mardi 8 janvier 2013

Dis moi de cinéma

Salut à tous,

Chose promise, chose due. Je vous avais alléché avec la perspective d'un post sur mon année de cinéma, je ne pouvais pas vous laisser comme ça, en plan, assoiffés, désespérés... je ne suis pas un monstre, quand même ! Du moins sur le plan psychique !

Voici donc la liste des films que j'ai vu en 2012, du moins à partir du 1er mars (je ne sais pas ce que son devenus les billets d'avant, ils ont disparu dans l'explosion de ma précédente pochette UGC... paix à leur âme), dans l'ordre de préférence de votre obligé (moi, quoi).

1- Skyfall (18/11)
2- The Dark Knight Rises (25/7 et 15/8)
3- Le Hobbit (12/12 et 13/12)
4- La Part des Anges (9/7)
5- Starbuck (29/6)
6- Perfect Sense (08/4)
7- Bullhead (1/3)
8- Prometheus (18/6)
9- Millenium (5/3)
10- Cloclo (19/3)
11- Les saveurs du palais (19/9)
12- Extrêmement fort et incroyablement près (1/3)
13- Projet X (29/3)
14- The Secret (14/9)
15- The Avengers (30/4)
16- Les Infidèles (9/3)
17- Du vent dans mes mollets (24/8)
18- Total Recall (20/8)
19- Abraham Lincoln, chasseur de vampires (19/8)
20- Hunger Games (24/4)
21- Le prénom (26/4)
22- L’exercice du pouvoir (05/3)
23- Comme des frères (22/11)
24- Populaire (9/12)
25- Camille redouble (24/9)
26- Possessions (13/3)
27- My week with Marilyn (09/4)
28- Rebelle (15/8)
29- The Dictator (25/6)
30- Les Seigneurs (18/10)
31- Dans la maison (12/10)
32- Magic Mike (30/8)
33- La cabane dans les bois (03/5)
34- Moonrise Kingdom (28/5)
35- Marging Call (25/5)
36- Cosmopolis (8/6)
37- ACAB (21/7)
38- Radiostars (26/4)
39- Moi député (10/9)
40- Nous York (16/11)
41- The Amazing Spiderman (9/7)
42- Dark Shadows (4/6)
43- Sur la piste du Marsupilami (13/4)
44- Piégée (27/7)
45- Men in Black III (14/6)
46- Astérix et les Bretons (18/10)
47- Mais qui a re-tué Pamela Rose ? (10/12)
48- Summertime (22/7)
49- Les Kaïra (20/7)
50- Nos plus belles vacances (13/3)
51- Paris Manhattan (30/7)

Avant de passer en revue cette liste pas du tout exhaustive (j'ai loupé pas mal de films, quand j'y pense, que je ne peux d'ailleurs pas nommer de mémoire, et pour cause), faisons quelques petites stats, voulez-vous, on ne se refait pas. J'ai donc vu 51 films en 10 mois (je vous laisse poser la virgule pour la moyenne), sans compter Titanic en 3D, que j'avais évidemment déjà vu, soit un peu plus d'un par semaine, c'est une bonne moyenne, j'ai largement rentabilisé ma carte qui me coûte 20 euros et quelques par mois, soit l'équivalent d'un peu plus de deux tickets à plein tarif. Mais il y a de grandes
disparités entre les mois : je suis allé 9 fois au ciné au mois de mars, soit 2,25 fois par semaine, contre trois seulement en avril, mai, octobre, novembre et décembre ! En revanche, l'été m'inspire : 6 en juin, 8 en juillet, 5 en août. Logique, j'ai peut-être moins envie de sortir l'hiver, et de profiter de la fraicheur des certaines salles l'été... Chuis un ours qui hiberne l'hiver, ça se confirme.

Autre constat : j'ai eu une deuxième partie d'année compliquée au niveau de la qualité des films. Hormis Skyfall, ainsi que the Hobbit, vu deux fois, sans doute pour compenser, je n'ai vu aucun de mes 22 films préférés après octobre ! Alors soit c'est moi qui choisi mal quand il fait froid et que mes neurones sont gelés, soit les distributeurs envoient leurs meilleurs films quand il fait beau... en tous cas ça expliquerait le constat précédent ! C'est vrai qu'en ce moment, en dehors de l'excellent Odyssée de Pi vu hier, le choix est limité...

Bref, passons donc à cette fameuse liste. D'abord, hormis les trois premiers, qui étaient difficilement ratables et très attendus par votre serviteur, il n'y a pas tant de blockbusters que ça. Avec l'âge j'apprécie de plus en plus certains d'entre eux, sans en faire une passion non plus. J'avais été un des seuls à apprécier 2012... mais Skyfall est peut-être le meilleur James Bond que j'ai vu, surtout pour sa fin écossaise. The Dark Knight était un poil moins bon que le précédent, mais est quand même un chef d’œuvre. Et si the Hobbit ne surpasse pas les films de la trilogie du Seigneur des Anneaux - sauf le 2, un peu raté comme souvent dans les trilogies, hormis celle du Parrain et de Star Wars, la première - il reste un superbe film, qui donne grande envie de voir les deux suivants. Je ne suis ni pour ni contre les blockbusters, qui font vivre et survivre le cinéma. Comme en foot, où je ne juge pas une équipe sur l'argent qu'elle a investi - et ça, ça date d'avant la reprise du PSG par le Qatar - je ne juge pas non plus un film sur les sommes dépensées pour le réaliser, en bien ou en mal.

La preuve, derrière ces trois costauds du box-office, se placent plusieurs films que l'on peut qualifier d'indépendants : la Part des Anges, un autre film qui me rend nostalgique de l'Ecosse, Starbuck, hilarant et émouvant film québecois, Perfect Sense, Bullhead... Vu que ce dernier, malgré son titre anglophone, est un film belge, le premier Français se nomme donc Cloclo, 10e, qui a eu du mal à passer devant l'excellentissime "les Saveurs du Palais", film sur les coulisses de l'Elysée, notamment ses cuisines. Ce n'est pas une grande chambrée pour le cinéma français, un an après the Artist et Intouchables. Difficile de toucher deux fois le jackpot tous les ans. Pourtant j'en ai quand même vu 19, presque la moitié, comme quoi je ne suis pas sectaire non plus ! Mais le fait est que les trois derniers sont des films français, ainsi que 5 des 6 derniers, et pas les moins chers en plus...

Descendons un peu dans la liste. Vous noterez la bonne place du méconnu Projet X, l'histoire de ces trois ringards de lycée qui organisent la fête du siècle dans une banlieue de Los Angeles, Total Recall, remake du film de Schwarzy pas si raté que ça, et plus fidèle au roman que le premier, Abrahim Lincoln, chasseur de vampires, dont le titre et le sujet me faisaient craindre le pire, mais qui se défendait finalement pas mal, mais aussi du Prénom, qui m'a surpris. Pour Rebelle, encore un film sur l’Écosse (c'est la mode, et une bonne mode pour une fois), j'ai apprécié les images, le folklore,
l'accent impeccable... mais l'histoire est complètement bidon, dommage. Je pensais que the Dictator serait mieux classé, mais finalement il a été très moyen par rapport à d'autres comédies, même chose pour les Seigneurs.

A partir de la 38e place (Radiostars), on entre dans les films dont je peux dire que je ne les ai pas aimés, même si Moi, député, était rigolo, mais ça restait un nanard, même rigolo. Même chose pour Pamela Rose II. Spiderman était moyen et surtout sans intérêt, juste après la récente trilogie. Il n'apporte rien. Dark Shadows, surtout pour un Tim Burton, fut une grosse déception, tout comme le Marsupilami et Astérix, que j'attendais depuis un moment. Men in Black, ça sentait la merde, ça n'a pas loupé. Les Kaïra, c'était sympa, y avait de bonnes idées, mais c'était limite pas un film en fait. Quant aux deux derniers... de vrais nanards, même pas drôles. Y a même pas eu de débat, sauf pour savoir qui serait devant l'autre. Le premier m'a vraiment déçu, moi qui aime ces films nostalgiques sur les années 70, surtout quand ils se passent en Bretagne. Le second, une comédie romantique ratée jusqu'à l'os, même pas sauvée par le passage à la fin de Woody Allen, dont je me demande ce qu'il a bien touché pour tourner dans une merde pareille... dommage pour la belle Alice Taglioni, vraiment.

Voilà, l'année a pas mal commencé avec un film certes moyen, l'Homme qui rit, et un autre exceptionnel, l'Odyssée de Pi, film vers lequel j'allais pourtant à reculons, à cause de la BA remplie de morceaux de Coldplay... heureusement, on n'entends pas ces usurpateurs dans le film.

Je vous laisse !

mercredi 2 janvier 2013

Un bilan

Salut à tous,

Bon, je ne suis pas très bon en résolutions, pour la simple et bonne et raison que la résolution de ces résolutions n'est pas un de mes points forts. A quoi ça sert de se mettre la pression une fois par an, à part se rajouter de la bile à la bile, et de culpabiliser douze mois plus tard en se traitant de raté parce qu'on n'a pas fait ce qu'on avait dit ? Laissons nous porter, y a que ça de vrai, surtout quand on a abusé de champagne et de foie gras, engraissant un peu trop nos facultés mentales déjà usées par le manque de sommeil et un retour sous la pluie à la recherche d'un métro (ça c'est juste moi, mais ça aurait pu aussi être un retard pénible en voiture, c'est vous qui voyez).

En revanche, je peux me risquer à un bilan annuel. Vu que je n'ai pas pris de résolution il y a un an, je ne risque pas d'être déçu. Ça, c'est la version officielle en tous cas. On sous-estime souvent l'esprit humain quant à sa capacité à ne pas être content très facilement, surtout le mien, qui pourrait concourir à une médaille olympique dans ce domaine. A moins que je la rate d'un rien.

Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé pour moi en 2012 ? Bah euh... bon attendez vous me prenez de court là, vous êtes gentils aussi ! Faut que je cherche ! Non mais vous inquiétez pas, je vais trouver. J'ai découvert Amsterdam, j'ai vu les JOs à Londres, j'ai fait Londres-Bergerac en une journée, j'ai fait quelques bonnes soirées avec mes amis, proches ou éloignés géographiquement... je me suis rapproché de certains d'entre eux, aussi. Parmi ces derniers, certains sont cependant repartis dans leur lointaine contrée neigeuse, où on bronze au-dessus de -15 degrés. Bon je les revois dans moins de huit semaines normalement, mais ça fait loin quand même. Et froid aussi, brr !

Dans le négatif, j'ai abandonné la course, à cause de blessures aux orteils (excuse Yannick Noah) et de mon gros bide (excuse Gignac), qui m'avait pourtant occupé l'esprit d'une façon si positive et saine durant toute l'année 2011, forçant mon corps, qui n'a pas tant résisté que ça, à se découvrir des limites inespérées pour lui et son pote, l'esprit. Une heure trente de course dans Paris, il y a une petite quinzaine de mois... c'était bien. Mon dernier souvenir, c'est un footing dans Nantes, le 30 ou 31 décembre 2011, une heure dans la ville à peine éveillée, entre chiens et loups, le château d'Anne de Bretagne étirant ses tours massives à mon passage. Ça aussi, c'était bien. C'est ma dernière course, je rêvais alors de marathon, carrément. Je pouffe de rire jaune. Vu comment je galère actuellement dans les escaliers, à cause de mon souffle mais aussi de mes genoux, je crois que la prochaine fois que j'arriverais à réitérer cet exploit, Franck Ribéry aura gagné la Grande Dictée de Pivot.

J'ai aussi eu une incroyable chance, celle de prendre deux photos assez magnifiques, avec Teddy Riner à Londres, juste avant de prendre le même Eurostar que lui, et avec François Hollande, dans son jardin, entouré d'une foule d'adorateurs, qui risquent d'être un peu moins nombreux s'il lâche la bride sur ses deux meilleurs réformes annoncées, les 75 % et le mariage pour tous. Si ces deux là passent à la trappe, on est bon pour 10 ans de Copé d'ici mes 50 ans... voire pire.

Oui, en dehors de ma petite vie qui, en dehors de ces quelques péripéties voyago-people sans grands effets sur la course de mon destin, n'a donc pas été tellement différente qu'elle le fut en 2011, il y a eu les élections quand même, et le licenciement avec préavis, pourtant, de Sarkozy, et la promotion de Hollande. C'est vrai que ses réformes n'avancent pas, qu'il hésite trop, que pour l'instant ce gouvernement est un four total. Mais vous n'avez pas l'impression que ça sent moins mauvais dans le pays, quand même ? Certes, Manuel Valls, dans les faits, ne fait pas vraiment mieux que ses prédécesseurs Guéant, Besson, Hortefeux, etc. Mais il ne le fait pas par idéologie, en n'insultant pas les Roms, les Arabes, etc. On n'est d'accord que la différence est infime, mais elle est claire et nette.

Pas de ministre raciste, xénophobe, segmentant, anxiogène... pas d'appel du pied officiel venant des hautes sphères étatiques vers le Front National. Vous ne vous rappelez plus de ce qu'était l'ambiance en France il y a moins d'un an encore ? Et au moment du fameux débat sur l'Identité Nationale, qui avait permis de mettre un visage sur la France qui pense tout bas, ces vieux aigris qui sortaient de leurs logis poussiéreux pour venir vomir leur haine envers les noirs, les Arabes, tout ce qui ne ressemble pas à un bon Français catholique et consommateur de saucisson et de Beaujolais. Ces Français qui, selon nos amis politiques désireux de récupérer leurs votes puants et infects, ne "sont pas racistes", juste "malheureux", "incompris". Qu'ils se cultivent pour comprendre la connerie de leurs raisonnement, ou se suicident alors, mais qu'ils laissent le pays tranquilles, bon dieu ! Le vote, la démocratie, c'est une confiance que la République accorde au peuple pour voter intelligemment, dans la connaissance maximum, pas selon leurs haines ordinaires. Ces gens qui votent FN sont donc hors-sujet. En tous cas, depuis huit mois, on ne les entends plus, bon débarras, qu'ils crèvent.

Après cette petite séance soulageante, reprenons un peu le cours normal de ce post... j'ai moins été au cinéma d'ordinaire, mais quand même pas mal non plus. J'ai vu the Hobbit, pour lequel je reste partagé mais qui est malgré tout un bon film, l’excellentissime "Skyfall", la dernière livraison de la franchise James Bond, qui sait si bien se renouveler, en plus de m'offrir un petit retour rafraîchissant dans mon Écosse chérie, et puis voilà, c'est déjà pas mal. Attendez, je regarde mes tickets de ciné... je les ai depuis mars, merde. Vous savez quoi ? Je ferais un post sur le sujet, ça sera plus pratique.

Voilà, que dire d'autres... ben rien. Sans faire de résolutions ni de superstition à l'envers, je pense que cette année 2013 peut-être intéressante. Il va y avoir le doublé Montreal-NY dans deux mois, je vais aussi devoir m'atteler à organiser mon voyage au Brésil, avec tous ceux qui veulent venir et qui sont les bienvenus... et, je l'espère, un déménagement, le plus rapide possible. Inch Allah !

Je vous laisse.

jeudi 20 décembre 2012

Comment bien terminer


Salut à tous,

Tout le monde en parle en ce moment. D'ailleurs ça fait à peu près un an qu'on a commencé à en parler, depuis le film 2012 en fait. Film que j'ai revu avant-hier, sur M6, en VO en plus, une bonne initiative de cette sous-chaîne de télé, à la grille de programme tellement infâme que quand je zappe, je commence à 2 et je passe de 5 à 7 directement.

Mais là, depuis un mois, impossible d'y couper. Toutes les trois secondes, à la télé, sur Tweeter, sur Facebook, n'importe où, y a quelqu'un qui fait une référence à la fin du monde, prévue pour demain. Ceux qui sortent des films disent que c'est pour la beauté du geste, vu que personne pourra y aller. Un comique sur Facebook dit que le club de foot de Brest souhaite que la fin du monde ait lieu avant 20h45 demain, heure de son match contre le PSG. Sans parler de la flopée de reportages à Bugarach,
pour rencontrer les timbrés qui se préparent à échapper au cataclysme en se réfugiant en haut du pic local. Je me demande si, au final, l'afflux de ces dégénérés du bulbe, tant craint par les autorités locales, ne soit finalement surpassé par celui des journalistes venus recueillir leurs si sages paroles...

Bon et bien avec ça, pourquoi je n'aurais pas le droit de m'y mettre, moi aussi ? Moi aussi je peux délirer sur cette prédiction qui n'en est pas une d'ailleurs, puisqu'en fait il ne s'agit juste que de la fin du calendrier maya, rien d'autre. En fait, demain c'est pas la fin du monde qu'on célèbre, c'est le
début de la pénurie de papier en Amérique du Sud il y a 2000 ans.

Jouons notre Bigard. ADMETTONS que les Mayas aient vraiment prédit la fin du monde pour demain, et qu'on ce soit donc ruiné en vain pour les cadeaux de Noël. ADMETTONS qu'on l'ait su, à travers les âges, ce qui n'était quand même pas gagné parce que finalement, à part ça et le dessin animé du même nom, qui parlait d'une abeille il me semble, il ne nous ont pas laissé grand chose, à part quelques croutes architecturales et les maths. ADMETTONS qu'on ait le temps de s'organiser. Dans ces cas-là, qu'est-ce qu'on fait ?

La fin du monde c'est demain, alors à moins qu'elle ne survienne que tard en soirée, difficile de prendre l'avion pour aller passer cet évènement exceptionnel sur une plage haïtienne, avec un cocktail à la main et le corps oint d'huile de coco uniquement recouvert par un léger pagne. Et puis, niveau originalité, vous repasserez, excusez-moi hein. "Oui moi pour la fin du monde, je voudrais être au soleil, dans un endroit paradisiaque, machin..." Perso je trouve que ces endroits là, vaut mieux y vivre que y mourir. Pourquoi gâcher ces endroits par des morts atroces et collectives ? Et surtout, pourquoi ne pense-t-on à y aller que quand la fin semble proche, alors qu'on pourrait en profiter avant ?

En même temps moi je dis ça, mais ces endroits là, ça me branche moyen... ma peau de Viking tolère difficilement l'exposition prolongée au soleil, mon surpoids non plus, et puis à part glander sur la plage, y a pas grand chose à faire d'autre. On se lasse vite quoi.

Moi ce que j'aime, ce sont les temps contrariés, ombrageux, menaçants. Ce que j'aime comme mer, ce n'est pas une étendue d'eau sage, sans remous, transparente, qui ne te réponds pas quand tu viens la voir. J'aime les vagues, j'aime les mers sombres, vertes, mousseuses, qui gardent leur mystère. J'aime les mers si puissantes qu'elles ont remodelé à leur guise les terres qui leurs font face. La Terre ne modèle pas la mer, c'est cette dernière qui taille son chemin, dresse son lit comme elle l'entends. Du moins les vrais mers, l'Atlantique nord, pas le pédiluve méditerranéen ou les mers antillaises ou pacifiques. Ces dernières ne sont agitées qu'en cas de typhon ou de tempête, ce qui ne leur offre pas vraiment l'occasion de modeler quoi que ce soit. Et en plus, dans ces cas là, on ne peut pas se baigner...

C'est dans un endroit comme ça que je veux voir le monde se terminer, dans un paysage qui s'y prête. C'est comme si on tournait le Silence des Anneaux à Disneyland, vous voyez. Ça colle pas.

Il y a par exemple la pointe Saint-Mathieu, après Brest, après Plougonvelin, un endroit où, pendant
des siècles, on a vraiment cru que le monde se terminait ici, enfin après la mer, là-bas, et que seuls les fous ne sauraient tenter d'aller au-delà. Bien sûr, historiquement, quand des conneries sont édictées, l'église n'est jamais très loin, et là encore c'était elle qui s'était chargée du boulot. Il n'empêche que quand vous êtes assis au pied du monument érigé en l'honneur des marins perdus en mer - mais non mangé par des monstres marins, gardiens du bout du monde, enfin je pense - , alors que les embruns vous arrosent le visage et que le vacarme des vagues taillant la pierre en contrebas vous empêcherait presque de penser, difficile d'imaginer qu'il y a quelque chose en face.

Il y a l'Ile de Skye, que j'ai en partie visitée il y a un an et demi, une des plus grandes expériences que ma petite vie a pu engendrer, et qui offre des paysages qui semblent s'être préparés à cette éventualité. Voire même avoir déjà connu la fin du monde. Allez voir mes posts de mars 2011, vous verrez. Les Highlands, le bras d'eau entre ces derniers et Skye, donnent vraiment l'impression que le spectacle s'apprête à débuter, qu'on attends juste les trois coups pour que la pièce commence. Une pièce où, pour une fois, on assisterait au démontage du décor.

Ou alors, en haut d'une montagne. En dehors de mon vertige - ce qui, quand vous mesurez 1m92, pose certains problèmes - beaucoup de choses m'attireraient dans le fait de monter le plus haut possible, pour avoir une vue idéale, ne rien rater. En tournant la tête, on voit un versant, puis l'autre. Par exemple, le col d'Ispéguy, grâce auquel vous pouvez regarder d'en haut la France, puis, en se tournant simplement, l'Espagne. Deux vallées, deux pays, et un spectacle sublime. Bon, y a plus haut que ça, mais vous voyez l'idée.

Vous me direz, ce sont des endroits que je connais déjà, et qui, quitte à utiliser le peu de temps qu'il me reste, autant en profiter pour voir ailleurs, découvrir autre chose. Vous auriez peut-être raison, mais perso je réfléchis autrement. Vous savez, quand je disais que j'aimais parfois écouter 20 fois le même morceau musical jusqu'à épuisement, plutôt que passer mon temps à écouter plein de trucs moyens ? Et bien là c'est pareil. Si je choisi un autre endroit, je cours le risque d'être déçu. Vous imaginez, si je vais admettons, je sais pas moi... au bout de la corne de l'Afrique. Ça doit être sympa là-bas, à part les pirates et la sècheresse... admettons qu'en fait, ce soit tout pourri. Et bien croyez-moi, je serais bien dégouté, et je le ferais savoir. Dans ce cas, je préfère assurer le coup avec un endroit que je sais qu'il me satisfera.

J'adore découvrir des endroits, des choses, je suis très curieux et, je crois, du moins je l'espère, quelqu'un d'ouvert. Mais les endroits inconnus, c'est quand vous avez le temps. Les amateurs de musique classique se mettront certainement dans les feuilles un Beethoven ou un Haendel qu'ils aiment, dont ils sont fous, et n'essaieront pas d'écouter autre chose, si ? T'imagines, tu crève sur un Verdi tout pourri, comment t'as raté ta mort ? La découverte, c'est quand vous prenez le risque d'être déçu, en vous disant que si c'est nul, et bien vous irez ailleurs, c'est pas grave. Là, dans notre situation présente, c'est votre dernier voyage, y en aura pas d'autre après. Moi perso, je veux pas prendre ce risque, donc j'irai dans un endroit que j'aime, que je connais, et où je sais que la vue me rendra heureux. Je veux en avoir plein les mirettes, et ce, autrement que par la luminosité solaire. Les pierres, l'eau, voilà ce qui me fait triper.

Bon j'ai trouvé l'endroit, l’Écosse, la Bretagne... mettons l’Écosse, ça fait un voyage en plus. Je débarque demain en fin de matinée (le vol dure 1h30). Bon ok, je serais parti très tôt demain matin, m'embêtez pas. Tout ça en compagnie de mon Amour, évidemment, si elle est d'accord du moins. Je suis à Édimbourg - Edimbrrrra - , je file dans un pub me faire un méga petit dej local. La version large, quoi. Hors de question de mourir avec un petit creux, ça porte malheur. Notez que les petits
creux, ça m'arrive rarement. les gros, un peu plus. Bref, je m'enfile mes saucisses, mes toasts, mes oeufs brouillés, la totale quoi. Déjà, je touche le paradis du bout des doigts. Si j'ai le droit à l'enfer ou si il y a rien après, comme prévu, ce sera toujours ça de gagné.

Puis je prends un bus (non je ne loue pas de voiture, hors de question de conduire à l'envers, ce serait très con de mourir à quelques heures du cataclysme), direction Inverness et les Highlands, puis l'Ile de Skye. Avant, j'aimerais juste voir le château écossais que je n'avais pas pu visiter la dernière fois, le Dunottar Castle, sur la côte est. Ensuite, direction le Loch Ness, dont je suivrais la ligne droite sans le quitter des yeux, comme la dernière fois. Arrivé au sublissime Eilean Donan Castle, je m'arrêterais un peu à son pieds, si la fin du monde me le permets. J'espère qu'on sera en fin d'après-midi, pour la luminosité parfaite. J'espère aussi qu'il n'y ait personne d'autre que nous. Ben quoi, ils sont pas sensés être partis au soleil les gens ? Laissez mon Écosse tranquille, merde !

Et enfin l'Ile de Skye. J'irai voir les Skye Mealt Falls, cette chute d'eau venant de nulle part et nourrissant la mer entre l'Ecosse et son île mythique depuis la nuit des temps, et le Kilt Rock qui l'accompagne. J'admirerais les montagnes, qui abritent si parfaitement le cycle naturel de l'eau, avec ses milliers de petites cascades. Je me poserais là, quelque part sur cette côte, et j'attendrais le début de la représentation.

Vous savez quoi ? Ça me donnerait presque envie que cette vaste fumisterie soit réelle.

Je vous laisse.

vendredi 14 décembre 2012

Dans un trou vivait un Hobbit...

Salut à tous,

Après un an d'attente fiévreuse, ardente et étouffante, le Hobbit est enfin sorti au cinéma. Et depuis mercredi, je l'ai déjà vu deux fois. Voui m'sieur.

Oui je sais, c'est bizarre, mais je fonctionne comme ça : quand je kiffe quelque chose, j'en abuse, je le kiffe à fond, quitte à le faire jusqu'au dégoût. C'est un peu comme ça que je fonctionne avec la bouffe ou la musique. Quand je suis sur un morceau que j'aime bien, je peux l'écouter 15, 20 fois d'affilée, avant de changer. Tant que je ne suis pas dégoûté, et bien... je suis bien, je kiffe. Je préfère ça à tomber sur un morceau que j'aime moins après un super morceau, j'assure le coup.

Le Hobbit, donc. En fait, quand je parle d'un an d'attente, je suis gentil : ça fait neuf ans que j'attends, neuf ans depuis la sortie du troisième et dernier opus de la trilogie du Seigneur des Anneaux, en 2003. Neuf ans que je me mate régulièrement les films, notamment le premier et le troisième, les meilleurs, histoire de patienter jusqu'à l'adaptation du roman originel, le Hobbit, donc, dont l'annonce avait été faite justement au moment de la sortie des trois films. Depuis, je n'attends plus que ça (avec chaque saison de Dexter et le prochain titre de champion du PSG - en fait, je suis tout le temps en attente).

Je pense que j'ai déjà du parler de la Trilogie de l'Anneau ici - si c'est pas le cas, c'est vraiment pas de bol, mais c'est pas comme si j'allais vérifier non plus, hé. Bon, comme je vous aime bien, j'ai vérifié, et a priori non, je n'en ai pas parlé, pas dans un post spécifique en tous cas. Mais j'ai sûrement du le mentionner à un moment ou à un autre, en cinq ans, franchement... Bref, en tous cas je n'ai
probablement pas parlé du Hobbit, qui est, comme je l'ai dit, le roman qui a inspiré la trilogie, près de 20 ans avant la rédaction de cette dernière.

JRR Tolkkien avait un fils, Christopher - qui, après la mort de son père, dans les années 70, rassemblera des textes inachevés de son père et les publiera - pour qui il écrira un comte pour enfant, en 1937, qui commence par ces simples mots : "
In a hole in the ground there lived a Hobbit". Dans un trou vivait un Hobbit. Pouvait-il imaginer ce que ce spécialiste des langues anglaises et scandinaves allait créer, à la suite de ces simples mots ? Le roman parle de Bilbo, un paisible Hobbit - ils sont tous paisibles, à la base - embrigadé par une douzaine de nains, emmenés par Thorïn Oakenshield (Ecu-de-Chêne) et un magicien, Gandalf, pour aller reconquérir la montagne de ces derniers, qui se trouve être leur ancien Royaume, Erebor, hébergeant encore leur immense trésor, mais qui leur a été volé de longues années auparavant par un dragon, Smaug. Voilà la trame de départ. La suite, c'est un SPOILER.

Ils devront pour cela affronter des trolls, puis traverser les Monts Brumeux, une forêt infestée d'araignées géantes, puis échapper aux Elfes - bien moins sympathiques que d'ordinaire, notamment dans le SDA - qui les tiennent prisonniers à la sortie de la forêt, et enfin s'infiltrer dans la Montagne Solitaire pour atteindre le trésor des nains. Smaug, de son côté, devient fou de rage lorsqu'il voit que des cambrioleurs tentent de lui piquer son blé, et pour la peine s'en va attaquer la ville que les Hommes, délogés de la ville de Dale, qui se situait tout près de la montagne, au moment où le dragon était arrivé, avait construit sur un lac un peu plus au sud, Esgaroth. Là, il commence à tout casser, tout brûler, mais le chef des gardes, un dénommé Bard, lui tire une flèche fatale au milieu de son gilet de diamant, pile dans le cœur, et le tue. C'est la fin de Smaug.

Pendant ce temps, les nains et le Hobbit - Gandalf, attiré par une affaire urgente, les a quitté avant la
forêt - sont toujours cachés dans la montagne, ne sachant pas si le dragon est toujours là. Finalement ils descendent et constatent que le trésor n'est plus surveillé par Smaug. Ils tentent une sortie, et sont alors avertis que le dragon est mort, et voient également que les Hommes et les Elfes ont décidé de se rendre à la Montagne Solitaire pour réclamer la partie du trésor qui leur revient légitimement, rien que pour avoir occis Smaug, entre autres. Mais Thorïn, jusque là valeureux et honorable, se comportera en Nain ordinaire en se barricadant dans la montagne, avec son or, et refusant de lâcher le moindre écu. Il envoie également des messages vers son cousin du nord, dans les Monts de Fer, le dénommé Daïn, qui viendra en renfort avec son armée.

On est au bord de la guerre, quand surgit au loin deux armées, une d'Orcs - qui ont subit de lourdes pertes à cause de Gandalf lors du passage de ce dernier et des Nains dans les Monts Brumeux, et qui veulent se venger - et une autre formée de Wargs, des loups gigantesques et affreux, affiliés aux Orcs, qui les montent souvent. Les trois peuples, Hommes, Elfes, et Nains, s'allient alors pour les affronter, et après une grande bataille - la Bataille des Cinq Armées - ils l'emportent. Mais dans l'affaire, Thorïn, ainsi que ses deux jeunes neveux, périront au combat. Tout cela nous promet évidemment un très beau troisième opus...

Une fois cette bataille gagnée, Bilbo rentre chez lui avec Gandalf, et avec deux caisses de pièces d'or. Il rentre surtout avec un objet au combien plus précieux, glané dans les tunnels des Monts Brumeux, après avoir vaincu le dénommé Gollum au jeu des devinettes, avant de lui échapper grâce à cet objet, justement : un anneau, l'Anneau de pouvoir forgé par Sauron, qui sera l'enjeu de toute la Trilogie qui suivra, 18 ans plus tard. Voilà ce qui a découlé de ce simple conte pour enfant, qui se
révèle être un excellent roman, passionnant, et qui se dévore en quelques heures.

Pour les passionnés de la Terre du Milieu, l'adaptation de ce livre était un puits d'espérances. Comment Peter Jackson, aussi doué soit-il, allait-il pouvoir adapter un bouquin aussi différent, finalement, de la trilogie du SDA ? Il ne fait même pas 400 pages en édition de poche, est beaucoup moins fourni que les trois pavés qu'il avait déjà adapté... et je le répète, ce livre est beaucoup moins sombre, beaucoup plus enfantin, malgré la fin tragique de certains de ces héros, que la trilogie.

Récemment, j'ai appris qu'il l'avait adapté sous la forme d'une... trilogie. Quoi ? Une trilogie ? Et de films durant presque trois heures, en plus ? C'est-à-dire qu'il avait logiquement galéré pour réaliser trois films des énormes trois parties du SDA, en enlevant nombre de choses pour synthétiser - notamment Tom Bombadil, dans le premier opus - , il allait donc devoir faire exactement l'inverse pour tirer plus de 8 heures de film d'un roman de 400 pages ! Broder, quoi. Et c'est vrai qu'il a brodé, à la vue du film, mais pas que.

Voyez-vous, au début du Seigneur des Anneaux, Tolkkien raconte beaucoup, beaucoup de choses, avant que la véritable action ne débute, ce qui rend d'ailleurs la lecture de la Communauté de l'Anneau plus fastidieuse que les deux autres. Il décrit en grands détails les Hobbits, leur monde, leur Histoire ; comment et quand sont-ils arrivés dans la Comté, comment ils vivent, quelles sont leurs traditions, jusqu'à réserver un paragraphe entier sur leur Herbe à Pipe, etc. Il raconte aussi ce qu'a fait Gandalf, entre le moment où il a quitté les nains à l'orée de Mirkwood, la forêt peuplée d'araignées, et le moment où il est revenu, juste avant la Bataille des Cinq Armées : il est allé chasser un certain nécromancien du sud de cette même forêt, et qui se révèlera être Sauron, en train de regagner sa puissance, et qui sera obligé de quitter la forêt pour retourner au Mordor, sa terre originelle d'où il avait été chassé - et quasi tué, son esprit étant à peine sauvé par la survie de son Anneau magique - près de 3000 ans auparavant, par les Hommes et les Elfes. Tout cela ne figure pas, ou très peu, dans le Hobbit, mais au début du SDA.

Et c'est tout cela qui servira manifestement à Jackson pour étoffer son Hobbit, et en faire une épopée que n'était pas forcément le roman originel. Au début, lorsque Gandalf tente de convaincre Bilbo de les accompagner dans cette quête si dangereuse - et si éloignée des goûts prudents et sages des
Hobbits - il lui parle de ses ancêtres, qui furent parfois de grands guerriers - chose qui n'est racontée que dans le SDA. Ensuite, nous voyons Radagast, un des cinq magiciens - avec Saroumane et Gandalf, entre autres - qui lui est resté dédié à la Nature et vit en ermite dans la forêt, aux prises avec un maléfice, notamment des araignées qui attaque sa forêt et les animaux qui y vivent : la fameuse Mirkwood. Dans les romans, Radagast est très brièvement mentionné, et ne joue absolument aucun rôle. Et la calamité qui attaque sa forêt - Sauron, on le comprendra vite - n'est que très peu mentionnée dans le Hobbit, et on sait de quoi il s'agit uniquement en lisant le début du SDA. On devine que dans les prochains opus, on verra Gandalf et ses alliés - sans doute Elrond, Radagast, Galadriel et peut-être même Saroumane, pas encore rallié à l'ennemi, tous ces personnages, hormis le premier, ne figurant pas dans le Hobbit - affronter le Nécromancien-futur-Sauron, ce qui devrait fournir pas mal de belles scènes au film.

Pour ce qui est du film sorti mercredi, c'est évidemment une œuvre superbe, au moins sur le plan esthétique. Les paysages sont une nouvelle fois parfaits, somptueux, majestueux...  on revoit le Rivendell d'Elrond, les Monts Brumeux, etc. Les personnages, quant à eux, sont plutôt réussis. On retrouve Ian McKellen parfait en Gandalf, le magicien à la fois bougon et malicieux, et un découvre un jeune Bilbo parfaitement interprété par le dénommé Martin Freeman. Je ne le connaissais pas, mais je dois dire qu'il ne pouvait pas mieux le jouer : trouillard puis courageux, peu sûr de lui, drôle... bref, il est nettement meilleur que le Frodo de la première trilogie, joué trop dramatiquement par le trop jeune Elijah Wood.

Les Nains, eux, sont quasi parfait. Un autre inconnu - de ma part en tous cas, Richard Armitage, joue plutôt bien Thorïn, ce prince des Nains spolié de son Royaume et son trésor, ombrageux, peu commode, dur mais juste. On le voit déjà- SPOILER - passer du mauvais côté à la fin, avant de finalement se montrer courageux et de mourir en martyr. Les autres Nains sont plutôt réussis, avec un très bon Balïn, dont Gimli, fils de Gloïn, un des participants à l'aventure, trouvera la tombe dans les mines de la Moria dans le SDA. Dommage que Jackson n'ait pu s'empêcher de mettre un beau gosse dans l'affaire, en la personne d'un des deux jeunes du groupe, Kili, frère de Fili. Pas de barbe, une tronche de jeune premier... bref, il a rien d'un Nain, à part la taille. Mais les adolescentes - elles étaient bizarrement nombreuses dans la salle, hier - seront contentes, c'est l'essentiel j'imagine.

Il y a aussi pas mal de chansons, qui étaient absentes dans le SDA, alors qu'elles sont tellement nombreuses dans les romans. Tout le monde n'arrêtent pas de chanter dans les livres, ça devient même limite pénible, parce qu'un texte sans la musique, bon... mais dans le film, c'est pas mal du tout, notamment le chant des Nains.

De leurs côtés, les Orcs, eux, sont particulièrement laids. Ils n'étaient déjà pas très beaux dans le SDA, là, ils sont carrément au top de l'horreur. Leur chef dans les Monts Brumeux atteint des sommets, puisqu'en plus d'une collection de furoncles des plus seyants, il se coltine un goitre tellement long qu'il marche presque dessus. Lui, il est vraiment gratiné, vaut mieux pas avoir mangé avant. Par contre, Jackson leur a donné une importance trop grande, à l'image du dénommé Azog, qui a un rôle mineur dans le Hobbit. D'ailleurs, les Nains n'arrêtent pas de se battre, contre eux mais aussi contre les Trolls, etc, alors que dans le roman, ben ils ne sortent pas une fois leurs épées, hormis lors de la Bataille finale, sauvés qu'ils sont à chaque fois par Gandalf ou par l’ingéniosité de Bilbo. Là, ils n'arrêtent pas, ils massacrent de l'Orc à tout va, Kili est devenu un archer hors-pair...

Bref, je crois que Jackson a voulu faire un Hobbit à la sauce SDA, avec à la fois le côté féérique et merveilleux du roman, mais aussi de l'action, beaucoup d'action, alors qu'il y en a finalement pas tant que ça dans le roman. Ils vivent des aventures, mais s'en sortent toujours par une pirouette, ou aidés par d'autres. Je suppose que pour créer trois longs films de ce bouquin de poche, il ne pouvait pas faire autrement.

Bon voilà, je suis partagé. Je pense que ces films pouvaient être moins longs. Mais ça reste des divertissements d'une exceptionnelle qualité, avec des personnages remarquables. Pour celui qui ne connait pas les romans, c'est parfait. Pour ceux qui les connaissent, en revanche, les différences sautent vite aux yeux, logique. Ceux qui avaient lu les Millenium avant de les voir au ciné avaient aussi été déçus, alors que moi j'avais adoré. Mais finalement, combien parmi les dizaines de millions de spectateurs qui vont voir les films ont lu le Hobbit ? Déjà, le Seigneur des Anneaux...

Voilà, allez le voir hein ! En espérant ne pas vous avoir trop spolié !

Je vous le laisse.

jeudi 29 novembre 2012

Mon ami François

Salut à tous,

Il y a quelques semaines, nous avions découvert que l'Elysée ouvrait ses jardins le dernier dimanche de chaque mois, et ce gratuitement. Nous avions donc décidé de participer à la deuxième édition de ce qui est forcément, quelque part, de la com présidentielle. N'empêche que visiter un lieu de pouvoir aussi prestigieux, c'est quand même pas banal. Moi, perso, je ne peux pas résister à ce genre d'attraction.


On avait déjà essayé de visiter l'Elysée l'année dernière, pour les journées du patrimoine, mais les cinq heures de queue nous avaient découragé assez vite. En plus à l'époque c'était Sarkozy le locataire, et je n'étais pas non plus emballé de le voir en vrai... Là ce n'étaient que les jardins, la queue était nettement moins impressionnante, mais au moins je ne risquais pas de croiser le moindre nabot populiste. D'ailleurs, y avait peu de chance que je ne rencontre aucun président de la République, genre en train de biner son jardin ou faire trempette dans sa fontaine. Du moins, a priori.

Après avoir acheté des churros au marché de noël qui longe le bas de la plus belle avenue du monde - et qui est déjà noir de monde - , on rejoint donc la file qui poirote devant l'Elysée, à quelques hectomètres de là. On est 4, et même 5, puisque nos amis M&R, et leur adorable gamine L., nous accompagnent dans cet étrange périple. On nous annonce une heure de queue, mais ce sera deux fois moins en fait. Juste le temps de prendre une ou deux photos du grand palais illuminé par le soleil couchant - oui, fin novembre, le soleil est déjà couchant à 15h - , ou de cet improbable atelier massage qui s'est ouvert juste à côté de la file... ah si on avait fait ça devant les boucheries pendant la guerre, l'occupation aurait été une formalité, c'est sûr ! ...

C'est donc plus vite que prévu notre tour, et c'est tant mieux, on peut ainsi parfaitement profiter de ce splendide temps que nous accorde ce mois de novembre gris et humide, comme tous les mois de novembre. C'est donc une fontaine guillerette et des jardins verdoyant qui nous accueillent dans cet ancien hôtel particulier - c'en est toujours un, dans un sens - , situé à un jet de talonnette du studio Gabriel cher à Drucker. Il fut le cadeau de Louis XV à la Pompadour - pas facile à déballer les cadeaux, à l'époque - avant de devenir le lieu de pouvoir des chefs d'état français sous Napo III. Bref, c'est pas le Formule 1 de la Porte Champerret.

Ecoutez, franchement ce n'est pas Versailles, mais c'est quand même très, très impressionnant d'être là. Contrairement à l'ancien château de Louis XIV, ceci n'est pas une coquille vide, désormais uniquement dédiée à l'accueil de plusieurs centaines de milliers de touristes par an : c'est un lieu où, chaque jour, des décisions se prennent, où régulièrement les leaders de ce monde se rendent, où chaque semaine le gouvernement de la France se réunit... un lieu qu'on voit quasi quotidiennement sur les chaînes infos, même si on le voit en général plutôt d'en face, pas des jardins. Pour voir les jardins, faut aller dans une mairie et voir la photo officielle de Hollande. Bref, comme l'Assemblée Nationale, que je rêve également de visiter, notamment un jour où les députés sont là, c'est un lieu de pouvoir, perpétuellement dans l'actu. Et ça, ça vous met les poils en l'air.

Nous voilà donc dans les jardins, à marcher sur une pelouse pas mal grasse et même un peu boueuse - il n'a pas toujours fait beau ces derniers temps, mais quand même - quand tout d'un coup nous voyons les gens, qui se situaient près du palais, soudainement se regrouper à un endroit, tandis que d'autres, un peu plus éloignés, se mettent à courir vers l'attroupement. Incrédules mais présageant assez vite de la nature de cet évènement qui serait capable de faire courir dans la pelouse boueuse des Parisiens bien élevés, on cède à la mode locale et commençons à nous rapprocher à notre tour, de plus en plus vite. Malgré mon manque de pratique depuis un an, je me surprend même à courir. Tous les gens se regroupent autour de quelque chose ou quelqu'un, et c'est sûrement pas Marisol Touraine qui se serait perdu. A priori.

Notre intuition se confirme à notre arrivée au niveau du troupeau qui s'est désormais formé autour de l'évènement... François Hollande, vous savez, le Président de la République, je suis sûr que ça vous dit quelque chose même si ça fait que six mois qu'il est là, a choisi notre heure de passage pour aller faire un tour dehors, saluer les visiteurs en toute simplicité, juste entouré par une demi douzaine de gardes du corps équipés d'oreillettes, discrets mais réels.

Il n'est pas très grand, mais pas aussi petit de qui-vous-savez, du coup même moi je dois tendre mon cou pour apercevoir le crâne présidentiel - et un peu déplumé aussi. Il est accompagné par madame, Valérie Trierweiler, tout sourire et en pleine phase "je dois plaire aux Français parce que pour l'instant ils hésitent entre Bachar El Assad et moi pour savoir qui est le plus sympa des deux". Hollande - oui, le Président, vous savez - prends des photos avec les gens, qui se pressent autour de lui autant que la sécurité le permets. Désolé de le dire, mais il est très affable, très proche, et la légende comme quoi il aime peut-être plus serrer des mains que son "mentor" corrézien, Jacques Chirac, n'est pas une légende, justement. On sent qu'il kiffe ce bain de foule, impromptu ou non. Il distribue les "oh mais vous êtes chez vous vous savez !" On se doute qu'il n'a que des électeurs acquis autour de lui, et que donc il ne risque pas grand chose au niveau réclamations ou questions qui fâchent, et que nos sacs ont été méticuleusement fouillés après que nous soyons passés au travers de portiques de sécurité digne d'un aéroport, mais quand même, on ne sait jamais. S'il a peur d'un mauvais coup - ce serait facile -, il ne le montre pas en tous cas.

Je tente évidemment une avance. D'accord, les jardins ouvrent tous les mois, mais qui nous dit qu'il sort du palais à chaque fois ? Probablement que si, mais faut tomber à la bonne heure alors ! Bref, je n'ai pas non plus l'intention de venir tous les mois me cailler les miches au bas des Champs. Donc, autant profiter de l'aubaine. Hollande est en mode zig zag, il avance sur son perron au gré des poignées de main et des prises de photo, parfois effectuées par Trierweiler elle-même... c'est énorme. Ma copine M parvient à se faire prendre en photo avec sa fille - qui s'en fout d'une force complètement comique, ce sera marrant de voir sa réaction dans quelques années, quand elle reverra la photo et connaîtra l'Histoire de France - , j'arrive à mon tour tout près du chef de l’exécutif, quand je me rends compte qu'aucun appareil photo ami n'est dans les environs, et je n'ai plus de place dans mon téléphone... la foule est dense, on s'est dispersé. Je recule et file chercher quelqu'un pour immortaliser la rencontre. J'y retourne ensuite avec M, et décide de renouveler la même tactique qui m'avais réussi la première fois : saisir la trajectoire présidentielle, et se planter dans la foule mouvante, en face de lui, en attendant le point de rencontre, inévitable. Et le voilà devant moi, tout d'un coup.

Comme aux 50 personnes précédentes, minimum, il me demande d'où je viens. Je réponds les Yvelines, il me dit "oh ben c'est pas loin" ! Fort en géo en plus, il est vraiment parfait pour le job ce mec. Je lui demande si on prend prendre une photo, il me fait "bien sûr !" Génial. Cette semaine, des ministres ont du lui demander des arbitrages, des syndicalistes ont du lui réclamer des trucs, Valérie lui a peut-être demandé de faire la vaisselle... et moi je lui demande une photo, et il dit oui. J'aurais été vexé qu'il dise non, vu qu'il en avait fait une cinquantaine avant, mais quand même...

M prends une première photo, puis se marre : "allez, faut sourire hein !", juste pour faire marrer les gens, et ça marche. Deuxième photo, clic clac, et me voilà pour l'éternité numérique pris en photo avec le septième président de la Ve République, le dirigeant de la 5e puissance mondiale et membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU. Bref, c'est plus une huile, c'est un champ d'oliviers. Quitte à perpétuer une image végétale, je dirais que j'ai gardé la banane durant tout le reste de la journée. Je crois que dans 10 ans, je continuerais d'être effaré par cette photo. Vous imaginez une photo de vous petit avec Giscard ou Mitterand ?

Avec Teddy Riner, ça fait deux, quelle année !


Bref voilà, sur ce je vous laisse, euheuh.

jeudi 22 novembre 2012

James Bond, retour aux sources

Hello à tous,

Un petit post ciné, ça vous dit ? Et pas du petit ciné à la Française genre on passe notre temps à table, ou collé à une fenêtre ou assis sur une plage sous la pluie, non, du ciné comme on aime en consommer sans modération, même si on sait que ça a coûté beaucoup de blé et qu'on va manger du placement de produits à plein tube : Bond, James Bond.

Le dernier est génial, tout simplement. Vu qu'on n'avait pas vraiment vu les deux précédents avec Daniel Craig, on a vite fait rattrapé ce retard, même si on sait qu'en temps normal, les James Bond ne se suivent pas du tout, et qu'on peut les regarder dans le désordre tout en comprenant tout, puisque les histoires n'ont quasiment aucun lien entre elles, à part le héros et, parfois, le méchant. Sauf qu'on a bien fait en fait, vu que les deux premiers Daniel Craig sont directement liés l'un à l'autre, ils se suivent même directement dans le temps, ce qui n'est pas commun, je l'ai dis. En revanche, le troisième sorti cet automne n'a pas de lien avec les deux premiers.

Les films avec Craig sont tellement différents de ceux, tellement plan plans et rasoirs, d'avec Pierce Brosnan (le pire 007 de l'histoire, selon moi, et pourtant y avait Roger Moore en concurrence...) qu'on a l'impression qu'il y a 30 ans entre les deux séries de film. Daniel Craig est quasi inexpressif, il est
violent, ultra physique et ses films offrent un spectacle, notamment des scènes de bagarre ou des poursuites, en voiture ou à pied, d'un niveau assez exceptionnel, et pour tout dire jamais vu dans des James Bond avant ça. Bref, en plus du dépaysement, des paysages, des intrigues et des jolies nanas, on a un truc en plus dans les trois derniers de la série : de l'action, de l'adrénaline. Et on kiffe vachement.

Pour en revenir à Craig en lui-même, c'est vrai qu'on assiste à un tournant. Il est moins drôle façon britannique que les autres, et dans ce registre il rejoint un peu plus Sean Connery, celui qui incarne littéralement James Bond selon moi, et qui n'a jamais été remplacé. Il est extrêmement musclé, ce qui change également, n'est pas poilu, et là il rejoint plutôt Roger Moore (qui, en revanche, avait à peu près 150 ans pendant sa période, ce qui le rendait aussi physique que le héros d'un film de Godard), tout comme le fait qu'il soit blond. On a tort de penser que la tradition en souffre : dans les romans de Ian Flemming, il est blond, justement. Perso je le trouve très bon, y en avait marre de ce Brosnan qui minaudait avec ses costumes cintrés de maître d'hôtel, et jouait de ses sourcils toutes les trois minutes.

Une tradition est vraiment bafouée, on peut à la fois le regretter (parce que c'était une source d'amusement) et s'en féliciter (parce que c'était ridicule) : maintenant, quand James Bond se bat, qu'il nage dans l'eau, et bien il est décoiffé, blessé, mouillé. Ce qui n'était pas le cas des autres, qui ressortaient de n'importe quelle situation difficile aussi bien coiffé qu'avant un cocktail chez Maxim's. Quand Craig a une cicatrice, il la porte, et ça lui rajoute de la virilité, lui qui semble déjà être tombé dedans quand il était petit.

Les deux premiers opus de la nouvelle série avait cédé à la mode de faire des "... begins", c'est-à-dire la genèse des héros. Ces 25 dernières années, on a eu droit à un Batman begins (mais à deux Jokers), deux Spiderman begins, un Superman begins... sans parler des Star Wars, qui se situaient également avant la première trilogie. Bref, toujours le même truc, suffit qu'un truc fonctionne pour que tout le monde fasse pareil... Donc voilà, le jeune James Bond débute dans le premier, Casino Royale : il aime pas se mettre en costard, ne boit pas de martini super compliqué, etc. Et il va devenir le James Bond qu'on connait durant ce film, puisqu'il doit s'habiller et boire pour affronter le Chiffre au poker... le second, Quantum of Solace, fait immédiatement suite au premier, puisqu'il doit retrouver les vrais méchants dans l'affaire, et notamment ceux qui ont tué sa copine Eva Green (sublime).

Skyfall est complètement différent. Après deux films où Bond débute, le voilà présenté comme usé, sur le retour... tout comme M, magistralement interprété par Judith Dench, qui y a un rôle comme jamais elle n'a eu, qu'il fut un homme ou une femme, et même quand elle était enlevée par Sophie Marceau dans les années 90, avec Pierce Brosnan...

Ce qui est génial dans ce film qui marque les 50 ans de la franchise, c'est le retour aux sources total qu'il offre. On y voit le retour de Q (qui a genre 20 ans dans le film, un geek de première), de Moneypenny (une black, pour remplir le cahier des charges), de l'Aston Martin, et surtout une fin de film entièrement tournée en Écosse, dans les Highlands, d'où vient James Bond à l'origine. Et là,
forcément, je peux vous dire que j'étais aux anges... mes Highlands adorés étaient filmés comme dans mes rêves, qui sont devenus des souvenirs. Il y a vingt mois de cela, j'étais là-bas, et j'en rêve encore la nuit. Ces collines escarpées, à l'herbe rare, couronnées de nuages et de bruine... quelle merveille. Rien que pour toute cette fin, j'ai envie de le revoir. Et d'y retourner, bien entendu. J'ai envie d'y retourner, très, très vite. Et cette fois, je ferais que les Highlands, pas Edimbourg. Un road trip jusqu'au bout du monde et sur l'Île de Skye. J'en bave, mes amis.

Bref, on assiste également à un changement de M, ce qui n'était plus arrivé depuis les débuts de Pierce Brosnan, en 1995. A l'époque, la nomination d'une femme à ce poste avait démontré une volonté de féminiser un peu un ensemble terriblement machiste. C'est d'ailleurs la gageure de la série depuis une vingtaine d'années, maintenant que les mentalités ne tolèreraient plus un héros qui feraient tomber les minettes en claquant simplement des doigts. Ça ne passerait plus, logiquement. Sauf que ça faisait partie de la panoplie de James Bond, c'était même son essence, son ADN. Si James Bond ne couche pas au moins avec la James Bond girl, c'est plus qu'une tradition qui tombe... c'est comme si les Jedis se battaient avec des bouts de bois pour pas se faire mal, vous voyez. Du coup, les scénaristes doivent jongler entre la force de la tradition et les obligations modernes de féminisme. Pas simple. Et à l'époque, l'arrivée de Judi Dench en M, soit sa patronne, marque véritablement ce changement : elle dit clairement à Bond qu'elle n'aime pas sa façon de se conduire avec les femmes, et lui dit qu'il est ringard, un des derniers vestiges de la Guerre Froide. Difficile aujourd'hui de dire ça de Daniel Craig, qui se balade avec des tablettes tactiles, et ce malgré sa ressemblance troublante avec Vladimir Poutine...

Bref, voilà une franchise qui parvient s'adapter à son temps, elle dont le thème, justement, semblait difficile à concilier avec les changements de la société. Pourtant, 50 ans après, il est toujours là, et c'est de plus en plus un régal d'aller les voir au ciné... alors que j'y allais un peu à reculons avec Brosnan... et avant j'étais trop jeune :p Bref j'ai hâte de voir le prochain !

Je vous laisse.

mardi 6 novembre 2012

Sixty years

Salut à tous,

Comment ça va bien ? Moi ça va nickel, si on excepte le froid et l'approche de Noël, merci de demander !

Comme un vulgaire jeunot, je viens de passer mes deux derniers week-ends hors de chez moi. Laissez-moi vous raconter le premier d'entre eux, celui en huit comme on dit, avant que je ne vous raconte, peut-être, le second.

Il s'agissait de revenir dans le village yvelinois de mon enfance, mon adolescence et le début de ma vie d'adulte, Issou, situé entre Meulan et Mantes, si on regarde largement, pour y fêter les 60 ans de mon papa et de ma tante, qui, comme vous l'avez très certainement deviné, sont jumeaux. Les fêtes familiales, c'est aussi l'occasion, trop rare à mon goût, de revoir les membres de ma famille, tels que mes parents évidemment, mes trois frères, mon cousin, ma cousine, les cousins des cousins, les amis de la famille... bref, rebrancher, même temporairement, la lampe à nostalgie, pour revoir tous ces visages qui ont constitué ma vie quasi quotidiennement pendant plus de 20 ans, voire plus.

Pour mon Amour et moi, lorsqu'on va dans cette direction, on a deux solutions : soit aller directement à Issou en train, ce qui constitue un voyage long et fastidieux, qui passe par un changement tout aussi long et fastidieux par la guillerette gare de Conflans-Fin d'Oise, par laquelle j'ai transité pendant des années pour aller à la fac de Nanterre, soit aller à Poissy, beaucoup moins loin de chez moi, et que quelqu'un ait la grande bonté de venir nous chercher. Des problèmes de train - extrêmement fréquents depuis la rentrée, en partie en raison d'un nombre important de suicides, et je ne blague même pas - nous privant d'un trajet à Mantes, je suis contraint de demander à mon cousin, A., s'il peut venir nous chercher à Poissy, ce qu'il accepte volontiers.

Voyez-vous, si je devais trouver quelqu'un qui aime plus conduire que moi, ce serait lui, et pour cause : c'est son métier depuis qu'il travaille, ou presque. D'abord comme représentant pour une célèbre boîte de Roquefort, habitué à rouler sur les petites ou grandes routes de province, et maintenant comme... moniteur de stage de voitures de course, vous savez, ces cadeaux qu'on offre à nos papas quand ils sont fans d'automobile, genre conduire une Ferrari sur un circuit, etc. Et bien mon cousin, après un an d'apprentissage, il va faire ça comme métier, et c'est peu dire qu'il kiffe déjà à l'avance, lui qui est mordu de belles voitures depuis toujours. On peut donc considérer qu'un petit aller-retour Porcheville-Poissy un samedi après-midi, ça ne le dérange pas vraiment : toutes les
occasions sont bonnes pour conduire. Je ne vous cache pas que, même si je n'y connais absolument rien en voiture, je partage avec lui l'amour de la conduite. Pas forcément rapide, mais tracer la route, c'est quelque chose qui me fera toujours triper. Et qui ne cesse de me manquer depuis que ma santé financière m'interdit littéralement de posséder une voiture.

Il fait froid, gris et humide face au buste de Pompidou qui orne le parvis de la gare de Poissy, et nous nous attendons à voire débarquer A. au volant d'une de ses voitures pas forcément rutilantes, mais racées et élégantes qu'il chéri d'ordinaire. C'est donc avec un amusement non dissimulé - et partagé avec lui-même, bien conscient du comique de la situation - que nous le voyons arriver dans un pot de yaourt noir et informe, dans lequel je voyagerais le menton coincé entre les genoux, fruit d'un emprunt imposé par la présence de son véhicule habituel au garage. Ne me demandez pas le marque, c'est le genre d'information qui fait la jonction entre mes deux oreilles, sans passer par le cerveau, à vitesse lumière. Ça ne l'empêchera pas de pousser sa voiture d'un jour à plus de 100 à l'heure sur les petites routes de campagne qu'il emprunta pour éviter les départs en vacances encombrant logiquement l'autoroute A13 un samedi après-midi. Déformation professionnelle...

Malgré la démonstration que s'il peut pousser une voiture aussi pourrave à plus de 100 en quelques secondes, il peut faire des merveilles avec un véhicule créé pour ça, on arrive malgré tout en un seul morceau à Porcheville, chez ses parents - mon oncle et ma tante, donc - , où nous attendent sa
femme et son fils, "vieux" de six mois. Un petit bout adorable, un de plus, rejoignant la garnison de mioches délicieux qui embellissent mon quotidien depuis un dizaine d'années maintenant. Pas farouche, et aimant balancer par terre son doudou pour faire criser son jeune papa, qui me rend quand même 10 années pile.

Après cette jolie visite, direction la salle des fêtes où se déroulera la nouba, à à peine une centaine de mètres à vol d'oiseau de ma maison d'enfance, aujourd'hui occupée par des inconnus. Cette salle des fêtes assez moche et quelconque fit longtemps partie de la vue que m'offrait ma fenêtre d'enfant, avant qu'une autre salle de fête, celle-ci d'une laideur absolument infâme et d'une taille telle qu'elle bouchait quasi intégralement ma vue, hormis le bout de la rue avec le stade, en me tordant la tête vers la gauche, vint définitivement gâcher mes séjours quotidiens à ma fenêtre. Plutôt rester assis dans ma chambre à regarder la télé ou dessiner que jeter un œil dehors, et voir l'énorme dinosaure de béton me regarder avec l'air de dire que si je n'étais pas content, j'avais qu'à baisser le store. Ce que je faisais, en général.

A notre arrivée à la salle de fêtes - la première, celle dans laquelle j'ai malgré tout de jolis souvenirs enfantins de fêtes - je constate que le stade a été baptisé "complexe Colette Besson", et que la salle, elle, a été pompeusement nommée "salle Sidonie Collette". Aucun lien, mais j'ai trouvé la concordance des noms assez savoureuse. Comme si on avait appelé un jardin "Lambert Wilson", et la fontaine qui l'orne, "Christophe Lambert". Bref, une sacrée promotion pour un cube de taule et de béton, mais après tout pourquoi pas ! C'est toujours mieux que "salle Dany Brillant" ou "salle Brice Lalonde". En plus ça me permet d'apprendre le prénom de Colette, ce qui n'était pas prévu au départ de cette expédition.

Ca me fait penser que quand j'étais gosse, mon école se nommait "Ferdinand Famy", et du haut de ma petite culture à faire, je croyais logiquement que ce monsieur était terriblement célèbre, vu qu'il avait une école à lui, comme lorsque en colonie, lorsque les autres mioches me demandaient où j'habitais, je disais "Issou, à côté de Gargenville", comme si cette précision géographique suffisait à indiquer mon lieu de résidence à n'importe quel gosse de la Terre. Issou, c'était forcément pas connu, mais Gargenville, oui, évidemment. C'était tellement plus grand... En fait, Ferdinand Famy était un maire d'Issou dont la longévité a évidemment bien mérité que son nom figurât sur le fronton de la jolie école de son village. Mais dont la notoriété particulièrement locale ne permet que de retrouver de vieilles photos de classe lorsqu'on tape son nom dans Google... et même pas les miennes en plus, quelle déception.

On entre dans la salle vers 16h, elle est déjà quasiment prête pour nos libations. Malgré tout, mes parents, ma tante, mon oncle et quelques amis proches y sont encore très actifs. Nous claquons quelques bises, constatant avec plaisir que le temps ne semble pas vraiment avoir de prise sur la génération précédente, ainsi que sur la mienne. Malgré la rareté de nos retrouvailles, ils ne semblent pas changer, et c'est tant mieux. A noter que les "seniors" gardent plus facilement leurs cheveux que leurs gamins. Ça, faudra m'expliquer à quel moment ça a merdé !

Une fois ces embrassades effectuées, je pique la voiture de mes parents pour aller rendre visite à ma grand-mère, hospitalisée à Mantes pour un AVC, et du coup privée de l'anniversaire de ses enfants. Déjà qu'elle n'était plus un monstre d'optimisme depuis la mort de mon grand-père, il y a quelques années maintenant, mais là je peux comprendre que son moral ne soit pas très bon, après un tel coup du sort. Je la retrouve dans une forme physique supérieure à ce que je m'attendais, c'est-à-dire pas extraordinaire mais ça va quand même à peu près, mais le moral est à zéro, surtout que ses enfants, après être venus tous les jours la voir, ne peuvent pas venir aujourd'hui en raison de la préparation de la fête, même si mon père ira la voir un peu avant quand même.

Je repars une demi-heure plus tard, le moral dans les chaussures, et bien loin d'avoir envie de mettre une cravate à paillettes pour respecter le "dress code" de la fête : les années Disco. Les hôpitaux, c'est rarement la fête à neuneu, et les infirmières ressemblent rarement à Katherine Heigl, en plus, même si leur boulot est d'une dureté parfois terrible. Tenir compagnie à ma grand-mère, alors que cette dernière est privée des 60 ans de ses enfants... ça n'a pas du être une sinécure.

Retour à la salle, où nous ne restons pas longtemps. Nous allons nous préparer chez ma cousine, qui vient d'acheter, avec son mari et ses deux fils, une grande maison dont ils aménagent l'étage pour que leurs deux gosses puissent jouir de deux belles chambres dans les années à venir. C'est drôle, parce que cette maison figure sur mon trajet historique pour aller acheter le journal et ses cigarettes à mon père, quand j'étais môme (oui, le vendeur du tabac local acceptait de vendre une cartouche entière de Gauloises sans filtres à un môme, c'est ça les villages où tout le monde se connait...). Elle se situe également à un jet de pierre de la maison de mon ami d'enfance, Cyril, que je n'ai pas revu depuis... au moins 10, voire 15 ans. Voire plus. Il n'empêche qu'à l'époque, je passais mon temps à jouer avec lui, devant chez moi ou devant chez lui. Je connais donc cette maison, sans la connaître, puisqu'elle a toujours été cachée par une immense haie, qui m'a toujours fasciné. Il a fallu que ma cousine achète cette maison pour que je sache enfin, 25 ans après, à quoi elle ressemblait, de l'extérieur et de l'intérieur...

Il y aura quelques jolis déguisements d'adulte, mais les meilleurs auront été ceux des enfants de mon
cousin, et notamment du premier d'entre eux, H., parfaitement grimé en Michael Jackson. Bon c'est celui des années 80, de l'album Bad, pas celui des 70's, mais on ne va pas chipoter... il est parfait, à part bien sûr que pour lui, Michael Jackson, c'est comme Tino Rossi pour nous, vous voyez. Un dinosaure, quelqu'un d'un autre siècle. D'ailleurs, notre demande de chanson restera vaine, mais pas notre demande de moonwalk, parfaitement exécuté...

J'ai mis ma chemise - j'adore autant ça que de faire des courses de Noël, vous imaginez - et ma cravate bleue à paillettes, confectionnées par les soins de mon Amour mais qui, sur les photos, me fera plus penser au foulard de scout de Patrick Juvet qu'à autre chose. M'enfin bon, c'est pas grave, j'ai pas trouvé mieux :p

Direction la fête à présent, cette fois on y va à pied, c'est à deux pas. Nous arrivons dans les premiers, et ce sera donc à nous de recevoir patiemment les bises et autres poignées de main des arrivants. Au fur et à mesure, les 70 invités se dispatchent le long des la grande table en U, dont le sommet côtoie une estrade, où du matos de DJ attends son maître. Tout cela embelli de ballons, de guirlandes, etc. Les enfants jouent déjà activement dans le creux du U, là ou aucun adulte ne s'aventurera vraiment avant de danser, s'amusent avec les ballons de baudruche et, déjà, quelques verres tombent. Comment le leur reprocher alors que, 25 ans plus tôt, nous étions à leur place, à jouer entre nous en attendant que ces lambins d'adultes, si bavards, daignent lancer l'appel à la soupe ? Si un gamin ne peut pas faire de bêtises quand il est gosse, quand peut-il en faire ?

Toute mon enfance, toute ma jeunesse défile devant moi. Ma famille, les amis de ma famille, quelques inconnus aussi... enfin jamais complètement inconnus, souvent des visages croisés dans les rues d'Issou ou à des fêtes diverses. Mon père a même réussi à faire venir ses nouveaux voisins bretons ! Eux, ça faisait VRAIMENT bizarre de les voir là, c'est quand même une belle marque d'amitié. Les seuls visages que je ne connais pas, finalement, sont ceux de certains gamins. On discute, on prend des nouvelles, mais je n'apprends pas grand chose de neuf, à part de nouvelles paternités, inévitables. Si y a un truc sur lequel la France restera encore longtemps compétitive, en Europe notamment, c'est bien sa démographie et sa natalité.

Après cette bonne heure, on s’assoit enfin à table. Les "jeunes" - quasiment que des trentenaires, une table de "vrais" jeunes, avec les gamins, ayant été installée à part, près de l'estrade, avec les plus vieux d'entre eux en charge de la discipline, je le sais, j'ai été à leur place, il y a rien de plus pénible que de passer pour le méchant pour les plus petits - s'installent inconsciemment entre eux, dans le creux du U, face à l'estrade. Mes parents et leurs amis "historiques" se placent à ma droite, alors que les proches de ma tante, eux, vont plutôt à ma gauche. Sans placement à l'avance, les clans se constituent logiquement, mais est-ce un mal finalement ? Au moins on n'a pas du subir le temps d'adaptation et de jaugeage de ses voisins classique des mariages. La soirée est partie assez vite finalement, et tout
le monde se connait quand même pas mal.

Au menu (j'espère ne pas me tromper, je me goure souvent dans cet exercice) : poulet et riz, servi avec une sauce à la crème fraiche et au Calva à tomber par terre de bonheur. Sans parler des gâteaux, à tomber. Moi qui essaie de faire attention en ce moment, je n'ai pas réussi à me retenir de me resservir. Pourtant c'était assez classique, pas vraiment un menu sophistiqué ou concept, juste un menu simple, efficace et bon. Un peu gras, mais bon, à la bonne franquette. Et les assiettes étaient remplies généreusement, c'était la fête quoi, merde ! Que mes amis parisiens et nantais me pardonnent, mais ça me changeait un peu quand même :p Un retour aux sources, en quelques sortes.

Sur les tables, sont disposés des fils de scoubidous, ce qui va m'occuper les mains durant des heures. Ah, le scoubidou... encore une résurgence de ma jeunesse. Et puis faire un scoubidou, c'est comme faire du vélo, ça ne s'oublie pas. Et, hormis un claquage de la main, c'est un peu moins risqué comme sport. Mon père distribuera également une rose à chaque femme de l'assemblée. C'est son truc, ça vient sûrement de son côté pakistanais... il n'empêche, la rose offerte à mon Amour est toujours là, à me regarder du haut de son vase en train de taper ce post...
Sur l'estrade, se succèdent des intervenants divers et variés. D'abord ma tante et mon père, qui nous servent un long discours sympathique, des remerciements, etc. Un coucou à ma grand-mère, aussi, même en son absence. Les amis de mon père leur ont également réservé quelques surprises, notamment une chorale mais aussi, tellement plus marrant, une parodie de YMCA par les Village People. Franchement, ça, c'était hilarant, on sent qu'ils avaient bien répété leur truc... ça donne envie de faire pareil !

Suit un blind test sur les années 70 servi par le DJ, pas facile facile d'ailleurs, qui sert surtout de prétexte à lancer les premiers danseurs sur la piste.
Nous, trentenaires narquois et un peu crétins - on est là pour se marrer, ou quoi ? - taquinons les "quinquas" et "sextas" se trémoussant comme à leurs plus belles années pompidoliennes, sur du Patrick Hernandez, du Boney M et sur du Gilbert Montagné. Sans parler de la sacro sainté chenille... sur du Gilbert Montagné. Ah ça, ils ont encore quelques leçons à nous donner les vieux...

Moi je n'ai pas bougé, hormis sur un slow, occupé que j'étais par mon scoubidou, et à discuter et me marrer avec mes frangins,mon cousin et ma cousine, et les vieux potes d'Issou. Surtout ceux de mes frangins d'ailleurs, ceux que j'avais - il étaient peu nombreux déjà à l'époque, mais quand même - faisant tous défaut. Malgré le
peu d'écart entre les générations - la mienne, celle de mon premier frère (trois ans) et celle de mon deuxième frère (deux ans) - on constate une grande différence d'attachement et de destins. Dans ma génération, tous sont partis d'Issou, parfois assez loin même. Alors que les plus jeunes sont tous là, quasiment aucun ne manque à l'appel ! Une fois de plus, je suis donc le vétéran de cette génération...

Deux heures du mat, trois heures, les premiers départs sont constatés, et on ne fera pas long feu non plus. Nous irons dormir à Mantes, chez mon deuxième frère, J., qui lui ira dormir chez ses potes... tout est sympa dans cet appart, sa taille, le synthé avec les partitions dessus, et même la vue immédiate sur le cimetière, ce qui dégage la vue, et pour longtemps :p Il n'est pas près de voir un immeuble venir se construire devant sa fenêtre... et je ne
parle pas de sa localisation, à deux pas de la gare, ce qui nous arrange grandement... mais avant de repartir ce dimanche matin, nous filons dire au revoir à la salle, où un "retour" se prépare. Bossant à 15h, je ne peux pas vraiment y participer, mais je prends quand même le temps de manger un peu, et d'assister de justesse à la distribution des cadeaux. De notre part : des bougies pour ma tante, un journal de sa naissance à mon père, déniché dans l'exceptionnelle petite boutique située aux Halles, près de la Rue de Rivoli.

Et puis voilà, mon frère nous ramène à la gare. J'ai longtemps détesté la nostalgie, mais j'avoue que ça a des côtés sympathiques quand même. Malgré tout ce qui se passe dans ma vie, je sais que ma famille, tous ces visages, resteront là comme un socle, de quoi voir venir malgré tout. Faut quand même que je les revois plus souvent, tous autant qu'ils sont.

Je vous laisse avec d'autres photos...