samedi 10 mai 2008

Les cordes de mon arc

Salut à tous, bande de feignasses socialo-communistes qui profitez trop de ce mois de mai de feignasses socialo-communistes !

Et oui, en ce moment la France n'en fait pas beaucoup. A cause de tous ces jours fériés, nul doute que la France produit moins, la balance de son commerce extérieur va en pâtir, on va encore plus se faire bouffer par l'Inde et la Chine, va y avoir du chômage, des licenciements, de la misère, les jeunes vont cramer des voitures, les vieux vont à nouveau voter Le Pen et Mathieu, le candidat miraculeux car présent depuis plus de 70 jours mais un peu imbu de lui-même de "Tout le monde veut prendre sa place" va perdre en se croutant sur une question sur le nom de la montagne la plus élevée des Pays-Bas. Et le PSG va descendre.

En attendant la fin du monde, une vague nostalgique me serre les boyaux. Notez que je ne suis pas fan de la nostalgie en soit : se replier sur le passé en se faisant inutilement du mal, ce qui est le cas que ce soit de bons ou de mauvais souvenirs finalement, n'a jamais représenté pour moi un intérêt considérable. Mon Amour adore la nostalgie, elle passe des heures parfois à regarder ses vieilles photos (vive le numérique, dieu merci je n'ai pas d'appareil photo) ou lire de vieux mails et il faut bien le dire, ça m'énerve un peu. Ca sert à quoi ? C'est du passé, c'est derrière... à la limite je préfère penser à mes mauvais souvenirs (pas trop mauvais quand même), au moins il n'y a pas de "j'aimerais bien revivre ça, c'était bien...".

Donc en fait ce n'est pas de la nostalgie, juste un constat : à 33 ans à peine sonnés, j'ai déjà eu plusieurs vies professionnelles assez distinctes entre elles, dans la façon de travailler principalement. Je dirais que le point commun de tout ça c'est la vente, mais en même temps toutes les boîtes font de la vente pas vrai ? Même dans le journaliste on vent de l'info, du contenu, que ce soit aux gens ou à d'autres boîtes, comme nous. Bon, commençons, dans l'ordre chronologique, j'aime bien.

- D'abord, Renault. Mon père y travaille depuis ses 17 ans, il va en fêter 56 en octobre, vous imaginez s'il est corporate. Ou coincé, c'est selon. Je crois qu'il stresse pas mal à propos de la retraite, j'imagine bien, se retrouver d'un coup avec rien à faire après 40 ans à bosser sans discontinuer, ça doit être assez impressionnant. Donc moi, dès l'âge de 17 ans il a fortement "insisté" pour que je bosse l'été à la Régie. En fait, mon avis il se l'est vite mis là ou le soleil ne brille que quand votre string pète, et encore. C'est sa méthode. Donc je suis allé travailler à la chaîne pendant un mois, en 1993, 94 et 95, il me semble. 94 a été la meilleure année : je bossais la nuit, ça manquait de nanas certes (celles-ci n'avaient pas le droit de bosser la nuit à cette époque, je ne sais pas si cette règle inique existe toujours aujourd'hui...) mais le type qui bossait en face de moi sur la chaîne était très sympa, je me rappelle même de son nom, ce qui est incroyable venant de moi, il était d'origine italienne et on écoutait à la radio les matches de la Coupe du Monde, notamment la fameuse demi-finale des partenaires de Roberto Baggio face à ces enfoirés de Bulgares (2-1, 2 buts du Turinois au catogan). Un très bon souvenir. Un des étés, j'ai aussi conduit un tracteur pour transporter des wagons de pièces diverses, c'était marrant.

- Ensuite, la Halle aux Vêtements. Cette période s'est finalement étirée sur incroyables 7 années, un septennat entier à la fin duquel j'était le 2e plus ancien employé, et quasiment responsable du magasin enfant. Quand j'y pense, c'est du délire total, surtout que j'avais été recruté comme vigile. Sauf que le soir même de mon 1er jour, à une heure de la fin on m'a demandé, comme aux autres, de ranger un rayon. J'ai fait ça pendant des années, ensuite j'ai fait de la caisse, de la livraison, pour finir par remplacer la responsable du magasin enfant, qui allait accoucher (la fille, pas le magasin). De bons souvenirs également, même si c'était évidemment bien relou quand j'y repense. Surtout au début, quand le magasin était pas mal emmerdé par les jeunes du Val Fourré, c'était parfois chaud, après ça s'est arrangé quand le magasin a recruté des jeunes du quartier. J'ai surtout vu défiler 4 gérants extrêmements différents, au moins, du type du sud-ouest avec un gros chien qui terrorisait les vendeuses au point qu'elles refusaient d'entrer dans la réserve, à l'ancienne 68arde tout le temps mal lunée, sosie vieillissante de Mylène Farmer. Marrant.

- ABCD : sous ce nom simplissime se cache une boîte au concept assez improbable, la vente de meubles par téléphone. Vous imaginez acheter vos meubles en discutant par téléphone vous ? "Alors madame, j'ai un super canapé trop bien, je vous jure qu'il est très beau. - Ah ben si vous me le jurez alors, je le prends". Fastoche, surtout qu'on appelait sur la zone bourgeoise de l'ouest parisien, rempli de maisons équipées en meubles Louis XV... Le pire, c'est qu'en 2 semaines de présences j'ai été celui qui a eu le plus de rendez-vous, dont un qui été concluant ! Quand je suis revenu pour régler un détail sur ma paie, y avait une ambiance de fin de règne... par la suite, lorsqu'il m'arrivait de passer devant la boîte elle n'y était plus. J'ai été très relativement surpris. N'empêche, c'était mon 1er contact avec la télé-vente, et déjà j'étais pas fan. Ce n'était que le début.

- La Samaritaine : je sais pas si c'est ma meilleure expérience, en tous cas c'est une de celles qui m'a le plus marqué. Le boulot en lui-même était dur physiquement : j'étais debout toute la journée aux portes habillé en costard, je devais signaler les vols quand j'en chopais (très rarement) et j'indiquais aux clients leur route dans un magasin qui m'a paru gigantesque lorsqu'on me l'a fait visiter la 1e fois. Faut dire que je n'étais jamais allé dans ce magasin avant, ou quasiment... Même si y avait des têtes de con, comme partout, y avait une solidarité dans le travail que je n'ai jamais connu ailleurs. On blaguait pas mal quand on se retrouvait à des portes voisines. Et puis le lieu, le lieu... vous vous êtes déjà baladés sur le toit d'un grand magasin la nuit, avec Paris illuminé à vos pieds ? Moi oui, j'étais tout seul et c'est magnifique. Je me suis aussi baladé dans ses couloirs vieux de 150 ans, et ça, en tant que fan d'histoire et de vieilles pierres, ça me parle forcément. 19 mois qui me font aujourd'hui attendre avec impatience la réouverture pourtant très hypothétique de ce magasin mythique.

- Arundel : une expérience très - trop - courte (3 semaines) qui m'a marqué comme si j'y avais passé une décennie. Un endroit magique du sud de l'Angleterre, à 1h30 de Londres et à 5 kilomètres de la mer, que je n'ai malheureusement pas eu le temps de visiter comme je l'aurais voulu... mais j'ai le temps d'y retourner. Une petite ville aux rues étroites et bombées couchées contre un chateau typiquement anglais et absolument incroyable. Et ça au milieu du West Sussex, rempli de prairies et de collines comme on en voit dès que l'Eurostar sort du tunnel. Au centre même de la ville, un restaurant français de tartines, tenu par des Français qui vivent en Angleterre depuis 20 ans. Ce qui fut dur, c'est finalement l'accueil que m'ont réservé les autres employés, Français aussi, parce que les Anglais, eux, ont été tous plus adorables les uns que les autres. Je me suis senti très seuls, isolé, la privation d'internet y étant un peu pour quelque chose. Mais si y a un endroit ou j'aimerais vivre un jour, c'est là-bas. N'empêche, je suis nostalgique là...

- La télévente. Dans 2 boîtes différentes, j'ai vendu pendant des mois des abonnements téléphoniques par téléphone. Et ça marche, boudiou ! Quand j'en parle aux gens, ils me disent tous "de toutes façons moi quand j'ai un appel comme ça je raccroche tout de suite..." Et c'est vrai que dans 70 % des cas, c'est ce qui se passe. N'empêche qu'on faisait 2 ventes par heures, et que c'est un marché incroyable. Moi j'ai apparemment un truc pour faire ça, ma voix passe bien et je suis assez convaincant parait-il. Sauf qu'arnaquer des mémés, et surtout me faire raccrocher au nez toute la journée par des gens malpolis, vous avez beau avoir la fibre de la vente - ce qui n'est quand même pas mon cas, faut pas exagérer non plus - à un moment vous lâchez mentalement. N'empêche, j'ai vu des gens qui faisaient ça depuis pas mal d'années. Faut aimer, même si l'ambiance y est toujours sympa, c'est jeune et ça rigole souvent. Mais la pression du chiffre, le côté désagréable des gens... c'est dur à la longue. Je me dis que je ne referais jamais ça, mais si le chômage me retombe dessus ? Je ne pourrais probablement pas y couper...

- Les trucs actuels, j'en ai déjà parlé précédemment :p

Bonne fin de week-end...

dimanche 4 mai 2008

It's my life

"La suite, la suite, la suite..." Oui oui, je t'entends bien, peuple de France, je t'ai même compris comme dirait l'autre. Vous savez, l'autre... le grand là... non, pas la copie, l'autre... celui qui a un nom de score de foot là... De Gaulle, voilà c'est ça. Bref. Quand j'aurais appris à me servir du système de statistique que mon Amour a mis sur ce blog à l'insu de mon plein gré, je pourrais alors mesurer la hauteur de ton indéfectible amour. En attendant, je ne fais que l'imaginer, et c'est déjà un début.

Donc la suite de ma vie, c'est toujours ma vie, mais ailleurs, c'est-à-dire ici, entre autres. D'accord, j'ai déjà été plus clair, du moins je l'espère. Mon boulot se déroule en général dans la boutique près du Père Lachaise, un des quartiers de Paris les plus sympas sans être Bourgeois du tout, malgré la proximité du Lycée Voltaire, de toutes façon vidé un jour sur deux par les grèves. Mais l'autre partie de ce boulot se déroule chez moi, très exactement de là ou j'écris ce post si attendu. Ca se passe généralement le week-end, voire le soir en semaine. Et le fait est que je n'ai toujours pas réussi à décider si c'était mieux ou pas.

D'abord, j'ai un frigo à portée de main. Je vous laisse débattre sur le fait de savoir si c'est bien ou pas, mais je ne doute pas un seul instant de l'issue de cette discussion... Ensuite, pas de transport. J'aime bien la Ligne 3, elle va vite, elle n'est pas spécialement blindée et elle ne sent pas trop le pipi, donc c'est plutôt une bonne ligne de métro on va dire. N'empêche, elle est loin de me manquer les jours ou je n'ai pas à l'emprunter, tout comme le RER A, qui lui est certes rapide mais est toujours blindé et les jours ou il ne sent pas le pipi c'est quand on a affaire à une rame neuve. Et encore.

En revanche, lorsque je travaille de chez moi, je suis sur mon ordi, et celui-ci, contrairement à celui qui m'attends depuis mercredi à la boutique, est malheureusement borgne - par celà, comprenez qu'il n'a qu'un écran. Problème de riche vous me direz, et ce serait parfaitement vrai, n'empêche qu'on s'habitue vite à ne pas être obligé de diminuer les fenêtres lorsqu'on travaille sur deux pages en même temps, c'est-à-dire dans 80 % des cas. En plus mon écran est particulièrement petit... ne me demandez pas le nombre de pouces ou de pixel ou quoi ou qu'est-ce, j'en suis encore à apprendre cette langue étrange et barbare qu'est l'informatique. Quand au fait que je n'ai pas de fauteuil digne de ce nom, autant dire qu'après huit heures de boulot j'ai un peu le dos en compote, et pas des plus fraîches en plus.

M'enfin j'aime bien ça, parce qu'il y a une liberté qui n'existe pas forcément quand je suis à la boutique. Je peux me mettre la télé, de la musique, je peux toujours profiter de mon Amour quand elle est là, et puis je ne dépense pas de fric pour manger dehors à midi... ça a son charme quand même, c'est indéniable, je crois que ceux d'entre vous qui connaissent le télétravail doivent me rejoindre dans mon analyse. Notamment ceux qui ont des enfants... quoique, avoir un ou deux morveux qui vous tirent le pantalon pour jouer avec eux n'est pas forcément l'idéal pour rester concentré dans son travail. Faut voir quoi.

Enfin, dernière partie de ma vie professionnelle, les lives. Choses que je fais quand même depuis bientôt 3 ans. J'ai débuté au début de la saison 2005-06, en septembre, par un Strasbourg-Lens qui ne dénote pas avec certains matches pourris que j'ai du récemment me coltiner. En fait, on peut dire que je n'ai pas vraiment progressé depuis. D'ailleurs, il suffit de savoir qu'en 3 saisons je n'ai encore jamais fait Lyon, et une seule fois Marseille, et je ne parle même pas de l'Equipe de France, pour comprendre que je ne fais toujours pas partie du tiercé de tête dans la hiérarchie des livers de Sport24. Heureusement que je ne suis pas du genre ambitieux et arriviste, parce que sinon je me serais déjà barré depuis belle lurette... Je n'ai rien réclamer, c'est peut-être ça la clé. Du moins au niveau des lives, parce que réclamer un autre statut au sein même de Sport24, ça je l'ai fait. Dans le vide, mais je l'ai fait.

Dire que l'idée de partir ne m'a jamais traversé l'esprit serait mentir, simplement je connais le métier, la boîte, je fais partie des 3 ou 4 plus anciens livers, et puis j'aime ça quoi. En plus je fais de la Ligue des Champions - jamais les Français, faut pas rêver -, les grandes compétitions internationales... je me régale à l'avance des futurs Suisse-Rep.Tchèque, Suisse-Turquie et Turquie-Rep.tchèque que je commenterais, j'espère que vous serez au rendez-vous pour m'offrir des clics. A vous d'imaginer si je suis ironique ou non. Qui sait, j'aurais peut-être un quart de finale à faire... on peut rêver cette fois.

Depuis décembre, ce qui est nouveau c'est qu'avant et après mes lives, en général je bosse, ce qui charge considérablement mes WE. En même temps ça ne me change pas beaucoup, puisqu'hormis la télévente et la chaîne à Renault, j'ai toujours fait des boulots qui me faisaient bosser le WE, que ce soit dans la vente ou le journalisme. Je dois aimer ça, je sais pas... je ne vous le conseille pas quand même, puisque par exemple en ce moment même mon Amour est avec des amis à nous, mais sans moi, qui m'apprête à entamer une journée de boulot d'ici trois petits quart d'heure.

Bref, les lives en eux-même... en fait ça commence deux jours avant, donc le jeudi généralement, puisque je dois préparer l'avant-match, mettre quelques commentaires et autres chiffres, créer des liens vers des articles concernant les deux équipes, etc. Ca me prend environ 20 minutes, ensuite je n'y pense plus alors qu'avant, c'était beaucoup plus chiant : je prépérais mon avant-match sur word, je cherchais des interviews, bref j'étais dans mon match pendant 3 jours. Là, c'est limite si je dois chercher sur mon planning pour voir quel match je fais le soir-même... Quand j'arrive je mets les compos - pour la Ligue 1 c'est tranquille, pour les autres championnats c'est plus dur au niveau infos - je rentre deux trois commentaires sur ces dernières et puis je prépare ce qu'on appelle fort intelligement mon CR, mon Compte-Rendu quoi. On lui tape son intro avant le match, puis sa 1e partie pendant la 1e période, sa 2e partie lors de la seconde, puis après on tape d'autres articles encore. Au final, on reste un peu plus de 4h sur place en moyenne. Je ne vous dirais pas combien ça me rapporte, ça ne servirait pas ma réputation si je voulais passer pour un obsédé du salaire juste... Je suis également chargé du compte-rendu hebdomadaire des journées de Bundesliga, le championnat Allemand, à livrer le lendemain matin, donc le lundi.

Tout ça me prends pas mal de temps, surtout que souvent j'ai deux matches par semaine, voire plus, ce qui me fait des journées parfois bien chargées, et finalement peu de temps à consacrer aux miens, c'est-à-dire ma famille, mais aussi et surtout mon Amour et mes amis, que je vois très peu en ce moment, à mon très grand regret. Mais bon, le temps ça se prends il paraît, faudrait que je m'y mette.

Sur ce, je vous laisse.

vendredi 2 mai 2008

Maaaaa viiiiiiiiiiie

Salut à tous !

Pour changer un peu des posts sur les grands problèmes de ce monde (Tibet, Sarkozy, le PSG...) et après une nouvelle période sans le moindre post à vous soumettre, je vais me mettre à parler de moi, et de ma vie en particulier.

Le moins que l'on puisse dire, et mes amis vous le diraient évidemment mieux que moi, c'est que parler de moi est comparable à la difficulté que ressentirait Luis Fernandez à parler du modèle scolaire finlandais. Sauf que lui ce serait un empêchement logique, alors que moi... c'est logique aussi, simplement je suis vraiment mal à l'aise avec ça, je n'aime vraiment pas ça du tout. Autant demander à Jamel de vous montrer sa main... non l'autre ! Bref.

Ce n'est pas la 1e fois que j'essaie de rédiger un journal intime, et dans ces précédentes ébauches je parlais autant de ma vie - qui était hautement plus intéressante puisqu'elle se déroulait au collège puis au lycée, une vie remplie essentiellement de déboires amoureux à sens unique - que de tout ce qui m'énervait autour, la politique, la télé, l'actu, tout ça quoi. Là ma vie est intéressante pour moi mais pas pour les gens, et croyez-moi je ne dis pas ça pour me faire plaindre, c'est vrai. Si je n'avais pas mon Amour pour l'égayer - ou la compliquer, c'est selon, mais si les femmes ne compliquaient pas la vie des hommes, cette dernière serait-elle encore intéressante à vivre ? - ma vie serait probablement aussi indigeste à lire pour vous qu'un verre d'eau minérale un soir de Nouvel An. Et encore, je me ménage.

Mon quotidien en ce moment ce sont des phases de repos pas vraiment calquées sur le reste de la population, et des phases plus chargées en boulot. Par exemple, ce soir se termine mon "week-end" - ce qui serait en l'occurence plus juste de nommer "week-middle" - puisqu'à partir de demain je bosse jusqu'à mercredi soir, quasiment sans interruption, hormis quand je dors en quelques sortes. Ah si, je me repose mercredi matin, vu que je commence à 15h pour finir à minuit. Je ne me plains pas, dans la mesure ou j'ai pris le pli et que j'endure difficilement les journées de repos. Par exemple hier je débouchais d'une série de 8 jours de boulot quasi sans interruption en 9 jours, et encore le jour de repos je suis allé gâcher mes dernières illusions d'être un jour l'avant-centre du PSG sur un terrain de foot du Bois de Vincennes avec des potes. Les mauvaises langues diront que je suis dur avec moi-même, puisque j'avais franchement le niveau pour ça, mais ce n'est pas un compliment venant de ces mêmes mauvaises langues. Du coup j'ai mis 2 jours pour me remettre de ces 3 misérables quart d'heure - maximum - de sport, et en plus je commentais un match le soir même sur Sport24. Du coup j'ai du faire l'aller retour rien que pour prendre une douche, autant dire que je n'ai pas arrêté. Comme journée de repos, je repasserais.

Du coup, hier j'ai rien fais, j'ai glandé au lit devant la télé avec mon Amour, et mon corps n'a pas aimé, contrairement à tous les pronostics. Je me suis retrouvé avec une de ces migraines récurrentes qui avaient poussé a mère à m'emmener voir un toubib quand j'étais gosse. Celle-ci n'a pas eu à rougir de la comparaison avec ses devancières. Elle était franche, mouvante au point que je devais fermer les yeux fortement pour me soulager, ou en avoir l'impression. Tout ça parce que je ne faisais rien, que je ne pensais à rien. Qui a dit que le travail c'est la santé ? Non seulement c'est dur en soit, mais en plus quand tu veux glander lors de tes phases de repos ton corps proteste. Sans rire, plus je vieillis et plus je crois que l'homme n'est pas fait pour travailler. Heureusement que j'aime mon boulot. MES boulots.

N'en déplaise à notre Petit Père des Peuples, je n'ai aucune difficulté à me lever le matin, d'une part parce qu'il y a pire que 8h pour se réveiller et aussi parce que j'ai hâte d'être au taf. Hier j'ai du me forcer pour ne pas compléter ce que je faisais depuis 2 jours, à savoir tous les matches de l'équipe d'Autriche depuis 1982. En fait, il ne me reste que la 1e partie de 1982, dont la Coupe du Monde, autant dire qu'en une heure environ c'est terminé, peut-être un peu plus. J'avais envie de finir ça comme ça, de chez moi, vite fait, en dehors de mes heures de boulot. Sauf que mon amour n'aurait vraiment pas apprécié, pour une fois qu'on avait un jour entier à nous consacrer... je la comprends évidemment, donc je n'ai rien fait, mais rien que le fait de devoir me forcer est assez symptomatique, pardon à l'inventeur de ce mot si je l'ai écorché. Pas sûr qu'il me lise, mais on ne sait jamais.

Je pars vers 8h45, avec Nagui et Manu dans les feuilles. Je crois que la radio sur les téléphones est une des meilleures inventions depuis le numérique, parole d'un type qui n'y connait absolument rien en nouvelle technologie. C'est tout con, personne ne l'a mis en gros dans ses pubs pour vendre des téléphones, n'empêche que c'est vraiment génial. Bref donc je pars pour prendre le RER vers 9h, tranquille. A mon arrivée dans le quartier je me prends parfois un pain au chocolat ou au raisin, plus que parfois même. Ben oui, quand la vendeuse vous reconnaît et vous en offre même un, c'est que vous êtes ce qu'on appelle un habitué. Mais bon, c'est pas tous les jours non plus, hein, je tiens à ma ligne moi. On ne rit pas dans le fond, merci. D'ailleurs, je vais au taf rarement plus de 3 fois par semaine, le reste c'est souvent de chez moi que je travaille.

J'arrive à la boutique toujours le 1er, vers 10h moins 10. J'adore ça, j'ai le temps de me poser après avoir levé le rideau - comme quand je bossais à la Halle aux Vêtements ou à la Samaritaine, comme quoi y a des choses qui ne changent pas - et allumé les lumières, je vais sur le net, etc. De toutes façons j'ai toujours préféré arriver en avance, dans n'importe quelle situation. D'abord parce que je ne supporte pas les gens qui sont en retard, si y a un truc qui prouve qu'on se fiche de vous, un manque de respect avéré, c'est bien le retard récurrent. Y a des gens spécialistes dans ce domaine, oui oui, des gens qui font sans doute ça pour bien nous signifier combien leur vie est fournie en choses plus intéressantes que nous, et surtout des gens qui aiment se faire désirer, genre... je ne citerais pas de nom, de toutes façons tout le monde en a des comme ça dans son entourage, voire en sont eux-même et se reconnaîtront... ou pas.

L'autre raison pour laquelle j'aime arriver en avance c'est que comme ça j'ai pas une série de gens à qui dire bonjour, je ne suis pas le centre de l'attention, ça c'est top. Ca vous est déjà arrivé d'arriver (héhé) au resto ou 15 de vos amis vous attendent, et ou vous devez embrasser ou saluer 15 personnes d'affilée, pas vrai ? Relou hein ? Ou encore pire, vous arrivez et vous faites "bonjour bonjour, je vais pas faire le tour eh oh". How rude... Au moins je suis déjà là, les gens arrivent, me serrent la pogne, basta, voilà, what else ? C'est quand même plus tranquille comme ça.

Bref donc là je bosse. Chaque mois j'ai une série d'objectifs les plus divers à réaliser, mais je m'organise comme je veux. Quand j'ai commencé à bosser, mon chef m'a demandé comment je voulais bosser, objectif après objectif ou si je voulais mixer un peu, j'ai préféré mixer. Chaque jour je fais un truc le matin, et un ou 2 trucs l'aprèm, c'est jamais la même chose, l'essentiel étant qu'à la fin j'ai fini. C'est le pied quoi. Pour l'instant ça se passe bien, j'ai toujours été dans les temps, ça fait plaisir. Là il vient de me refiler mes objectifs de mai, c'est imposant mais ça devrait aller. Et surtout j'ai hâte de m'y mettre : des articles, enfin, du contenu éditorial, miam. Des articles sur l'histoire du foot en plus, tout ce que j'aime, y a tellement à raconter... Y a pas grand chose que je n'aime pas dans ce boulot, en fait. Pourvu que ça dure.

A midi j'ai le choix entre un McDo, un KFC (miam - oui je sais...), une brasserie, un Grec ou un Chinois. Là aussi j'alterne, je ne vais jamais au même endroit à la fois. Par exemple, ça fait un moment que je ne suis pas allé au KFC, ils doivent commencer à s'inquiéter... Sinon y a aussi le G20, problème à midi j'en profite pour lire et/ou aller aux toilettes, c'est pas évident là-bas, je sais pas si vous avez essayé. Remarquez pour ça y a le Père Lachaise à quelques dizaines de mètres, c'est plus que sympa en ce moment ce coin. La particularité des 3 dernières solutions - je ne compte pas le G20 -, c'est que je suis reconnu, et qu'ils sont sympas, ils te disent bonjour, on se croirait dans un village ou tout le monde se connaît. J'adore ce quartier, malgré les étudiants débiles du Lycée Voltaire, du moins ceux qui dansent la tecktonick devant le lycée et qui croient que si on a fusillé tous les porteurs de la coupe mulet en 1991 c'était parce qu'on n'avait rien d'autre à faire. Sérieusement les jeunes... si vous vouliez copier votre paternel à ses heures gloieuses, vous auriez pu... euh... chais pas moi... ne pas le faire par exemple. En tous cas, si Harald Schumacher, Chris Waddle ou Tony Vairelles vous réclament des droits d'auteur dès qu'ils seront sortis de thérapie, vous ne viendrez pas pigner.

Y a aussi les graines de bobo à coupe soigneusement étudiée pour paraître pas du tout étudiée, genre je viens de me lever, je n'ai pas du tout passé 2 heures dans la salle de bain de papa pour ça, je suis un putain de rebelle quoi merde. Tout ces cheveux... que c'est agaçant...

Le soir, parfois mon Amour vient me chercher, sinon je la rejoins sur Paris, en général vers Opéra, ou on prend le RER ensemble, du moins quand on ne décide pas d'aller au ciné, comme ça, sur un coup de tête. On arrive vers 20h30, on mange et on glande, puis dodo, voilà. C'était ma vie. Je sais, ça ressemble furieusement à métro boulot dodo, mais qui n'y est pas condamné ? Bravo à ceux qui sont allés au bout en tous cas.

Ah, y a aussi quand je bosse de chez moi, ou quand je commente chez Sport24... mais je crois que j'ai été déjà assez long comme ça.

Je vous laisse !

mardi 15 avril 2008

Boycott !

Bonjour à tous !

Ce matin, je regardais la matinale de Canal. Ca m'arrive pas souvent, d'abord parce qu'en général le matin j'écoute la radio, et puis le matin, ben en général j'écoute la radio. Ou alors je dors. Ben là, je me suis dit qu'étant encore en repos aujourd'hui (avec mes journées à domicile de vendredi et samedi, je suis pas allé bosser depuis mardi dernier...), je vais me garder de côté le pod cast de Nagui et Manu, et je vais regarder ce qui se passe dans l'émission suivie par tous les 28-45 ans actifs et Parisiens de France. En même temps, cette émission se termine à 8h35, donc là j'écoute la radio...

Rien d'original dans cette émission, des chroniqueurs, des infos, la météo, j'ai l'impression d'avoir déjà vu ça. L'idole de toute une génération de trentenaires féminines, Bruce Toussaint, qui a le bon goût de faire encore croire à l'amour tous les gros de France (en tous cas ceux qui regardent et qui ont des amies qui regardent) est le prototype du type sympa, avec qui on a envie de partir en Scénic, en vacances à Deauville, et se balader au bord de la mer avec un pull autour du cou et un double cône à la main, tandis que notre brushing rend l'âme dans les alizés marins. Sauf quand il dit, a propos d'un site qui propose de ne pas regarder les JO : "Non mais euh... c'est une blague ? Ca ne sert à rien !" Là j'avais plutôt envie de le laisser en plan sur l'aire d'autoroute de Beuzeville et de finalement partir en Bretagne, tellement mieux que Deauville à tous les niveaux, et tout seul.

On peut comprendre après tout, on est corporate ou on ne l'est pas. Et oui, Canal va retransmettre les JO, d'ailleurs son chroniqueur, un jeune Ken dont on a également vu les clônes dans d'autres émissions similaires, après avoir révélé le nom de ce site internet sacrilège, s'est immédiatement excusé de cet exocet lancé contre les intérêts économiques majeurs de sa boîte. Je crois que ce pauvre hère va avoir les doigts douloureux quand la règle de Bertrand Meheut sera passé dessus, à plusieurs reprises.

On peut lire un peu les mêmes arguments dans
l'Equipe. Oui l'Equipe, vous savez, le journal qui détient le monopole de l'information sportive quotidienne en France, et qui voit quand même son audience très sérieusement s'éroder depuis plusieurs mois. L'Equipe qui ose, imitant le Munster affirmant que le camembert pue, traîter les pro-Boycott de "faux-culs" !! A ce propos, je vous conseille cet article, qui prouve que le monopole entraîne la médiocrité, paru, bien entendu, dans les merveilleux Cahiers du Foot. L'Equipe qui, forcément, compte sur la poule aux oeufs d'or olympique pour se refaire un peu la cerise cette année, et qui ne peut donc sérieusement donner de la consistance à l'idée d'un boycott sans se tirer une balle dans le pied. Canal, l'Equipe : deux entités aussi crédibles dans ce débat que Sarkozy sur celui sur les re-mariages avec des top models.

Donc, ça ne sert à rien, à ce qu'on dit. Donc, comme ça ne sert à rien, il ne sera absolument pas génant de regarder du sport se dérouler dans un stade construit par des paysans arrachés de force à leurs terres pour y bosser 20h/24 pendant plusieurs mois avec pour tout salaire la vie sauve, ou presque puisque certains y ont trouvé la mort, dans ce stade. Ca ne sert à rien, oui. Sauf que, à part aller en Chine, défaire l'armée chinoise, libérer le Tibet, créer plusieurs partis politiques et plusieurs journaux libres, je ne vois pas ce que nous, simples citoyens lambda, pouvons faire qui pourrait réellement servir à changer les choses de façon substancielle. Boycotter "le dragon bleu", le petit resto chinois du quartier ? Jeter à la benne le service d'assiettes en porcelaine de chine offerte par mamie Gisèle ? Boycotter les brocantes, afin de ne plus risquer de "chiner" ? Se balader avec un pin's avec écrit dessus "les Chinois, franchement, des fois vous êtes pas toujours très gentils quand même, mettez-les en prison mais ne les enchaînez pas non plus, ça doit faire mal", histoire de répondre au dévastateur "pour un monde meilleur", que le CNOSF vient d'interdire aux athlètes français à cause de son message subversif et un poil trop ancré politiquement (sans rire, voir l'article de Sport24) ? Manifester tous les jours dans les rues de Paris ou ailleurs contre la politique chinoise, en Chine et au Tibet ? Même de ça, franchement les Chinois en ont autant à foutre que du dernier disque d'Eve Angeli. Au moins un point commun avec la France, au passage.

Jean Paulhan, qui a posé les bases de la résistance dès 1940, et fondateur d'une revue portant précisémment ce nom, dira d'une telle utopie : "
Tu peux serrer une abeille dans ta main jusqu'à ce qu'elle étouffe, elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué. C'est peu de chose, mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeille". C'est comme pour une élection : ta voix en elle seule n'est qu'une goutte dans l'océan, mais si on les enlevait toute il n'y aurait pas d'élection. La réalité, c'est que rien n'est minime, tout compte. Si personne ne regarde ces JO, ça va chier, quoiqu'on en dise. Si un des favoris des JO avait décidé de refuser d'aller aux JO au lieu de penser à ses petites médailles dont se contrefoutent complètement les innombrables victimes du régime chinois, ça aurait chié. Pendant des mois je me suis dit "y en a bien un qui va avoir ce courage !" Peine perdue ! On vit dans un monde consensuel, ou le moral de nos sportifs, pauvre petits otages d'un élan populaire formidable lors du dernier passage de la flamme, est plus pris en considération que le sort des opposants chinois, ou l'essentiel, c'est de vendre des airbus ou des TGV, bref, un monde à gerber.

En août, je ne regarderai pas les JO. Hu Jintao s'en contrefout, ses prisonniers aussi, mais pas ma conscience, et c'est avec elle que je vis.

Bonnes journées !

lundi 14 avril 2008

Ba qui ? Koné pas

Bonjour à tous,

Pour mon anniversaire, mon pote D., qui va nous abandonner dans une poignée de semaines pour aller conquérir le Québec, m'a payé une place pour aller voir PSG-Nice, qui se déroulait hier soir. C'était bien sympa de sa part, d'abord parce que c'est cher, ensuite parce que ça faisait plus d'un an je pense que je n'étais pas allé au Parc. C'était surtout risqué : aller voir le PSG quand on en est supporter, c'est un peu comme aller en vacances à Beyrouth, c'est joli mais t'es jamais sûr de subir des évènements qui vont gâcher tes vacances.

Le Parc, c'est magique. D'abord, c'est le plus stade de France, même si ce n'est pas très difficile. Pour un stade vieux de 34 ans, c'est une belle performance. Ensuite, il est quasiment fermé : il y réside donc les soirs de match, en terme de résonnance, un son exceptionnel, qui tourne et vous cloue à votre siège, aussi inconfortable soit-il. Quand les 2 kops se répondent, c'est un peu comme quand les deux pans de la mer se referment sur les cavaliers de Ramsès II dans les
10 Commandements : un double fracas. Un choc à chaque réponse. Un régal. Moi, quand je suis là-bas, je ne me sens plus, je ne suis plus le type à côté de qui personne ne s'asseoit dans le RER parce que je prends une place et demie, je ne suis plus l'anti Sarkozyste notoire, favorable au Boycott des JO, je ne suis plus rien, je suis habité. Au Parc je suis une des gouttes du torrent, je crie, je dirige, comme un Chef qui dirigerait son orchestre devant la télé. D. a du halluciner, comme d'autres avant lui. Je ne suis pas spectateur comme la majorité des publics de stade en France, je participe physiquement. Je finis éprouvé, enroué... et dévasté quand le scénario se révèle trop cruel.

Le fait est qu'hier, avec D. on a assisté à un des grands matches de la saison, du moins sur le plan de l'intensité et surtout de son scénario. Un de ces scenarii (j'enlève l'accent, c'est Italien comme mot, enfin je crois) que l'on ressent toujours de façon très forte, mais dans des sens opposés, selon qu'on est supporter d'une équipe, de l'autre, ou qu'on soit spectateur neutre. De fait, même en tribune de presse, et même devant Canal, des spectateurs neutres il devait pas y en avoir des masses hier. Enfin, j'me comprends.

Paris entame bien son match. Certes, il y a des lacunes dans son jeu (manque de mouvement devant, dernière passe déficiente) mais Paris pousse, bouscule au courage une des meilleures défenses de Ligue 1, réputé pour son jeu de contres de qualité. Le piège est tendu, et va vite se refermer sur des Parisiens offensifs mais terriblement maladroits, à l'image du jeune Chantôme qui, j'en suis sûr, jouera un grand rôle dans la remontée en 2009, au mieux...

Relais de Laslandes - 2e meilleur buteur de l'histoire de la Ligue 1 en activité, pas très loin derrière... Pauleta - pour Koné, qui trompe Landreau. En début de match j'avais dit à D. qu'il fallait se méfier de Laslandes, qui ne court plus et marque encore moins mais qui compense par une intelligence de jeu phénoménale, qui fait de lui le véritable cerveau de cette équipe. Ca a pas loupé. Comme d'hab, Paris ne le mérite pas mais Paris est mené. Ca fait toujours aussi mal, après plusieurs mois d'abstinence de Parc des Princes, de voir les joueurs adverses fêter leur but au Parc. C'est ce qui fait sans doute le plus mal. C'est un peu comme si vous invitiez des gens chez vous et qu'ils faisaient la fête autour de la table parce que vous leur avez servi est très mauvais. Ca vexe, vous avez envie de leur dire "vous avez été élevé chez les Sarkozy ou quoi ?"

On atteint donc la mi-temps sur ce score particulièrement injuste. Après avoir vu, à la pause, deux équipes de gamins réussir en 5 minutes ce que les 2 équipes adultes n'avaient pas réussi avant en 9 fois plus de temps - mais avec des défenseurs pour les empêcher, quand même-, on assiste à un bon retour des Parisiens, qui égalisent par Luyindula, que je ne croyais plus capable de ne se créer ne serait-ce qu'une occasion dans le reste de sa carrière. C'est toujours terrible de voir un joueur au passé si exceptionnel (à Strasbourg et à Lyon) se traîner comme s'il avait récupéré les jambes de son grand oncle. Là il ne marque pas un but à la Luyindula, mais on ne lui en veut pas. Bien au contraire. Et c'est Pedro qui provoque ce but, Pedro, notre idole à tous. Saint-Pedro, maintenez-nous.

Tient, justement, à un quart d'heure de la fin, l'Aigle déploit ses ailes pour tromper le sosie de Pierre Palmade, accessoirement futur gardien des Bleus - plus que Manbanda, idole des rédactions sportives de ce pays -, Hugo Lloris. 2-1 ! Incroyable, que c'est bon ! Que c'est bon ! Ca va tenir, c'est pas possible ! On va se maintenir, c'est sur ! On ne peut pas marquer 2 buts à cette équipe de Nice sans gagner, ce ne serait pas moral.

Les secondes sont comme des années, les minutes comme des siècles. Nice se met enfin à pousser, et rate une 1e occasion par Koné, qu'on ne voyait plus depuis son but. Mais la défense parisienne, si au point depuis le début du match, et sensé être le point fort de l'équipe, va se ridiculiser dans les 10 dernières minutes. La faute à la sortie de Rothen sur blessure à l'heure de jeu. D'abord parce que son remplaçant, Souza, qui a par ailleurs fait plutôt une bonne entrée, est un milieu droit ou axial, pas un milieu gauche, ce qui va ouvrir des brêches dans ce couloir, d'ou viendront les 2 buts assassins. Ensuite parce qu'avec sa sortie, le lien avec les 3 (!) attaquants s'était singulièrement réduit, au point de disparaître. Nice est aux manettes.

Koné va se balader dans la défense et tromper Landreau, juste sous nos yeux. J'était pile dans la trajectoire de son tir, avant même qu'il rentre y avait déjà but. Notons, pour augmenter le taux d'ironie dans ce match, que Koné, auteur de 12 buts cette saison, n'avait encore jamais marqué à l'extérieur... il y a des gens qui choisissent leurs matches. Ederson, le futur Lyonnais, qui avait raté un penalty face à Lille le week-end dernier et qui était critiqué pour avoir un peu trop la tête dans le Rhône, va l'imiter, après voir éliminé Yepes et Armand. Yepes qui faisait un match de malade derrière jusque là, repoussant tout, taclant quand il fallait. Un roc. Qui ne fut plus qu'un plot, un pantin désarticulé comme l'a souligné mon collègue de Sport24 Vincent Duchesne dans son compte-rendu. Les Niçois s'imposent, et mon coeur est brisé, je suis effondré. Je vois le défenseur niçois Apam, à l'autre bout du terrain, se mettre à genou et remercier son Dieu, quelqu'il soit. Ce qui tendrait à prouver que soit Dieu, comme le reste de sa création, n'aime pas le PSG, ou plus simplement qu'il n'existe pas, pas plus que ses collègues, plus occupés à nous envoyer de la neige ou de la grêle en plein mois d'avril plutôt que de s'occuper du Tibet ou de la crise alimentaire en Afrique.

D'habitude, quand on sort du Parc après une défaite, on entends parmi la foule des cris de colères, de déception, des analyses tactiques à l'emporte-pièce, on réclame la tête de l'entraîneur. Là, rien. Est-ce parce qu'on était en tribune Paris, et pas dans un des virages ? Les supporters, habitués depuis 2 ans au bas de tableau, semblent résignés à la descente. Et je les comprends, on y va tout droit. "On", parce que s'ils descendent, je m'abonne, et j'irai ptet même les défendre à Vannes, Châteauroux ou Niort. Histoire de voir du pays. On y va tout droit parce que du club des 4 menacés (Paris, Lens, Strasbourg et Toulouse), on était les seuls à recevoir. Lens et Strasbourg ont perdu, mais à l'extérieur, ça compte nettement moins. Pour se maintenir, le mieux est de faire le plein à domicile, ça devait suffir, avec 44 points c'était dans la poche. On n'avait pas le droit de perdre, et on ne méritait pas de perdre. Surtout pas comme ça.

Désolé pour ce nouveau post de foot, je comprends bien que ça ennuie les gens dans le pays le moins footballistique à l'est du Colorado, mais moi en ce moment, entre les problèmes de mon club chéri, et le boulot qui me prends beaucoup de temps et qui tourne QUE autour de ce sport qui passionne tant de gens dans le monde, et qui est capable de réunir plus de 160 000 spectateurs en 2 demi-finales de Coupe d'Angleterre, à Wembley (rappelons les têtes d'affiches : Portsmouth, seul club de Premier League, Barnsley, Cardiff et West Bromwich Albion), bref avec tout ça, difficile de penser à autre chose.

Dernière chose, la banderole vue dans le virage Auteuil, juste au moment de la reprise du match : "Démagogie, désinformation, hypocrisie, sensationnalisme, antiparisianisme: bienvenue chez les médias".

Je ne peux que souscrire à deux mains avec ce constat.

Bonnes journées quand même.

jeudi 10 avril 2008

Boule de canon

Salut à tous !

Aujourd'hui, pour changer, je vais vous parler de foot, et cette fois pour de vrai. Si si, je vous jure. J'ai constaté que pour mon dernier post, comme pour les émissions de télé, mon audience chutait littéralement après les mots "je vais vous parler de foot", pouf ça zappait vite fait. Donc là ça doit être pareil, tant mieux j'aime bien les ambiances intimistes.

Aujourd'hui, je savoure mon 2e jour de repos d'affilée. sauf que les week-end en pleine semaine, je vous les conseille moyen, y a personne et vous vous ennuyez comme des rats morts qui s'ennuient. Mais au moins je peux souffler, après 6 jours dantesques ou j'ai fait que bosser, bosser et encore bosser, 24h/24 ou presque.

Au passage, je savoure mais la chute de tension est quand même abyssale, surtout que demain je bosse que le soir, donc en fait ça fait quasiment 3 jours de repos - bien mérités, rajouterais-je. N'empêche, ça fait tout drôle.

Donc ce matin, comme hier, c'était grasse mat. A 9h je me réveille et je met la radio, pour écouter la fin de Nagui et Manu, émission matinale de Virgin Radio, ex Europe 2. Si je n'ai jamais été un fan de Nagui, malgré Taratata, que tout féru de musique ne peut qu'aimer, j'ai toujours été un grand fan de Manu, alias Maître Lévy, ancien acolyte d'Arthur à la radio. Je le suis depuis 15 ans à la radio, et il me fait toujours autant rire. Cet après-midi par exemple, j'écoutais par podcast interposé l'émission de mardi, et à un moment je me suis pas arrêté de rire pendant 2 minutes. Bref.

Et donc, peu avant 10h, et la fin de l'émission, Virgin Radio a eu l'énormissime idée de diffuser ça :



Purée, rarement mon lit avait connu un tel raffut. J'ai pété un cable, j'ai joué de la basse, de la batterie, de la guitare, j'ai chanté comme un Dieu. C'est un des morceaux, avec "Bohemian Rhapsody", "Smells Like Teen Spirit", "Antisocial", "Sambre-et-Meuse" ou "Money for Nothing", qui rendent mon corps, si lourdeaux et peu adapté à la danse, complètement incontrôlable, un peu comme quand on diffuse les Corons au stade Bollaert. La teuf intégrale.

Au delà de ça, ça reste un de mes morceaux mythique de la fin de mon adolescence. Oui parce que en 1994, mon adolescence était sur le point de se finir, même si certains diront que ce processus douloureux n'est pas complètement achevé chez moi, à 33 ans et 12 jours... Je pense que pas mal de trentenaires actuels ou futurs seront de mon avis, c'est un morceau mythique, et surtout incroyablement bien foutu. La basse - jouée par l'ancienne bassiste des Pixies et leadeuse du groupe, Kim Deal - est notamment incroyable sur ce morceau. J'ajoute que c'est souvent une bonne basse qui rends les groupes fabuleux, comme les Red Hots, Nirvana ou les Stones. Pour moi, la batterie c'est le squelette d'un morceau, la batterie la musculature, la guitare et la voix sont les vêtements, les accessoires tout ça.

Sur ces considérations physiologico-musicales, je vous laisse, et bonne madeleine de Proust, comme dirait mon pote Z.

PS : j'ai pas parlé de foot, ahah je vous ai bien eu.

mercredi 9 avril 2008

Faux-cul, décervelée, haineuse, bienvenue dans la pensée unique

Salut à tous !

Mon assiduité très relative à ce blog ne joue certainement pas en sa faveur, et je préfère ne pas en connaître les chiffres de fréquentations. C'est pas grave en même temps, après tout les blogs au départ on les présentait comme des journaux intimes... publiques, pas des tribunes comme c'est souvent le cas désormais. Ben voilà, je reviens à la source du blog : c'est un journal intime, que vous, éventuels lecteurs, pourriez lire après l'avoir trouvé sous mon lit, caché derrière deux caleçons douteux et un exemplaire poussièreux de l'Equipe datant de septembre 2005. Dans ce cas, bienvenue, et bonne lecture.

Vous savez quoi ? Je vais encore parler de foot, et en même temps pas du tout. Si vous trouvez des traces de nom de joueur de foot, d'analyse tactique ou de critique sur l'arbitrage dans ce qui suit (et pourtant je pourrais, sachant que Pauleta vient de se voir refuser 2 buts valables en 2 matches, dans l'indifférence générale évidemment, stop a y est c'est tout), et ben vous me le dites et je les enlève. D'ailleurs, cette absence totale de rapport avec le terrain prouve que ce que je vais dire tombe sous le sens.

A moins que vous vous soyiez retrouvé coincé dans votre Micra parce qu'un gros con ce sera garé trop près de votre portière, et qu'il n'aura pas récupéré sa voiture depuis - dans ce cas vous êtes mort de faim et de soif, mes condoléances, et je me demande vraiment ce que vous foutez là - aucune chance que vous soyiez passé à côté du tsunami médiatique né de la banderole vue lors de la finale de la Coupe de la Ligue, remportée, paraît-il - mais les images sont rares - par le PSG. De fait, depuis ce samedi, ou jamais sans doute victoire ne fut si peu fêtée et encore moins relevée, je digère cette affaire. J'ai préféré attendre la fin de la tempête, et réagir à froid, j'ai donc fait exactement l'inverse de tout le reste de la population. Accablé, comme tout être de bon sens qui se respecte, par le message débile de cette banderole, dont je ne révèlerai pas le contenu tout simplement parce qu'il est connu de tous, et ce n'est pas la peine de lui faire encore plus de pubs, je me suis tout de suite dit que ça allait être la fête du club et de ses supporters, évidemment amalgamés avec les 10 crétins auteurs de cette blague de potache. Evidemment, ça n'a pas loupé.

Entre Sarkozy qui se fait passer pour le héros qui a su, par son intervention décisive et prompte - 4 minutes - faire enlever cette vérue du stade, au maire de Lens, qui porte plainte envers tout et n'importe quoi et réclame de rejouer le match - et si on recommençait les élections municipales parce qu'il y a eu des votes pour le Front national en France ? -, aux interventions de Dany Boon et autres personnalités fortement qualifiées dans cette affaire, on a tout eu. Tout. Extraits tirés des Cahiers du Foot, une fois de plus parmi les seuls à ne pas plonger quand on leur dit de plonger :

"Frédéric Thiriez a donné le ton et fait admirer son vibrato: "Nous sommes tous des Ch'tis". La banderole n'est plus seulement insultante pour les "rivaux lensois" des supporters parisiens (L'Équipe, dimanche), mais pour "toute une région sur laquelle on a craché" (Gervais Martel, lundi). Le registre de l'humiliation s'impose. Il faut surtout justifier – tout en l’entretenant – l’emballement en cours. Manifestement, il faut convaincre les Nordistes qu'ils ont été outragés. Martine Aubry fustige "une banderole haineuse et violente" qui "humilie tous les habitants du Nord-Pas-de-Calais". On invente des concepts en accouplant des notions. Dans la bouche de Guy Delcourt, cela donne "racisme régional", comme s’il fallait à tout prix accorder à la banderole un label d’ignominie indépassable.

"
Face à la peine des Ch'tis, le PSG avoue sa 'honte'" (Le Parisien). "On a insulté un peuple, on a insulté une région", renchérit Jean-Pierre Papin. Gervais Martel en a "gros sur le cœur" et parle de "viol". Guy Delcourt, maire de Lens, se dit "humilié". Il demande qu'une minute de silence soit observée à l'Assemblée nationale "à la mémoire des mineurs qui sont morts pour la France et de ceux qui sont encore en train de mourir". "Derrière le Racing Club de Lens, c'est le contrat social qui était visé; derrière les Sang et Or, c'était le bleu-blanc-rouge", clame Christophe Barbier dans L'Express.

Le choix des mots
Curieusement, on continue à nier l’humanité des auteurs de la banderole, à la façon de l’éditorialiste du Quotidien du Médecin (!) qui les diagnostique comme des "débiles mentaux" ou de son homologue de L’Indépendant du Midi qui voit en eux des "barbares". On recourt à des métaphores qui expriment la dégradation et la maladie – "Paris et sa gangrène" (L'Équipe), "La gangrène du ballon rond" (La Dépêche du Midi), "la gangrène poursuivra son oeuvre sinistre" (Républicain Lorrain) – et à… des insultes ("Bienvenue chez les cons", Libération). Dany Boon est appelé comme grand témoin de l'affaire et parle de "monstruosité" et de "connerie faite humaine, même pas, d'ailleurs, faite inhumaine" (Aujourd'hui en France).

On n'hésite pas devant les comparaisons: le président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, parle de "
nazillons". En une du Monde, Plantu dessine une croix gammée sous la banderole. Le MRAP évoque un "message xénophobe", cédant ainsi le Nord-Pas-de-Calais à Belgique. Mercredi, Bernard Laporte fixe la barre un peu plus haut: "Samedi, nous avons atteint le paroxysme de l'idiotie et de la bêtise humaines". Il confiera aussi son souhait "d’éradiquer ces gens-là" des stades." (extrait de "Banderole décomposition", datant du 7 avril)


... que rajouter ? L'éxécution fut sommaire, exemplaire, mais le coup de grâce n'a pas encore été donné. Ce sera le cas demain, lorsque la commission de discipline de la Ligue se réunira. Comment pourraient-ils se priver du plaisir d'enlever des points au PSG, qui n'a vraiment pas beaucoup ? Ils n'ont pas hésité à le faire à Bastia, pour une poignée de crétins racistes qui ont insulté le Libournais Kébé, et à Metz, pour un (!) type qui s'est cru intelligent d'insulter le Valenciennois Ouaddou. Dans les deux cas, comme dans le cas du PSG demain, le sportif, c'est-à-dire ceux le moins responsable dans ces affaires, est sanctionné. Les points, ce sont bien la propriété des joueurs non ? Des techniciens, de l'entraîneur ? Sont-ce les fachos des tribunes qui ont gagné ces points, comme les Nantais qui avaient offert 2 points à Toulouse la saison dernière, ce qui avait permis au plus faible club n'ayant jamais représenté la France en Ligue des Champions de se faire étriller par Liverpool (0-1, 0-4), après être passé de la 8e à la 3e place (!).

Ok, là c'était du foot, mais c'était une digression, ça compte pas.

Pourquoi enlever des points ? Pour que ce soit plus lisibles pour les gens. Comme les clubs sont sensés nager dans les milliards d'Euros, selon la sagesse populaire, une simple amende, aussi grosse soit-elle, ne parlerait pas à la population, ne lui ferait pas sentir combien la Ligue est concernée et sait se montrer sévère. Pourtant, je peux vous dire qu'une amende d'un ou plusieurs miliions d'Euros, redistribués ensuite au foot amateur, ferait nettement plus mal qu'un point. Que ce soit pour Bastia, désormais écarté de la lutte pour la montée en Ligue 1, ou Metz, depuis longtemps relégué en Ligue 2, ça ne change rien. En ce qui concerne le PSG, s'il descends à cause de ce point en moins, ça risque de se mesurer en dizaines de millions d'Euros... autant les reléguer tout de suite dans ce cas, comme le réclame certains réduits du bulbe.

La réalité, c'est que mon club de coeur se meurt, que tout le monde fout des coups de tatanes dans le cadavre parce que c'est la mode et que c'est facile, et ça m'arrache les tripes. C'est pas grave, je le suivrais et le soutiendrais en Ligue 2, en National, en DH, en promotion de Ligue, en Championnat du dimanche matin, ou vous voulez. Tant que ces couleurs qui m'ont fait rêver contre le Real (2 fois), Barcelone, Liverpool, le Bayern, la Corogne, Parme, Marseille (oui oui, c'est arrivé), qui ont gagné 13 titres majeurs en 26 ans, dont 7 coupes de France, 3 Coupes de la Ligue (record national) et une des deux Coupes d'Europe françaises, qui détiennent le record de demi-finales européennes d'affilée (5, de 93 à 97, dont les 2 dernières victorieuses) et qui oeuvrent énormément en faveur des clubs amateurs en Ile-de-France, tant que ces couleurs bleues et rouges seront portées par des footballeurs sur un terrain de foot, je les soutiendrais. Si je ne les soutiens pas quand ça va mal, quand les soutenir ?

Sur ce, je vous laisse.