sens du placement de Thuram, la couverture de balle de Rooney. Et, de ce côté là, on a été servis.

On l'a gagné ce match, logiquement au vu de la 2e période, même si c'était plus l'équipe B anglaise qui jouait à ce moment là. C'est là qu'on voit que le football anglais a beaucoup moins de réserve qu'auparavant. Remplacer Beckham par Bentley, Gerrard par Downing, Rooney par Crouch, Terry par Lescott, ça fait rigoler tout le monde. Le pauvre Capello avait un meilleur effectif au Real Madrid... Par contre, remplacer Henry par Anelka, Vieira par Toulalan, Sagnol par Clerc, tu ne vois aucune différence. C'est peut-être même encore meilleur...

Sinon, en ce moment dans la presse, c'est la chasse au Landreau. Si vous vous intéressez un tant soit peu au football, vous savez que Landreau est la dernière des chiures de castor, et Mandanda est la chose la plus merveilleuse qui soit arrivé au football français depuis 1998. Et pour ça, nos deux - seuls - journaux sportifs, qui, rappelons le, appartiennent à la même boîte - le groupe Amaury, également propriétaire du Parisien -, j'ai nommé l'Equipe et France Football, ont un truc génial pour prouver leur théorie, forcément partagée par la population puisqu'il n'y a aucun contre-pouvoir : les notes. Oui, comme à l'école, sauf qu'à l'école c'était sur 20 et non sur 10, voire sur 6, comme pour ces ignares de FF qui ont du mal à compter jusqu'à 7.

Les cahiers du Football, qui sont à peu près tout ce qui reste d'esprit éclairé dans le journalisme sportif actuel - avec
http://www.footballdatabase.eu/, ça va de soit - font le compte des plus mauvaises notes toutes les semaines, et en ressortent l'équipe sale-type, ou ce WE encore figurait Landreau. Leur commentaire était le suivant :

"L’équipe pauvre type
Encore plus usée jusqu’à la corde que celle de la bite qui poursuit un cul, la blague de Landreau "plus mauvais gardien de L1" fait encore rire quelques personnes dans un bâtiment moche à Issy-les-Moulineaux. On a beau chercher, on ne se souvient pas d’une telle campagne de dénigrement sur un joueur conjointement orchestrée par le quotidien et l’hebdomadaire."

J'ai cherché, y a tout de même eu Ginola en 94, Cissé actuellement, du moins quand il a le malheur de s'arrêter de marquer pendant 3 matches, et bien sûr Trézéguet depuis 2 ans. En fait, c'est pas mal à la mode comme concept. Et comme tout ce qui est à la mode, ça me gonfle grave, mais ça c'est pas grave. Le plus grave, c'est la malhonnêteté intellectuelle dans laquelle nage notre journalisme sportif. Nouvel extrait des CdF (les parenthèses sont de moi) :

"• Le but de Jérôme Leroy aurait-il été aussi unanimement salué s’il l’avait marqué à Mickaël Landreau? (
)

• Tiens, pourquoi personne n’a rappelé à quel point Mandanda était exceptionnel ce week-end?" (

, pardon pour la tecktonik)

Juste pour dire à quel point ça fait zizir de ne pas se sentir comme un extra terrestre, de savoir qu'on est pas tout seul à penser un truc. Parce quand, comme moi, vous bossez occasionnellement dans une rédaction sportive et que les commentateurs, mes collègues, s'extasient quand Mandanda s'enlève le slip de la raie des fesses et oublient quelle carrière Landreau a réalisé depuis plus de 10 ans, et bien ça soulage de lire d'autres choses que des extraits de la pensée unique.

Mandanda est un excellent gardien, comme on en a 10 en France. Sauf qu'il joue à Marseille, et quand tu joues là-bas et que t'es bon, t'es porté aux nues, déïfié, glorifié. Même quand tu te prends des buts 1er poteau comme face à Lens, ce qui est interdit quand t'es sensé être un grand gardien. Il faut rappeler qu'en leurs temps, Porato et Carrasso avaient aussi profité de la jurisprudence Barthez : un mec un peu rustre, mais qui fait des figures quand on lui tire dessus pour faire croire que c'était trop dur de l'avoir la balle de Ronaldo. C'est au tour de Mandanda à présent. Il a un gros talent, simplement est-ce qu'ils sont obligés de descendre Landreau pour le souligner ? Oui, pour pas que le Parisien aille à l'Euro, au contraire du Marseillais...

Tenez, pour ceux qui vont encore me taxer de parisiannisme aigue, vous savez qui est le meilleur gardien français actuel ? Allez à Lorient, et regardez le portier breton tout sortir, sans bond de cabris à la Barthez : vous me reparlerez de Fabien Audard. Le cas typique du mec qui est passé à côté d'une carrière.

samedi 22 mars 2008

Blogs

Ah ben voilà, je parle de ça et pouf, une de mes meilleures amies vient de se lancer dans l'aventure. Même si je ne suis pas sur que mon audience l'aidera beaucoup, n'hésitez pas à y aller ! Vous pouvez également aller sur celui de mon pote Damien.

Bonnes journées !

La plume est moins forte que toi


Bonjour à tous, et bon WE de Pâques !

Bon, ça c'est fait...

Je sais, je sais, je suis en retard, je n'ose même pas regarder la date de mon dernier post, s'il est en 2008 c'est un miracle. A part un agenda serré, la flemme ou le manque de trucs à raconter, je n'ai pas beaucoup d'excuses à soumettre à mes fidèles lecteurs.

Il faut dire qu'en plus, c'est la folie des blogs en ce moment. Mon amour en a
un depuis un bon moment déjà. Depuis, d'autres amis à moi s'y mettent, et ce n'est pas fini. Les filles de mon groupe d'amis sont littéralement fascinées par la ribambelle de blogs de filles qui apparaissent quotidiennemet, dont celui de la ronde (j'espère que c'est cuilà, elle n'est peut-être pas la seule à avoir comme but ultime dans la vie que de se faire plaisir à travers son pèse-personne - en fait c'est clairement pas la seule), dont elles sont d'ailleurs allé voir l'adaptation au théatre. Apparemment, c'était très bien. Du coup, certaines vont s'y mettre aussi. J'en ai lu quelques uns, c'est drôle, c'est extrêmement bien écrit, mais ça reste relativement éloigné de mes centres d'intérêts, je m'en excuse platement.

Moi, si j'ai créé ce blog - et tellement bien alimenté - c'est parce que j'aime écrire, avant toutes choses, j'ai toujours aimé ça, depuis l'école. Simplement, ce goût des mots et des phrases interminables se heurte souvent à ma feinéantise qui a certainement inspiré le programme de Sarkozy lors des dernières présidentielles. Oui, je suis feinéant, mais est-ce le pire des défauts ? Certainement pas, par rapport à la soif de pouvoir, à la vanité ou à la démagogie.

Je me dis : "ok t'es feinéant, sauf pour les trucs qui te passionnent, comme ton job actuel". Je réponds oui, mais alors est-ce que l'écriture me passionne vraiment ? Pourquoi laisse-je souvent passer des mois entiers avant de réécrire, que ce soit ici ou dans mes romans ? Tiens, parlons-en de ceux-là, parce qu'il y aurait des choses à dire. D'ailleurs je vais les dire. Ouais.

Dans exactement une semaine, je vais rajouter des brouettes à mes 30 ans, je vais même égaliser avec le Christ. A cet âge canonique - je le constate de plus en plus, alors que je côtoie, notamment dans le cadre de mes activités professionnelles, des minets de 18-30 ans maxi - je n'ai rien publié, et pour cause : je n'ai jamais rien envoyé aux boîtes d'édition qui n'attendent certainement que celà pour décrocher leur prochain Goncourt. C'est vrai, j'imagine le type chez Grasset ou Galimard qui check toutes les 3 heures sa boîte mail pour voir si, enfin, je lui ai envoyé le prochain best-seller de la décennie, celui qui lui offrira les vacances à Lille - la nouvelle destination à la mode, après la Croatie et St-Petersbourg - dont il rêve d'offrir à sa bourgeoise.

En fait, j'en ai un de prêt, et ce depuis un très long moment. En fait non, c'est faux : il est fini - en tous cas y a écrit le mot FIN tout en bas - mais il n'est pas prêt. Il lui faudrait mieux qu'une bonne relecture, il lui faudrait un véritable ravallement, et pas que de façade, un truc bien profond. Je l'ai déjà fait lire, par une ancienne collègue du grand magasin parisien dont j'ai gardé les portes pendant 19 mois il y a 4 ans, férue de littérature. Le verdict était non seulement sans appel, mais absolument attendu : bien écrit, parfois brillant, mais de trop longues phrases, et trop de digressions... politiques, d'actualités. Hors, si je modifie tout ça, si j'enlève ces passages ou le personnage - pas principal, puisqu'il y en a quasiment qu'un - pense, réfléchit à sa vie et à la société etc, ce ne sera plus un roman mais une nouvelle, et encore. En gros, faut que je le réécrive.

N'empêche, elle l'a lu jusqu'au bout - c'est la seule à ce jour, à part moi évidemment - et elle a bien aimé l'histoire. Ca fait toujours plaisir.

En même temps, qu'est-ce qui m'empêcherait de tenter ma chance quand même ? De l'envoyer à toutes les boîtes d'édition de la Terre, histoire d'avoir un avis, ou au moins une idée de son potentiel d'acceptation ? Rien d'original, là non plus : après la feinénantise, voici venir, ladies et gentlemen, la PEUR DE L'ECHEC ! Ah ça, si je sors pas du lot avec des défauts aussi culcul, qu'est-ce qu'il faudrait pour que ce soit le cas.

En tous cas, je pense que c'est ça. Ou alors je fais traîner les choses, comme souvent, afin que les gens me supplient de le faire et ainsi me témoignent un peu d'intérêt, ce qui serait carrément le comble de la banalitude. En tous cas, je n'ai pas envoyé mon roman, et c'est bien là l'essentiel. Le reste, comme dirait l'autre, c'est de la masturbation intellectuelle. Comme l'autre, la physique, ça fait du bien mais ce n'est pas très productif.

Par ailleurs, j'ai écris une dizaine d'entames de romans, tous plus bons à mes yeux les uns que les autres. Problème : quand je m'arrête, je m'arrête. Pourtant, des fois j'y pense, j'ouvre même le doc des fois, je le relis, je rajoute des trucs, et puis je passe à autre chose. Ne perdons cependant pas espoir : c'est également par étapes que j'ai fini celui que j'ai fini. D'ici ma retraite, j'en aurais donc probablement fini un ou deux autres.

Sur ces bonnes paroles pleines d'optimisme et de naïveté forcément touchante, je vous laisse.