mercredi 5 novembre 2014

Titi au Brésil - 2

Premier matin à Rio.

La technique réputée pour battre en brèche le décalage horaire est-ouest, c'est d'essayer de se coucher le plus tard possible pour être cassé le lendemain. Problème, quand on est remonté dans nos chambres il était très tôt, et on s'est endormi comme des loques. J'ai réussi à tenir jusqu'à... je sais pas, 22 h ? J'ai essayé de regarder "127 heures" sur l'ordi que mes amis m'avaient prêté en prévision de l'article que je devais taper pour Sport24, mais j'ai tenu 12 minutes et 7 secondes à peu près. Pour tenir éveillé je n'aurais pas du miser sur un film où un mec fait du vélo dans le désert pendant le premier quart d'heure. Un Terminator, ça aurait été mieux.

Du coup, le lendemain, à 5h je suis frais comme un gardon. Il fait encore nuit dehors, je vais d'ailleurs pouvoir admirer mon premier lever du soleil sur la ville, même si la vue de la chambre est assez quelconque, et je profite du wifi de l'hôtel et du fait que mon père est un nettement plus gros dormeur que moi pour tchater avec mes amis durant plusieurs heures, eux pour qui il va bientôt être l'heure de manger en France...

A un moment, il faut quand même se lever, mais je sais déjà que le reste de ma semaine va être comme ça : réveil aux aurores, soirées compliquées. Cinq heures de décalage, ce n'est pas rien pour un papy comme moi. Bref on descend prendre notre (copieux) petit déjeuner. Mon père fait déjà fonctionner son prodigieux sens relationnel hérité de ses années de président de foot pour parler avec tous les Français qui partagent notre hôtel et la salle du resto, tandis que je fais plusieurs allers retours pour poser mon petit dej sur la table. Oui, quand je voyage, il vaut mieux que je mange beaucoup le matin, sinon j'endure l'enfer toute la journée. Bienvenue dans ma vie de goinfre.

Avant de sortir, je mets en place mon plan de bataille contre les moustiques qui pourraient nous mener la vie dure, et notamment nous transmettre la Dengue, ce que nous ne voulons pas. En plus de la batterie de vaccins que nous avons du nous fader avant de partir, notamment contre l'hépatite chais plus quelle lettre et surtout la fièvre jaune, j'ai amené du produit anti moustique pour mettre sur la peau - qui sent merveilleusement mauvais - ET du produit anti moustique pour mettre sur... les vêtements. Oui, les moustiques locaux sont tellement balèzes qu'ils peuvent nous piquer à travers nos sapes. Du coup, on est intégralement recouvert de trucs qui puent, et ce sera comme ça tous les matins. Venez nous emmerder avec vos gros dards maintenant, juste pour voir.

Notre programme du jour ? Ben le Pain de Sucre, évidemment ! D'habitude j'aime bien finir par le meilleur, et ce sera d'ailleurs le cas vu qu'on va terminer par l'autre summum de Rio, le Corcovado, mais là j'ai trop envie de voir ça. Le Pain de Sucre, cette merveille de la nature qu'on peut voir au sud dès qu'on s'approche des plages de Flamengo et Botafogo (j'ai l'impression de bosser sur le championnat brésilien à chaque coin de rue...). J'ai trop hâte.

Sauf que c'est pas du tout à côté. Rio est une ville tout en longueur, du nord au sud, coupée au milieu par la forêt de Tijuca et son sommet, duquel le Corcovado nous tend les bras. Et nous, on est au nord, et le Pain de Sucre au sud est de la ville. Heureusement, il y a le métro. Bon il n'y a que deux lignes de métro là-bas, et que se suivent en plus (!), mais elles suivent surtout tout le front de mer, à l'est, donc elles nous amèneront quasiment directement au Pain de Sucre. Quasi.

Notre station, c'est Carioca, on ne peut pas rêver mieux comme nom de station. C'est comme si des touristes à Paris résidaient près de la station "Titi parisien", voyez. Bon, on a quand même dans les 20 minutes de marche
pour y aller, parmi des immeubles divers et variés, entre la Défense et des bâtiments plus populaires, et le long de l'Opéra, mais ensuite, c'est impeccable. Le métro est loin d'être blindé et est très propre, on est nickel. En 20 minutes, on arrive à la station Botafogo, et là on va vraiment commencer à goûter à la ville de Rio. A pied, on arrive à la plage du même nom, mais avant il faut traverser la large voie rapide qui dessert la ville du nord au sud, et que les voitures empruntent à toutes berzingues. Comme nous sommes des garçons extrêmement débrouillards, nous traversons au péril de nos vies, avant de nous apercevoir qu'en fait il y avait un tunnel pour passer dessous... Bref nous prenons quelques photos de la plage, puis on part à pied vers le Pain de Sucre. Et oui, c'est pas complètement à côté non plus. A l'hôtel on nous avait conseillé un arrêt de bus, mais on le cherche encore. C'est pas grave, on est (un peu) jeune, ça va le faire. C'est pas comme si le soleil tapait déjà bien fort - il est genre 10h du mat - ce qui m'incite à me tartiner de crème solaire, déjà.

Bref finalement nous arrivons sur une grande place où des bus et des voitures stationnent, et des touristes un peu partout également. A notre droite, l'entrée où nous devons faire la queue, au pied du Morro da Babilônia, au-dessus de nous de longs câbles pour le funiculaire, et à notre gauche le Morro da Urca, la première "colline" qui devance celle du Pain de Sucre. Oui, le voyage est en deux étapes, vous allez voir.

Tout d'abord on va faire la queue. J'ai eu la bonne idée de ne pas réserver nos places, je n'y ai pas pensé parce que je pensais que de toutes façons on ferait forcément la queue, et parce que je suis nul en organisation de voyages. Bref on poireaute une heure dans une queue en serpentin dans un hall, au milieu de centaines de touristes venus de toute la planète, vu les maillots de foot qui nous entourent. Argentine, Russie, Croatie, Angleterre, France... y a de tout. Hors Coupe du Monde ça doit être pareil, sauf que ça doit moins se voir puisqu'ils ne doivent pas porter de maillots de foot. Pendant ce temps, ceux qui ont acheté leurs billets à l'avance passent devant tout le monde. Et on les déteste tous cordialement.

La queue est en deux temps : une fois sortis du hall, on se retrouve en plein cagnard pour faire une deuxième fois la queue. Finalement on arrive au guichet, et là on constate avec bonheur que pour les plus de 60 ans, c'est moitié prix. Non, ce n'est pas pour moi, bande de salauds. Bref on économise des sous, et ça va nous sauver la vie, j'y reviendrais.

Finalement on monte dans le funiculaire. En chemin, on croise des ouvriers qui renforcent un pied de béton avec des planches de bois... leur rafistolage parait tellement dérisoire que nous les prenons en photo, tout en riant jaune. Ok y a peu de chance qu'il y ait d'accident, mais y a plus rassurant comme scène. Bref c'est parti, on monte vers le Morro da Urca. Et déjà, la vue est magnifique. Ça crépite de partout dans la cabine. Une fois au sommet, on doit - encore - faire la queue pour parcourir le sommet du Morro, entouré d'arbres exotiques et de singes qui se cachent partout, tandis que mon père se fait encore des amis. Au fur et à mesure de nos rencontres, on se rend compte à quel point notre petit trip fait petit bras à côté des dingos de l’Équipe de France, qui la suit vraiment partout. On ne cessera de rencontrer des gens qui étaient au premier match, à Porto Alegre, puis au deuxième, à Salvador... et qui continuerons après. Eux, ce sont des vrais, des fous. Ceux avec qui on discute en haut du Morro da Urca étaient déjà à l'Euro 96, à Liverpool... ils devaient moins être emmerdés par les moustiques et la crème solaire. Pas par les stades mythiques, en revanche.

Hop, au bout du chemin, deuxième funiculaire. Cette fois, le pain de sucre nous impose son immense ovalité. C'est beau, c'est majestueux, c'est naturel, c'est magnifique. Au bout de deux heures de queue cumulées, on arrive enfin en haut, et là la litanie des photos commence. Les touristes sont partout, à faire la queue au bar, à se battre pour un point de vue, tous avec leur appareil photo/smartphone à la main. Faut dire que la vue est... estomaquante. Et oui, j'invente des mots aujourd'hui.

Devant nous, plein axe, le Corcovado, seul truc plus élevé que nous dans la ville, et qui semble nous faire coucou. De là où nous sommes, il fait rikiki. A sa gauche - donc à notre droite - tout le sud de la ville, des morros un peu partout, de la montagne, des plages scintillantes, le minuscule aéroport Santos-Dumont qui aligne ses deux pistes pile au bord de la baie. Des avions - exclusivement des vols intérieurs - passent au-dessous de nous (!) pour y atterrir. A gauche, la plage de Copacabana, resplendissante. Tout le reste c'est de l'eau, du reflet de soleil, des collines, le pont de Niteroi, et... une ligne jaune polluante au-dessus de la ville, visible à l’œil nu.

A mon humble avis, même le meilleur appareil photo du monde ne peut retranscrire fidèlement la qualité exceptionnelle de cette vue. Toute tentative d'immortalisation est une trahison. Il FAUT voir ça de ses yeux, un jour, et que vos rétines en soient éternellement marquées. Je vous le souhaite ardemment à tous.

Le chemin inverse est moins long. Par contre, on n'a pas prévu assez de sous pour la journée, donc on marche. Objectif : la plage de Copabacana où se trouve la fan zone pour voir au moins la fin d'Italie-Uruguay, un immense espace avec des écrans géants tout le long, et trouver à manger en chemin. Finalement, après avoir traversé un tunnel (!) on se trouve un bouiboui qui diffuse le match et où on déguste un délicieux repas typiquement brésilien. Un plat brésilien, ça veut dire du riz, des haricots noirs et éventuellement de la farine de manioc, qui fait office de pain. Et c'est une tuerie. Il est plus de trois heures de l'après-midi.

On repart vers la plage, mais le temps qu'on y arrive, l'Uruguayen Diego Godin a déjà crucifié ses cousins italiens (81e minute). On se balade un peu le long de l'Avenida Atlantica au milieu de supporters et de touristes omniprésents, puis on se dit qu'on va aller à la Casa Bleue pour récupérer nos billets pour France-Équateur, le lendemain. Ça, c'est le point de rendez-vous des supporters français à Rio, loué par la fédé au Jockey Club. Pour ça, on va devoir prendre le bus, le métro ne va pas plus à l'ouest...

Le bus c'est particulièrement folklo à Rio, mais une fois qu'on a compris le principe, ça va tout seul. On s'en fiche des numéros de ligne, de savoir si on est au bon arrêt de bus, comme à Paris. Non, là il suffit de se poser à un arrêt de bus, n'importe lequel, tous les bus sont susceptibles de s'y arrêter. Évidemment, vaut mieux se mettre dans la bonne direction si possible... et là, faut surveiller les noms de quartiers qui s'affichent au sommet des bus. Si y en a un qui vous intéresse, vous hélez le bus, qui s'arrête. Voilà. Les Cariocas, eux, ils savent quelles lignes il faut prendre, mais pour un touriste, une fois qu'il a capté le concept, ça va tout seul. Pour le coup là, heureusement qu'une gentille dame qui ne causait pas un traitre mot d'Anglais (et encore moins de Français, of course) nous a aidé pour prendre le bon bus... ensuite, ça ira mieux.

Une fois dedans, fraude impossible : y a un tourniquet - difficilement franchi par votre serviteur, mais j'ai quand même réussi à ne pas rester coincé... - et un agent à qui payer les trois Reals réglementaires. Donc deux fonctionnaires par bus. Comme quoi ils ont les moyens à Rio :p

Trois quart d'heure de bus plus tard, passés à surveiller sur ma carte si on est au bon endroit, nous voilà au Jockey Club, qui est quasi désert. C'est drôle de voir un hippodrome à Rio, c'est pas vraiment le genre de truc que je m'attendais à découvrir ici. Et comme c'est loin de tout, y avait peu de chance qu'on y aille si on n'avait pas été des supporters français... On a quand même une belle vue sur le Corcovado, qui nous tourne le dos. Une fois les billets récupérés, on repart prendre le bus, en visant un bus qui va à Lapa, tout simplement. Quand j'ai dit tout à l'heure que la réduction au Pain de Sucre nous avait sauvé la vie, c'est parce qu'il ne nous restait juste assez pour payer le bus... vu qu'on était hyper loin de l'hôtel et aussi du métro, à part Europe Assistance, je ne vois pas comment on aurait pu rentrer dans nos pénates... on aurait dormi sur place peut-être. Bref le retour est sympa, on longe le Jardim Botanico, le Corcovado nous accompagne à notre gauche pendant un petit moment, puis on remonte vers Lapa... on aura vu pas mal de la ville, quand même.

Nous voilà de retour à l'hôtel, complètement épuisés, et on se pose devant Japon-Colombie... Tandis que mon père s'offre un petit burger d'en bas de l'hôtel, moi je file boire un verre avec mon boss, qui réside dans un hôtel à Catete (ça se dit Catetche, me demandez pas pourquoi), près de Flamengo, et un ancien collègue, qu'on retrouve à l'hôtel des journalistes français, juste à côté. On discute pas mal, c'est vraiment hyper intéressant, on croise un Guy Roux pas très frais, c'était marrant. Ma seule soirée où je tiendrais jusqu'à minuit... comme quoi c'était possible. Suffisait de pas se poser sur un lit :p

A plus tard ! Bonne séance photos :p











 
































mercredi 29 octobre 2014

Titi au Brésil - 1

Hello tout le monde !

Vous le savez certainement, vu qu'il n'y a que mes connaissances qui lisent ce blog, je suis allé au Brésil fin juin. Il y a quatre mois, déjà. C'est drôle comme le temps avance à reculons avant un évènement très attendu, puis file à toute vitesse ensuite.

Il est temps que je m'y mette. Après tout, il s'agit là quand même d'un de mes quatre plus grands voyages, avec l’Égypte il y a un peu plus de 20 ans, Montreal-New York l'an passé et l’Écosse en 2011. Il y a aussi eu la Corse, Barcelone, Amsterdam... J'ai l'impression que ça fait beaucoup alors que j'ai vu quoi du monde ? Un pour cent ? Ce serait déjà énorme.

Donc vous allez manger de la photo, je vous le dis. En plus, j'ai non seulement mes photos, mais aussi celles, souvent identiques d'ailleurs vu qu'on ne s'est pas quitté, de mon père, qui m'accompagnait de l'autre côté de l'équateur et de l'Atlantique. Tiens, en fait le Brésil c'est l'inverse de la Bretagne, finalement. Et pas que sur le plan géographique.

On partait pour voir le Mondial au Brésil. Une Coupe du Monde là-bas, a priori ça ne peut arriver qu'une fois dans une vie. La preuve, la dernière c'était en 1950, deux ans avant la naissance de mon père. Et ce n'est pas près d'arriver à nouveau, avec l'alternance des continents qui a lieu désormais... Bref on ne pouvait pas rater ça. Ça nous a couté cher, mais on ne regrette en rien, évidemment. C'était... incroyable.

C'est une ville sidérante, à tout point de vue. Une ville métropole qui n'a pas réussit à écarter la nature, et qui vit avec, en symbiose. Elle est percée en plusieurs endroits par des Morros, ces collines verdoyantes sorties de nulle part, des espèces d'oeufs posés comme ça, pour faire joli, sur lesquels sont accrochées les fameuses favelas à-éviter-absolument-sinon-on-va-mourir-égorgé. Du coup on les a évité - sauf une, celle d'où part le train du Corcovado. Mais j'y reviendrais, c'était tout à la fin.

D'abord le voyage. Bon maintenant, les voyages en avion, je suis presque blasé. Quand je pense au post que j'avais fait pour mon vol vers Barcelone, en 2010, le premier depuis l'Egypte, 18 ans plus tôt... un vrai touriste. Je veux dire, c'est toujours intéressant, impressionnant aussi, notamment le décollage. Mais quand tout est recouvert de nuages, à un moment tu cherches un truc à lire.

Mais des fois, la couverture moutonneuse a des trous, et laisse entrevoir les merveilles, sous elle. La mer, scintillante, immense. Et puis on survole le Portugal, puis Madère... je suis côté gauche, et donc pendant une ou deux heures, je cherche à déterminer si l'étrange ligne blanche, au loin, dans la brume lumineuse créée par le reflet du soleil sur l'eau, c'est bien l'Afrique, et les côtes du Sahara Occidental, ce pays qui n'en est pas un. Vous imaginez ? Bientôt 40 ans que ce bout de sable en bord de mer revendiqué par le Maroc, notamment, n'appartient à personne. Ça doit faire une belle jambe aux quelques populations qui y habitent.

Bref, à un moment l'écran qui nous indique notre parcours ne laisse plus aucun doute : l'Afrique est derrière nous. L’Équateur, et les côtes brésiliennes ensuite, nous attendent.

Ça fait quand même dans les 11 heures d'avion, c'est pas rien. Une demie journée assis devant un écran, ça m'arrive de le faire quand je bosse mais en un peu moins long, avec une heure de pause au milieu et la possibilité d'aller me changer les idées sur Facebook de temps en temps. Et aussi de mieux manger que ce que nous offrent les plateaux de Air Tahiti... oui, on nous a affrété un vol d'Air Tahiti pour aller au Brésil... autant dire que quand j'ai demandé à un hôtesse comment remplir mon formulaire de douane, elle était un peu larguée.

Bref, pour ce voyage je m'étais acheté des bas de contention. Quand j'ai vu leur tronche et leur taille, j'ai laissé tomber. Je marcherais dans le couloir pour me dégourdir les jambes, plutôt.

Les côtes brésiliennes arrivent, nous y sommes. A priori, Fortaleza n'est pas loin, avant que nous survolions pendant un moment l'Amazonie, entre les trous laissés par les nuages, là encore. Pas de bol, pour le coup. Mais quand même, c'est le Brésil qui défile sous nos yeux, c'est pas rien. je veux dire, franchir l'Atlantique ET l’Équateur dans la même journée, c'est quand même un évènement non ? Si si c'est pas mal.

A notre arrivée aux environs de Rio, je constate qu'une de mes deux traditions en voyage est sur le point de se réaliser. La première - une tempête de neige - ne risque pas d'arriver. D'accord, j'ai fait neiger à Barcelone, mais c'était en mars. La deuxième, c'est que quand j'arrive, le plafond est très bas, comme en Écosse, mais là c'était normal, ça fait presque partie des animations prévues par le ministère du tourisme. Là, des immenses dents montagneuses se découpent un peu partout autour de nous dans un brouillard tenace, la ville n'est pas encore visible - de toutes façons, l'aéroport est très excentré - mais on a du mal à imaginer qu'une des plus grandes métropoles du monde est tout près.

L’atterrissage est toujours un kiff. Je me rappelle de notre atterrissage sur la piste enneigée de Montréal, avec ma main qui serrait celle, terrifiée, de mon amie M. tout le long... à moins que ce ne fut l'inverse. Là, rien de folklo. En revanche, une fois sorti, on se dit clairement qu'on est très loin de l’Écosse. Y a de la brume, mais la chaleur et l'humidité nous font déjà mouiller nos t shirt qui n'étaient déjà pas très frais après 11h d'avion. On nous a dit qu'il allait faire entre 15 et 20 degrés, ce qui était déjà pas mal pour ce qui était sensé être l'hiver, même brésilien. On se dit que finalement, le temps allait être plus brésilien qu'hivernal. Et on a eu raison.

En attendant, on prends un des trois bus prévus par l'organisation pour abreuver les trois hôtels où les supporters français vont être réunis. Après avoir longuement longé des favelas sur l'autoroute, on rentre dans la ville et, déjà, on sait que le Brésil joue aujourd'hui : tous les habitants sont en jaune. Extraordinaire ! Imaginez-vous une grand ville française dont tous les habitants seraient habillés en bleu un jour de match de coupe du monde de la France ? Y aurait des maillots par ci par là, oui... mais là je parle de 80 à 90 % des gens... bienvenue au pays du foot. On va se régaler.

Une fois arrivés à l'hôtel, on négocie une chambre à deux - ce qui était prévu au départ, mais ils voulaient nous mettre avec un jeune qui était venu avec ses potes... du coup on se retrouve à deux dans une chambre pour trois :D - on pose nos affaires et... on ressort. Ben oui il est 18h environ, heure locale, on n'a mangé que des plateaux repas infects - litote - et on est dans le quartier, Lapa, qui est sensé être celui de la nuit et tout. On se dit qu'on va aller voir le match - Brésil-Cameroun, une formalité (4-1) - dans la rue, en compagnie des habitants. C'est exactement ce qu'on a fait, à un jet de papaye de l'hôtel. La rue est squattée par un centaine de gens regardant un écran relativement géant posé sur un des murs, dégustant des bières locales. A chaque but, les gens dansent, rigolent... nous on entre dans un des bouibouis où les gens se sustentent, et là débute notre longue galère linguistique. Les Brésiliens sont un peu comme les Français avec les langues étrangères : nuls. Ils ne parlent que portugais, et même l'Anglais pour eux est une agonie. Tu leur dit "toilets" ? Ils ne comprennent pas. Difficile de faire plus universel pourtant. Hormis à l'hôtel et dans quelques endroits de l'organisation, tout le reste du temps je devrais composer avec les débris de mon espagnol scolaire - j'ai jamais dépassé les 8/20 - pour nous faire comprendre. Au bout d'un moment, grâce au lexique de mon bien aimé Routard, je retiendrais plusieurs mots, mais ça restera folklo jusqu'au bout. Au moins, niveau dépaysement, on est servi. C'est vrai que c'était perturbant de se faire comprendre facilement à Amsterdam ou à Barcelone en Anglais.

Bref on arrive tant bien que mal - plutôt mal que bien d'ailleurs - à commander de la viande avec des frites. Bon les frites c'est des frites quoi, mais la viande... un bonheur. Quel délice ! Aller dans un pauvre bouiboui comme ça, à l'hygiène sûrement douteuse, et déguster une viande aussi bonne, ça promet beaucoup pour la suite de notre séjour sur le plan gastronomique... Vivement que je déguste enfin de la Feijoada !

A plus tard !