vendredi 26 juin 2015

Métamorphose, du concret

Salut à tous !

Et si je vous donnais des nouvelles de moi ? Enfin de mon corps, pour être précis. Je sais pas vous, mais j'ai comme l'étrange impression que ça vous botte plus que mes posts sur Assassin's Creed. Si si, c'est vrai, je le sens. Alors je vais arrêter de me faire plaisir en parlant d'autre chose, parlons de moi, ma personne singulière, votre serviteur bien bas, etc. MOI.

121 jours plus tard
Figurez-vous qu'aujourd'hui - et je vous jure que c'est un hasard, je viens de m'en rendre compte en regardant la date en bas à droite de mon écran - ça fait pile quatre mois que je suis entré à l’hôpital. Et donc quatre mois moins un jour que j'ai été opéré. Et du coup je me rends compte à quel point ça file, le temps, quand même. Quatre mois. Sérieux, vivement mes un an, histoire de voir où j'en suis.

D'ailleurs y a un an je me baladais à Rio de Janeiro, c'était pas mal non plus. Niveau kiff, et bouffe notamment, c'était infiniment mieux que ces quatre jours passés à la clinique du Parc Monceau, à tenter des digérer un yaourt deux fois par jour. J'ai pas fini de vous raconter d'ailleurs, dommage parce que ça vaut vraiment le coup... le Brésil, pas la clinique.

Quatre mois, donc. Et d'après le chiffre de ma balance ce matin, j'en suis à presque 50 kilos de perdus
depuis ce matin du 26 février. Bon je m'emballe un peu, ça fait exactement 45,9 kilos délestés de mon corps, soit 28,05 %. Et oui, on ne se refait pas. Vous imaginez perdre plus d'un quart de votre corps ? Ça fait flipper quand j'y pense. Et le pire, c'est que c'est pas fini. Ma copine L., qui m'a brillamment guidé et conseillé durant tout le processus, a perdu la moitié de sa masse initiale, donc moi à côté je fais de la peine. Mais bon, 28 % quand même...

Du grand Canyon au Yemen, et la peau est la même...
Les conséquences directes ? Dans la mesure où je me sentais déjà différent quelques jours, voire heures, après ma sortie de la clinique, en raison des 9 kilos perdus là-bas où je n'ai pour ainsi dire pas mangé, disons clairement les choses, les "nouvelles" conséquences ne sont pas légion. Mais il y en a quand même. Une, notamment, qui n'est pas très agréable, ni ragoutante, et qui ne va pas m'inciter à me baigner en public, c'est ma peau qui se détend pas mal. Elle fait ce qui lui plait, ma peau, elle se détend quoi. Tranquille pitchounette.

C'est drôle parce qu'avant j'étais énorme, une vraie baleine, je le vois régulièrement sur des photos ou vidéos de vacances, mais j'en avais strictement rien à foutre de ce que les gens en pensaient - tant qu'on ne me montrait pas les photos ou vidéos. Mais là, par contre, l'idée que je fasse la bombe dans la piscine avec mes rideaux sous les bras me glace le sang. Va falloir que je travaille là-dessus parce que me baigner, en vacances, ce n'est pas négociable pour moi à la base.

Avez-vous le Silence des Agneaux ? Si ce n'est pas le cas fermez-moi donc cette page et allez le louer-télécharger etc. Si vous voulez je vous le refile. Bref j'attends.

...

Voilà c'est bon vous l'avez vu ? Non parce que je ne continue pas tant que vous ne l'avez pas vu hein. Et je le saurais que vous m'avez menti, je serais très déçu et tout. M'en fiche hein, je vais vous spoiler sur le Silence des Agneaux et vous allez être énervés ! Moi je l'ai vu hein, donc je risque pas d'être spoilé par moi-même !

Bon, voilà, dans le film le tueur, surnommé Buffalo Bill, tue des femmes pour leur piquer leur peau, dans le but de se fabriquer un costume de femme, parce qu'il n'arrive pas à trouver une clinique qui accepte de l'opérer. On peut comprendre les médecins, hein, vu le profil du personnage, mais après coup on se dit qu'ils auraient peut-être mieux fait de faire une exception, ça aurait évité à Clarisse Starling de se faire souiller par Miggs dans la prison d'Hannibal Lecter. Bref, on le voit à un moment danser de façon particulièrement glauque dans sa cave - sa grotte, plutôt - habillé de son costume quasi fini de femme.

Et ben moi, mon corps me fait de plus en plus penser à ça. Que je suis en train de porter un costume, que ma peau est... disons... merde je m'embarque dans un truc là... vous voulez pas que je vous raconte Rio plutôt ?

Bref vous voyez l'idée non ? Quand je joue à Assassin's Creed, que je perds et que je balance de rage ma souris ou mon casque, je sens mes dessous de bras exiger leur indépendance. Chose qui sera normalement effective un de ces quatre, d'ailleurs, mais pas avant un petit moment. Ça se compte en années, je pense. Quand je suis allongé sur le lit devant la télé, j'observe mes cuisses, terriblement maigres mais avec un extra de peau à l'intérieur qui ne sait pas trop où se foutre. Le ventre ? Ben non, le ventre ça va, merci, vu que c'est là que ça perd le moins vite. Mais le ventre est clairement le suivant sur la liste. Et là, en effet, la piscine va être un vrai problème.

Mes chers parents, je vole après le bus
Quant à mon visage, pas de peau en trop, heureusement. Je me vois extrêmement maigre, oui, avec deux rides qui partent de mes narines jusqu'aux commissures de ma bouche qui n'étaient pas aussi accentuées que ça avant.

Non en fait, elles n'existaient pas ces rides. Et là, l'âge n'y est pour rien. Ou pour pas grand chose en tous cas.

Pour le reste... et beh que des bien faits, bien sûr. Je cours - que dis-je, je cours, je vole ! - derrière les bus pour les rattraper. J'ai nettement moins mal au genou. En revanche, mon mal de dos ne s'arrange pas, mais mon fauteuil pourri n'aide pas. Et vu le temps que j'y passe assis à bosser ou jouer...

J'ai rarement eu autant conscience d'avoir un squelette. Quand je suis assis, je sens mes os dans mes fesses. Oui, il y a des os dans les fesses, et croyez-moi si les fesses sont rembourrées, c'est pour une raison. Parce que les os des fesses, ce sont des feignasses, ils détestent faire autre chose que... ben rien en fait. Pareil dans mes épaules. Elles sont saillantes, et quand mon Amour pose sa tête dessus au ciné, ben je le sens nettement, c'est moins mou pour elle et moins agréable pour moi. Des détails quoi, mais bon. J'étais son nounours, je vais l'être beaucoup moins - hormis pour le caractère, ça ça change pas.

Sous-chef
Quant à ma façon de manger... je peux manger de tout, et je privilégie le plaisir avant le reste. Je consomme énormément de produits laitiers - suffit de regarder mon panier de courses : fromage, lait, yaourts, beurre... mais ça c'est pour le dessert ou les collations, à côté j'essaie aussi de varier. Avant, chez moi je mangeais toujours la même chose : une salade de tomates ou de haricots suivant la saison - oui oui - puis des pâtes, avec du thon, du jambon... bref deux plats bien riches, entre deux séances de goinfrage horaire. C'était pas varié, mais c'était pas grave, parce que l'objectif c'était de manger, de me remplir, et j'aimais ce que je mangeais. J'avais pas envie - ni la possibilité d'ailleurs - de cuisiner, de prendre du temps pour ça, donc j'allais au plus simple. Et ça me convenait, j'étais vraiment pas plus malheureux que maintenant, faut pas croire. C'était bien cette époque aussi, je mangeais, ça me plaisait, et voilà.

Maintenant je mange tellement peu à chaque repas que ça doit être original, ça doit être un évènement. Je n'ai que rarement faim, donc le but c'est pas de me remplir, mais d'exciter mes papilles. Du coup, j'achète des trucs que j'achetais pas forcément avant, comme de la burrata par exemple, pour me faire des salades tomates mozza à se taper le cul par terre. Bon, c'est vrai, j'aimerais savoir cuisiner, avoir un four, pour avoir encore plus le choix et me faire vraiment des trucs que j'aime, des trucs qui feraient vraiment de ces repas des trucs incroyables. J'ai en tête régulièrement le film Chef, de et avec Jon Favreau (et Scarlett Johansson) qui m'a donné envie de prendre des cours de cuisine, savoir faire un plat délicieux en 5 minutes. Ça m'a aussi donné l'envie de conduire un food truck à travers le monde, et régaler les gens avec des trucs simples mais goutus. Bref, une lubie, mais qui fait bien rêver. Mais cuisiner, savoir vraiment bien cuisiner, sachant que je pars de zéro dans ce domaine... ce serait top. Mais ai-je la patience, ai-je la dextérité pour ça aussi ? Pas sûr. On devient pas Zidane en décidant de le devenir.

Bref voilà quoi, c'était moi actuellement. Ah, et sinon Assassin's Creed Unity déconne sur mon ordi, j'ai bien la haine. Mais ça, c'est une autre histoire.

A plus tard les gens !

mercredi 17 juin 2015

Assassin's Creed Evolution

Salut à tous,

Il y a 14 mois, je vous révélais et décrivais ma toute récente passion pour la série de jeux vidéos historiques "Assassin's Creed", ici. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts de Venise. A l'époque, j'étais sur le point de terminer le III, c'est-à-dire le cinquième opus de la franchise (ça m'amuse toujours), depuis je l'ai terminé... cinq fois. Et ses prédécesseurs, 3 fois chacun, hormis Liberation. Et je viens de terminer le suivant, Assassin's Creed IV Black Flag, celui ou le héros assassin est un pirate durant l'âge d'or de la piraterie, vers 1718-21, avec Barbe Noire et compagnie. Et j'attends pour demain les deux qui suivent, Rogue et Unity, celui qui se déroule sous la Révolution à Paris. Oh oui, j'ai beaucoup de temps à perdre, je sais.

Il faut syn-chro-ni-ser


Ce qui est bien avec ces jeux, c'est qu'à chaque fois je découvre de nouvelles choses dans chaque jeux. Une multitude de petites missions qui s'ajoutent au scenario principal, qui nous permettent souvent de gagner des objets utiles comme des armes spéciales ou des armures. Et surtout, ça permet d'étirer la durée du jeu, qui ne durerait qu'une demi douzaine d'heure, peut-être, autrement. Je vous avais dit que j'avais terminé Revelations, celui que j'avais commandé sur Amazon et qui se déroule à Constantinople au début du XVIe siècle, avec un Ezio Auditore certes vieillissant mais toujours capable de sauter de la Tour de Galata pour atterrir dans un tas de foin, plus de 60 mètres plus bas, en cinq petits jours. Normal, j'étais tellement obnubilé par la trame principale, histoire de savoir la suite, que j'avais zappé une palanquée de petites missions pourtant super intéressantes. Du coup, je suis passé de 53 % de "synchronisation" (à quel point on a terminé le jeu, en gros) à plus de 80.

Ah oui parce qu'à partir du II, avec le début des aventures italio-turques d'Ezio, y a le challenge de la synchronisation qui pimente un peu le tout. En gros, quand vous avez une mission à faire, un type à zigouiller ou à voler ou espionner, bref un truc à faire, le jeu vous donne une ou plusieurs tâches optionnelles pour que ce soit encore plus fun, que ce soit un peu plus dur mais aussi plus gratifiant quand on y arrive... Exemple, il faut assassiner quelqu'un, et bien ils vous demandent en plus de passer inaperçu et d'effectuer un assassinat aérien (du haut d'un toit, en sautant sur votre victime). Vous n'êtes pas obligé de faire tout ça, si vous rentrez dans le tas, tuez tous les gardes et votre cible comme un bourrin, vous ne perdez pas. Simplement, si vous y arrivez, vous "synchronisez" plus, et ça s'ajoute à votre synchronisation totale. Si vous remplissez les objectifs optionnels, vous aurez 100 %. Sinon, vous aurez entre 50 et 90, selon les jeux. Du coup, les premières fois que j'ai joué à chaque jeu, je faisais des synchronisations merdiques. Depuis, à chaque fois que je joue, je m'améliore vachement. Mais je serais curieux de rencontrer quelqu'un qui a déjà fait un total de 100 % sur tout un jeu... il y a des objectifs optionnels qui sont impossibles à réaliser, tout simplement.

Bref, si j'avais encore des gens qui s'intéressaient à ça par politesse ou parce qu'ils m'aiment bien, je les ai perdu avec ça. En fait, je voulais surtout parler de l'évolution des personnages depuis le premier opus, qui était finalement très binaire, même si ça reste un excellent jeu. Mais ses enfants le surpassent en tous points.

Altaïr, la simplicité même

Dans le 1, qui, rappelez vous, se déroule en Terre Sainte durant les Croisades, on dirige un personnage qui se révèle être finalement l'assassin ultime, la base, celui qui inspire tous ses successeurs par sa pureté et son absolue "assassinitude". Fils d'un Assassin, élevé par des
Assassins dans une forteresse (qui existe vraiment, ici) défendue par des Assassins, il aurait eu du mal à échapper à sa vocation. Même si ce fut un peu le rebelle de l'Ordre à l'époque, il en devint tardivement le mentor pour mourir très très âgé assis tranquillement enfermé dans la bibliothèque de la forteresse. C'est le seul à mourir vieux et de sa belle mort d'ailleurs... quoique Connor, on ne sait pas ce qu'il est devenu.

Comparé à ceux qui vont lui succéder durant la Renaissance ou le XVIIIe siècle américain, son équipement restera extrêmement binaire. Altaïr, c'est une toge blanche et sa capuche - qu'on ne voit jamais baissée, c'est d'ailleurs le seul dans ce cas -, une lame secrète cachée dans sa manche gauche, une épée et des couteaux de lancers. Des boutiques pour changer la couleur de sa tunique ou acheter des armes et des armures ? Y en aurait qu'il ne pourrait pas s'y équiper, vu qu'il n'a pas d'argent, là aussi c'est le seul dans ce cas. Tous les autres passeront leur temps à chercher des coffres remplis d'argent, en gagneront souvent en remplissant des contrats d'assassinat ou en détroussant les passants (pas très moral, mais très utile quand même), surtout Ezio, un spécialiste. Du racisme anti Italien, peut-être... mais Altaïr c'est un pur, un ascète, il n'est pas concerné par nos basses préoccupations pécuniaires, tout ce qui l'intéresse c'est de remplir ses missions et éliminer ses cibles.

Avec Ezio, tout s'emballe

En partant d'Altaïr, les créateurs du jeu ne vont cesser de chercher à imaginer des armes, des armures, qui vont nous permettre de nous régaler encore plus. A partir d'Ezio, déjà, on peut effectuer des assassinats aériens - du haut des toits, je l'ai déjà évoqué - ou à partir de cachettes - tas de foins, bancs, rebords de toit... - mais on pourra aussi... plonger dans l'eau et nager. Oui parce qu'Altaïr mourrait quand il tombait dans l'eau, ce qui était rare mais ça arrivait. Une bizarrerie qui s'appliquera d'ailleurs aux méchants qui nous poursuivront dans tous les autres opus, sauf Black Flag, ce qui nous permettra à coup sûr de nous sauver en plongeant et en nageant hors de portée des fusils. Dans Black Flag ils peuvent nager, mais nous perdent de vue à chaque fois donc...

Celui qui se régale le plus, c'est Ezio. D'abord parce qu'il est pote avec Leonardo da Vinci, et ce qui est bien avec Leo c'est qu'il a plein d'idées géniales. Il nous fabrique donc une lame secrète qui tire des balles, une deuxième lame secrète dans l'autre manche - tous les autres
auront également les deux lames, ce qui nous permettra de tuer deux gardes à la fois - des parachutes pour sauter des immeubles quand personne n'aura eu l'idée d'abandonner sa charrette de fois en contrebas, un gant de métal pour pouvoir mieux escalader, ainsi que sa fameuse aile volante qui nous permet d'effectuer un vol légendaire au-dessus de Venise jusqu'au palais du Doge, dans ce qui demeure une de mes scènes préférée de toute la série, avec l'aide d'une musique qui fait planer, ici. Mais bon ça c'est que dans deux missions au total.

Par ailleurs, avec l'apparition de l'argent, les boutiques - qu'il faut libérer et acheter dans Brotherhood, le suivant, qui se passe à Rome, puis dans Revelations, celui à Constantinople - nous permettent de nous fournir en armures et en armes. On peut acheter du poison, des glaives, des haches, des arbalètes et les fameuses bombes fumigènes qui peuvent nous permettre de nous échapper d'un combat mal embarqué. Ça par exemple, je m'en servais très peu les premières fois où j'y jouais... et puis bien sûr des armures, sauf pour la tête, parce que bon ça va pas avec la capuche. Sur la fin des trois jeux avec Ezio, on ressemble plus à un chevalier qui aurait perdu son heaume qu'à Altaïr, on se demande même comment on arrive à être toujours aussi altier sur les toits...

C'est peut-être pour ça qu'à partir des opus suivants, avec Connor Kenway durant la révolution américaine (Assassin's Creed III, le dernier sans nom ajouté au titre) puis avec son grand-père Edward, le pirate (Assassin's Creed IV Black Flag, le dernier avec un numéro dans son nom), on n'aura plus d'armures, autres que celles, légères ou même réduites à un anneau magique qui détourne le métal, donc les balles, qu'on gagne en réussissant une série de missions optionnelles. On peut changer leurs tenues, notamment la couleur, mais c'est tout. De toutes façons, ces deux là, contrairement à Ezio qui passait son temps à courir les médecins pour rétablir ses points de vie perdus suite au combat ou aux mauvaises chutes, n'en ont pas besoin : hors combats, leur jauge de vie remonte automatiquement... comme leur aïeul Altaïr. Vachement pratique, fini le trou de la Sécu avec ça.

Edward, Assassin pour la forme

En revanche, époque oblige, on est (enfin !) équipés de pistolets. Ok c'est pas franchement des automatiques, il faut un certain temps pour les recharger entre chaque coup, mais c'est quand même assez kiffant. Surtout que Edward, lui, peut en porter jusqu'à... quatre, ce qui lui permet de nettoyer des ponts de bateau en un éclair...

Tiens Edward, justement, le seul et unique Assassin blond, le Daniel Craig d'Assassin's Creed. La dernière fois, j'en étais à la fin du III, et en attente de pouvoir acheter le IV, dont on m'avait dit qu'il était peut-être un poil décevant. Alors oui, la trame principale est loin d'être aussi dramatique que celle du III (où on dirige d'abord Haytham, le fils d'Edward et
Templier notoire, puis Connor, le petit-fils semi Mohawk, qui tue son père à la fin parce que bon, c'est un Templier) et c'est vrai qu'au niveau évènements historiques, l'époque des pirates c'est sympa mais pas non plus palpitant. Je connaissais Barbe Noire de nom, comme tout le monde je pense, mais j'ai aussi découvert - merci Wiki - l’existence de plein d'autres de ses congénères comme Benjamin Hornigold ou les femmes pirates (déguisées en homme) Anne Bonny et Mary Read. Mais bon, on est loin des Borgias ou des batailles de la Révolution américaine...


Mais le jeu est un kiff total. Edward, en bon pirate, se bat avec deux épées, en plus de ses quatre pistolets. Il a aussi une sarbacane pour envoyer des fléchettes qui rendent fou ou endorment, et bien sûr des bombes fumigènes. Et là on se souvient de l'antique Altaïr et sa petite lame cachée... ce qui est intéressant avec ce personnage, c'est que c'est l'opposé absolu d'Altaïr, justement, mais aussi de son futur petit-fils, Connor. C'est l'anti Assassin - d'ailleurs, tout au long du jeu, c'en est pas vraiment un. Il le devient - un peu - sur la fin, quand il a à peu près tout perdu, tout ceux qu'il aimait en tous cas, et qu'il se rend vraiment compte que les Templiers sont vraiment des empaffés qui veulent contrôler l'Humanité. Mais dès qu'il a éliminé sa dernière cible, il quitte les Assassins des Caraïbes pour retourner à Londres élever la fille dont il vient de découvrir l'existence.

Jusque là, je l'ai dit, c'est un pirate. Et pas un gentil, non : il est plus tendance Barbe Noire que Johnny Depp, si vous voyez ce que je veux dire. Assoiffé d'alcool, déjà, mais surtout d'argent et de gloire, il ne cesse de refuser les appels du pied des Assassins, qui voient en lui une recrue potentielle de qualité. Au début il côtoie même les Templiers - sans rien savoir de leur nature, ni de celle des Assassins d'ailleurs - avant de les défendre contre leurs ennemis millénaires encapuchonnés, en tuant plusieurs. Autant dire que sa carrière de futur Assassin avait du plomb dans l'aile.

Quand on joue à Black Flag, on passe un temps infini en mer, à la barre du Jackdaw, le navire d'Edward. On attaque des navires - pas des particuliers, rassurez-vous, l'honneur est sauf - remplis de soldat, mais surtout de sucre, de rhum et autres denrées qu'on peut revendre ou exploiter pour obtenir des objets ou améliorer le bateau. On explore des épaves sous-marines en essayant d'éviter les requins, les murènes, les oursins, les méduses... les combats navals, qu'on avait déjà effleuré dans le III avec Connor mais quasiment que dans des missions secondaires, sont nettement plus développés et beaucoup mieux foutus, c'est juste un bonheur. Bref, on a jamais été aussi éloigné du monde des Assassins, même si le jeu est aussi rempli de missions d'infiltrations, les plus difficiles qui soient, qui ont fait la légende de la franchise.

Malgré tout, et ça on le lit dans le livre (oui j'ai lu deux des livres dédiés au jeu...), il enseignera à son fils Haytham les principes des Assassins, avant de mourir, trahi par un "ami" templier, alors que Haytham n'a que dix ans. Ce dernier sera "récupéré" par le meurtrier de son père et deviendra donc un Templier lui-même. Ainsi, la lignée Kenway est bouclée...

Rogue et Unity, la fin de la boucle

Elle sera vraiment complétée dans Rogue, qui se déroule après Black Flag, et parallèlement au début du III, lorsque Haytham, qui est devenu le Grand Maître des Templiers aux Amériques, chasse les Assassins pour les éliminer, après qu'il ait rencontré sa compagne Mohawk avec qui il aura eu Connor - sans qu'il le sache, d'ailleurs. Dans Rogue, on contrôle un Templier, pour la première fois sur toute la durée d'un jeu, après avoir dirigé Haytham durant les trois premières séquences du III, et ce sans le savoir. Sauf qu'au début, Shay Cormac, le héros de Rogue, est un Assassin, mais qui tourne du mauvais côté après qu'il se soit senti trahi par les Assassins, et rejeté. Il deviendra alors le chasseur d'Assassins d'Haytham, avec un grand succès. Il a d'ailleurs de bonnes raisons de s'attaquer à sesanciens collègues, mais ce serait trop long à vous expliquer. Cet opus explique aussi un élément qu'on survole dans le III, à savoir comment les Assassins ont été décimés dans les années 1750-60, et comment le vieux maître de Connor, Achilles Davenport, est devenu ce qu'il est devenu : un vieux boiteux désabusé et plein d'aigreur, qui retrouvera gout à la vie grâce au jeune Connor. C'était lui le mentor des Assassins lorsqu'ils ont été décimés, et il sera épargné par Cormac au moment ou Haytham s'apprêtait à l'achever. Vu comment l'apprenti d'Achilles, son propre fils, mettra finalement fin à sa vie 20 ans plus tard, il aurait mieux fin de ne pas écouter Cormac...

Oui je sais tout d'un jeu auquel je n'ai pas encore joué... disons que je me suis... renseigné.

Par ailleurs, Rogue lance aussi l'autre opus de l'an dernier, Unity, celui de la Révolution, puisque c'est Shay Cormac, des années plus tard, qui assassinera, à Versailles, le père du héros de Unity, un Assassin. Unity dont je sais moins de chose, mais où j'espérais vraiment retrouver Connor, qui est un personnage exceptionnel, plein de contradictions et de luttes intérieures, et qui se bat avec un tomahawk, ce qui n'est pas un petit kiff non plus. Surtout, dans le III il discute longuement avec La Fayette, qui lui promets de le faire venir à Paris dès que possible. Et puis c'est le seul héros de la série dont on ne sait absolument rien de sa vie après son aventure du III, comment il évolue, comment il meurt... et il n'aurait eu qu'une trentaine d'années au moment de la Révolution, les auteurs ont fait pire avec Ezio. Je trouve dommage qu'ils aient complètement abandonné ce personnage plein de potentiel, comme Altaïr. On le voit juste apparaître lors d'une mission dans "Liberation", le jeu édité par les studios bulgares et sorti à la même époque du III, durant lequel on dirige une femme dans la Nouvelle-Orléans des années 1760, et dans le bayou. C'est le moins bon opus de la série, que j'ai terminé qu'une fois et que j'ai du mal à accoler au reste de la série, parce que bon... il n'a pas un grand intérêt au final, sur le plan historique et dans la trame générale de la franchise.

Bref voilà, la longueur de ce post s'explique par la hâte que j'ai de recevoir Unity et Rogue, dès demain normalement... je n'ai pas fini de me coucher à 3h du mat...

Je vous laisse. Requiescat in Pace !

dimanche 12 avril 2015

La même vie ou presque

Salut tout le monde !

Je crois qu'il est temps de me mettre au récit de ma "nouvelle vie". Pour être honnête, cette dernière ressemble furieusement à la précédente. Elle sent juste un peu moins le graillon.

J'ai relu mon dernier post, où je confiais, dans un texte quelque peu confus, les légitimes questionnements qui me taraudaient avant de passer sous le scalpel et perdre les deux tiers de mon estomac. J'aimerais y répondre à présent que j'y vois beaucoup plus clair.

Des changements relatifs

J'ai d'abord dit que tout serait différent. Effectivement, je ne mange plus du tout comme avant. J'en suis au deuxième mois, durant lequel je dois éviter les aliments grillés, trop durs, les viandes grasses, les crudités... ce qui représente un progrès très important par rapport aux deux premières semaines où je ne consommais que de la soupe, et les deux suivantes où je devais me contenter de purées. L'éventail des possibilités s'ouvre peu à peu, j'ai remangé mes premières brochettes de poulet japonaises cette semaine, je mange ce que je préfère au monde, à savoir du fromage (sur lequel je n'ai aucune restriction autre que quantitative, Dieu merci)... le plus dur est au restaurant. Dernièrement j'en ai fait quelques uns, et j'ai plus ressenti de frustration qu'autre chose. Vous voulez manger un petit morceau de viande blanche avec des légumes cuits, une petite purée ou quelques pâtes, sans gâcher 75 % de votre assiette, au restaurant ? Vous pouvez toujours courir. Vivement que des restaurants qui proposent que des petites portions, toutes simples et pas chères, soient un jour créés. En attendant, je vais continuer de payer 10-15 euros des plats dont je ne mange que 25 %, quand j'ai de la chance.

Donc ça oui, ça change. Tout comme le problème de mes pantalons que je trimballe comme des sacs à patates. Vu le rythme de ma perte de poids - hier j'en était à -27 kilos, dont -18 depuis ma sortie d’hôpital, il y a un mois et demi - je ne vais pas me risquer à acheter des
pantalons XXXL, au lieu des XXXXL actuels, sachant que dans quatre ou cinq mois j'aurais plutôt besoin de porter des XXL, voire des XL. Je veux bien devenir une fashion victime, mais pas une conso victime non plus. En même temps, oui mes pantalons sont moches mais je n'ai jamais été une gravure de mode non plus donc bon... changement relatif.

La santé ? Oui je me sens plus léger, le contraire serait étonnant après avoir perdu en poids l'équivalent d'un gamin de 7-8 ans, et 16 % de ma masse de départ. Mais au niveau forme physique je suis au même niveau qu'avant. Je ne parle pas de 2011, quand je courais. J'ai maigris mais je n'ai pas encore fait de muscles, et je me traîne toujours. J'ai toujours l'apparence d'un monsieur patate géant, avec un tronc énorme et des jambes plus maigres que jamais.

Au fond, ma vie reste la même. Peut-être que la bouffe n'était pas si centrale dans ma vie que ça. Peut-être en fait-on trop dans nos sociétés occidentales où nos petits soucis de privilégiés deviennent vite des énormes problèmes au point d'en parler toute la journée à la télé et dans les médias, beaucoup trop sur le poids et le surpoids. Ou alors est-ce que c'est encore trop tôt pour en parler ? Je fais toujours le même boulot, à la fois intéressant parce que c'est un de mes domaines préférés, mais aussi parfois chiant et surtout très peu enrichissant humainement, vu que je bosse de chez moi. Je vois certains de mes amis régulièrement, d'autres beaucoup moins malheureusement. Qu'est-ce qui pourrait changer, au fond ? Peut-être devrais-je attendre d'avoir perdu l'essentiel de ce que je dois perdre, pour voir ce que ça fait. Faire des voyages ? J'en fais déjà. Du sport ? Ça oui, ça peut être pas mal. Être plus beau ? Vu que j'ai encore une fois perdu surtout dans le visage, effectivement concernant ce dernier, il y a un net progrès. Pour le corps... je serais peut-être mince un jour, mais je ne serais jamais un adonis. Mais là, on parle d'un truc très lointain encore. En tous cas, le nouveau livre que j'étais sensé avoir saisi... je cherche encore le rayon.

La vie, c'est les autres

Je parlais aussi de ma crainte que les gens changent d'attitude avec moi. Ce n'est pas le cas mais encore une fois, c'est trop tôt pour enterrer cette éventualité. Mais je parle beaucoup de ça, et pas seulement parce qu'on m'en parle beaucoup. J'ai envie d'en parler aussi parce que c'est quelque chose d'important qui m'arrive dans ma vie, et ce n'est pas si souvent. J'ai toujours autant de mal à décider si c'est quelque chose de positif ou négatif, parce que cela reste malgré tout la résultante de quelque chose de très négatif et que ça n'a rien de glorieux, mais ça se pose là, et même si pour l'instant ma vie ne change pas vraiment, cela reste un rocher qu'elle doit contourner pour continuer vers la mer. J'ai envie de raconter ce que ça induit, comment je me débrouille, etc. Mais bon, pour être honnête je parle surtout de mon régime actuel. Quand, dans deux semaines, je pourrais manger tout ce que je veux (en petite dose mais quand même), j'aurais moins de matière je pense.

Les gens vont forcément changer, parce que je vais changer. J'ai une amie qui a des problèmes de poids et qui m'a avoué que ce que je faisais l'avait influencée dans sa façon de manger, mais pas vraiment en bien, ce qui m'a un peu interpellé. Avoir une influence négative sur un proche quand on fait un truc sensé être positif, ça fait de la peine, j'espère que ça ne durera pas. Je n'ai pas réussi à comprendre pourquoi, c'est le plus perturbant. Ce qui est drôle, c'est que quand je vois les gens manger, ne serait-ce que normalement, moi qui suis rassasié après seulement quelques bouchées soigneusement malaxées pour pas créer un embouteillage dans la nouille que me sert désormais d'estomac, j'ai l'impression qu'ils s'empiffrent. J'ai envie de leur dire "mais sérieusement t'as encore faim là ? Tu viens de te taper un steak avec des frites et tu prends des profiteroles, sérieusement ?" C'est pas du tout de la jalousie - enfin si, je rêve de profiteroles, mais passons - c'est juste de l'étonnement. En seulement quelques semaines, j'ai carrément pris le pli de ma nouvelle façon de manger. Toujours est-il que je dois me faire à l'idée que je serais toujours celui qui mange le moins, à table. Et socialement, surtout dans ce pays où manger est un art de vivre culturellement essentiel, ce n'est pas vraiment évident à gérer. Ne pas finir un plat, c'est une chose, à peine l'entamer, c'est autre chose.

Au passage, je ne gâche pas qu'au restaurant... je ne compte pas les aliments que je jette chez moi, les purées, etc, que je n'ai pas eu le temps de terminer avant qu'ils ne tournent... va falloir que je trouve une façon de faire. Mais encore une fois, socialement c'est moins gênant de jeter une purée Picard que d'à peine toucher à un feuilleté de boudin noir aux pommes dans un resto...

A propos de ne pas voir ma vie réellement changer, je l'avais un peu deviné quand je disais à la fin de mon post que finalement il me resterait plein d'autres trucs pour compenser l'éventuel manque de ne plus pouvoir m'empiffrer par plaisir. Si je ne ressens quasiment plus la sensation de faim, j'ai parfois des envies compulsives, oui. Comment effacer 25 ans de sa vie comme ça ? Mais ces compulsions ne franchissent pas la limite entre l'instinct et la volonté. Ce n'est pas que je ne veux pas faire d'écart, ce n'est pas que je veux être raisonnable, c'est que je ne peux pas, tout simplement. Quand je pourrais manger ce que je veux, je pourrais éventuellement manger, je sais pas moi, un bonbon, un demi pain au chocolat, quand j'en ressentirais l'envie. Mais ce sera toujours dans le cadre de ce dont j'ai droit en terme de quantité, je n'y dérogerais pas. Ça fait un peu militaire ? Mais il faut bien comprendre que dans deux semaines, je vais commencer à manger pour le goût, et me faire plaisir par le goût. De toutes façons, je n'aurais jamais très faim, même si ça reviendra sûrement un peu. Donc autant me concentrer sur des trucs que j'aime, et ne pas me frustrer avec des trucs que je n'aime pas. Je crois qu'ils s'éclatent moins que ça à l'armée.

Je vous laisse, à plus tard !

lundi 23 février 2015

Métamorphose, l'ascension

Quatre jours.

Dans quatre jours je serai sûrement en train de me réveiller, et tout sera différent. Ce n'est pas simplement de taille d'estomac que je vais évoluer. Si je suis sérieux, que je ne fais pas n'importe quoi - soyons réaliste, ce sont des domaines dans lesquelles j'ai un passé non négligeable - dans les prochaines années, je ne prendrais pas seulement qu'une seule place dans les transports en commun, ce n'est pas simplement que je ne stresserai plus quand je m'assois sur une chaise, non. Ce n'est pas qu'une page que je tourne. Je crois que je vais terminer un livre et en prendre un autre, dans un autre rayon. Je ne sais juste pas lequel.

Déchaîné

Toi mon estomac, qui ne cesse de me réclamer son dû, non pas quotidien mais quasi horaire, tu ne sais pas non plus ce qui t'attends. Pourtant, ton complice le cerveau a une influence certaine sur toi. D'ailleurs, ce serait faux de dire que tu n'as pas changé ton comportement depuis ce jour automnal où, sonné par une énième torsion de cheville plus grave que les précédentes, j'ai décidé de trancher dans le vif, et dans ta masse pour être précis. Clairement, depuis deux-trois mois maintenant, tu es déchaîné, livré à toi-même, sans le moindre contrôle. Toi qui a eu, depuis l'adolescence, une activité pour le moins stakhanoviste, toi qui vidais les placards familiaux aussi vite qu'ils se remplissaient, tu bats tous les records désormais. Ben oui, c'est logique, c'est comme si on prévoyait de me couper la bite ou me crever les yeux : jusqu'à l'instant fatal je deviendrais priapique dans le premier cas, et je voyagerais sans discontinuer pour voir les plus beaux endroits de la Terre, je fixerais mon Amour, mes amis, ceux que je ne verrais plus, pour graver définitivement leurs visages dans mon crâne, jusqu'à l'excès, dans le second cas. Et bien toi, tu fais pareil : tu as l'impression - réelle, j'espère - que tu ne pourras plus jamais t’empiffrer de ta vie. Alors, tu bouffes.

C'est assez pathétique, je dois dire, bien que compréhensible et, surtout, assez fréquent dans ces cas là. Moi, pour ma part - je me présente, je suis la partie du cerveau qui ne contrôle pas vraiment l'autre, tu sais, celui que tu n'écoutes pas et que tu vas devoir écouter désormais - je pense également à après, et j'appréhende de plus en plus. L'opération, je m'en balance, j'ai plus de chance de me faire renverser par une voiture en allant à la clinique que de crever sur la table d'opération. C'est le mois qui va suivre, et ensuite, qui me fait gamberger. Appréhender est un bien grand mot, sinon je n'aurais pas aussi hâte d'y être. Je suis extrêmement excité - rien à voir avec le coupage de bite évoqué un peu plus haut - par l'autre versant de la montagne que je vais découvrir.

Un homme neuf

Concrètement, si je me projette, que va-t-il se passer exactement ? Déjà, pendant deux semaines, je ne vais consommer que de la soupe. Puis durant les deux semaines qui vont suivre, ce sera des aliments mous ou mixés. Et enfin je mangerais ce que je veux, mais toujours pas plus de la taille d'un pot de yaourt, quoique ça soit. A vie. Une vie passée à mesurer les aliments avec un pot de yaourt. Quand on te dit ça, ça fait un choc. Mais c'est une sorte de rédemption, quand j'y pense. J'ai passé la première partie de ma vie à ne pas faire attention, à faire n'importe quoi, à n'écouter personne, quand les autres font tout ce qu'ils peuvent pour s'entretenir, ne pas faire n'importe quoi, même s'ils n'y arrivent pas toujours. C'est justice que j'y sois aussi contraint à mon tour. En espérant que ce ne soit pas vraiment une contrainte, sinon ça sera difficile. Ça doit devenir une habitude, plutôt. Pour ça, je suis très fort, il suffit de regarder mes journées réglées à la seconde près.

Y a un truc qui ne changera jamais, c'est cette manie de digresser... bref.

Donc je vais moins manger. Donc faire des économies, ça c'est bien. Je n'ai jamais essayé de quantifier l'argent que je perds depuis tout ce temps en bouffe, mais ça doit être effrayant. Donc peut-être voyager un peu plus... ce serait bien, parce que je suis loin d'avoir tout vu. Certains de mes ami(e)s me disent que je vais pouvoir m'habiller, ce qui signifie que j'y perdrais du blé en retour, ce serait ballot. Et c'est vrai que la dernière fois que j'ai beaucoup perdu, j'avais acheté pas mal de fringues, mais c'était sur le moment, pour refaire ma garde-robe, ça avait duré le temps de ma nouvelle ligne quoi... pas sûr que je devienne une fashion victime, même si j'aurais fatalement plus de choix pour m'habiller. En gros, chez H&M, j'irai m'habiller ailleurs que dans le seul rayon grande taille. Ça multiplie les choix. Vivement les soldes !

L'enfer, c'est les autres

Voilà, à part ça... comme la dernière fois, les gens vont peut-être changer d'attitude avec moi. Du moins au début. Mes amis proches n'avaient pas énormément changé parce qu'ils me voyaient souvent, et donc étaient moins choqués que ceux qui me voyaient une fois par mois. Aujourd'hui j'en vois certains très peu... mais je leur fais confiance pour ne pas trop être bouche bée en voyant l’athlète grec que je vais devenir. J'étais Demis Roussos déjà, donc ça va.

J'avais eu du mal à gérer ça à l'époque, ça me fera une expérience sur quoi me reposer. J'avais l'impression qu'il n'y avait que ça qui comptait, j'en pouvais plus de ne parler que de ça. C'était moins important pour moi que pour les autres. C'est marrant parce que les gens me félicitaient comme si j'avais sauvé un gamin d'un noyade, alors que pour moi ça avait été juste un jeu à l'époque, un truc pour m'occuper. Je m'ennuyais, j'ai eu une opportunité alors je m'y suis plongé à fond. Si ça avait été dur à faire, je n'aurais pas tenu. C'était complètement différent d'aujourd'hui, où j'ai concrètement très peur de ne plus pouvoir marcher dans dix ans si je ne fais rien. Ce n'est plus un jeu. Si je veux un jour faire la grande marche dont je rêve depuis que j'ai lu la Longue Marche de Bernard Ollivier, je n'ai plus le choix, c'est maintenant ou jamais. Je suis serein, je n'ai pas une hésitation dans le fait de faire cette opération, parce que c'est ça ou le fauteuil roulant avant mon demi-siècle.

Les gens continuent de me féliciter, certains me disent bravo, d'autres bon courage. J'ai vraiment du mal à coller tous ces mots à ce que je vais vivre. Peut-être que je ne réalise pas bien ce qui va se passer, que je me trompe et que je vais en chier. Mais a priori, je ne vois pas ce qu'il y a d'héroïque ou de courageux là-dedans. Je vais confier mon bide à des mecs qui n'ont absolument pas le droit à l'erreur, ce sont eux les héros, déjà. Ensuite, vu que mon estomac sera réduit au minimum, je ne souffrirais pas de la faim. Au bout de trois bouchées, je serais rassasié. Si les gens me connaissaient bien, ils sauraient que je ne suis tout sauf courageux et téméraire, et que si je fais quelque chose, c'est que c'est facile. Je n'arrive pas à me faire mal, à forcer les portes, sinon je serai un écrivain ou un prof, ou je serai maigre depuis plus de dix ans. Quand je courrais 1h30 à 138 kilos, là oui j'acceptais sans problème les félicitations, parce que c'était justifié, c'est sans doute le truc dont je suis le plus fier dans ma vie, avoir réussi ça. Mais en général, je n'emprunte que des voies balisées, faciles, c'est bien ça le problème, sinon je n'aurai pas à passer par cette opération.

D'ailleurs, que dire d'autre à propos de cette dernière à part que c'est la voie de la facilité, justement ? Je sais depuis un moment que je n'arriverai jamais à maigrir naturellement, sur la durée surtout. J'ai déjà maigris, j'ai toujours grossi. Cette opération ne me garantis rien, je vais peut-être encore chier dans la colle comme je l'ai toujours fait, même si je sens que je vais y arriver. Mais c'est une aide très forte pour y arriver très longtemps. C'est la seule et unique manière, il n'y en a pas d'autre. Et c'est la moins qui soit assujettie à ma volonté de moule trop cuite. C'est donc la moins dure. C'est pour ça que je ne sais pas quoi répondre quand on me félicite... c'est pas de la mauvaise volonté, c'est juste qu'il n'y a pas de quoi être fier de faire ça, à tous les niveaux. Je ne fais que ce que je dois faire à cause de mes erreurs, rien d'autre.

Bref, je ne sais toujours pas exactement ce que je serai dans, disons, un an. A priori je serai très maigre, oui, sûrement avec un pantalon trop grand, et j'espère que je recourrerai à nouveau. Est-ce que ça touchera ma personnalité ? Forcément. Je n'aurai plus la bouffe compulsive comme unique hobby, que j'aurai, je l'espère, remplacé par des trucs plus sain. Les jeux vidéos par exemple. Le cinéma, les voyages, mes stats... oh ben j'ai déjà tout ça, c'est cool non ? Bref c'est ça qui est bien avec les versants de montagne, l'attente est belle quand on monte, et la vue qui suit, souvent encore plus belle. En attendant, je vais faire quelques bonnes bouffes pour terminer mon ascension...

A plus tard, de l'autre côté !

lundi 9 février 2015

A la demande générale...


... ça ressemble à peu près à ça. J'espère que vous arrivez à déchiffrer quelque chose. En fait j'y ai pas encore vraiment mis le nez vu que ça va pas me concerner avant une cinquantaine de jours mais bon... Simplement un truc : les trois mots en bas font très peur, à raison, mais ne nous focalisons pas dessus.

vendredi 6 février 2015

Métamorphose, la suite du début

On est le 12 janvier.

Si si, je vous dis qu'on est le 12 janvier, discutez pas enfin, merde ! On est donc le 12 janvier, le week-end est passé depuis mon passage cataclysmique chez le psychiatre du Boulevard de Courcelles, et me voilà, au milieu d'une journée de boulot à la clinique du Parc Monceau pour passer un echo doppler. J'attends une bonne heure, avec devant moi, dans un fauteuil roulant, un vieux dans un état déplorable, et qui ne peut rien faire d'autre que de me regarder. J'ai beau me plonger dans mon Jonasson, ça ne donne pas envie de vivre vieux. Je n'avais pas besoin de voir ça pour le savoir mais bon.

Perforation abdominale

Cet examen ressemble un peu à celui que j'ai passé à la radiologie, au moins sur le plan du gel dégueu. Après m'en avoir tartiné le bide, la docteur me PLANTE littéralement son appareil dans ce dernier. Elle doit faire 17 kilos un soir de réveillon et 66 centimètres sans le mètre mais elle a une force de catcheur héroïnomane. A un moment j'ai un peu l'impression qu'elle essaie de me chatouiller la colonne vertébrale avec son machin. Si j'avais encore eu du souffle à ce moment là et que je n'avais pas été aveuglé par la douleur - non ce n'est pas QUE de la graisse à cet endroit là - je lui aurais peut-être dit que le chemin aurait été plus court en passant par le dos.

Une fois cette perforation inopinée passée, elle m'inspecte tout le bas du corps, à chaque fois en me dégueulassant avec son gel. C'est pas un médecin c'est un escargot, on peut la suivre à la bave. Elle checke mon aine (sous mes bourrelets quoi), mes cuisses... en me montrant sur son écran - à ma demande, j'adore savoir ce que c'est que ces machins moches évoquant un Star Wars low cost signifient - qu'elle vérifie si mes artères ne sont pas bouchées. Elles me paraissent immenses pour tout dire, je pourrais y passer mon pouce. Bref ce fut sportif, mais là encore, RAS. Tant mieux, suivant !

Trois jours plus tard, le 15, retour dans cette bonne vieille clinique du parc Monceau pour voir le cardiologue. Là encore j'attends pas mal mais finalement le cardiologue me prends. Rien de spécial à noter, il me colle des électrodes et tout, vérifie mon cœur et tout, tout baigne. Bon il ne prends pas la carte - ils sont rares à le faire en fait - et mon chéquier n'est pas encore arrivé à la banque, donc je dois faire un aller retour pour retirer ses 130 euros, mais c'est tout. Allo la sécu ?

J'veux du soleil

Pas le temps de traîner, le lendemain matin je consulte le gastroentérologue. Un vieux avec un nom de footballeur marseillais à mèche passé par Grenoble et Bastia, avec qui je discute des origines de son patronyme - j'ai pas tout retenu mais en gros ça vient des goths de la région tourangelle... ou un truc du genre - , me détecte une grosse carence en vitamine D, puis me programme une fibroscopie pour le 24 janvier. Il me refile ensuite une feuille de soin, parce que sa machine à carte vitale ne marche pas. Sympa la clinique internationale, bref. Ce n'est qu'à la poste, au moment de l'envoyer à la sécu, que je me rends compte que le mec a écrit "Cherki" à la place de mon nom, qui n'y ressemble même pas un peu. Il a du penser à un collègue qui l'avait battu au golf la veille ou un truc du genre, bref : un truc à régler d'urgence.

Un nouveau week-end passe, durant lequel j'ai le plaisir de voir mes parents et deux de mes frères, et me voilà le lundi suivant avec carrément deux rendez-vous le même après-midi. D'abord l'endocrinologue, qui zieute mes examens sanguins et confirme que j'ai un problème avec la vitamine D - la vitamine du soleil, logique vu que je l'évite comme la peste. Il me prescrit un médoc que je dois prendre une fois tous les trois mois. J'ai connu plus contraignant comme traitement... faudra juste que j'y pense en avril. Mais ça doit être sacrément costaud pour compenser trois mois de bain de soleil en une fois. Par ailleurs il me refile un papier qui explique comment je devrais me nourrir après l'opération. A première vue, ça va être un changement radical, avec un effet thermonucléaire sur ma façon de manger. En même temps, c'était le but.

Deux heures plus tard, après m'être baladé sur la triste place des Ternes et avoir bu un chocolat chaud dans un café pas loin de la clinique, j'y retourne pour voir l'anesthésiste, en vu de ma fibro du samedi qui suit. Rien de spécial non plus, il me dit juste que l'idéal serait que cet examen puisse couvrir et l'intervention de samedi, et ma sleeve, mais il faudra que cette dernière se déroule dans moins d'un mois, sinon il faudra y retourner. Malheureusement, je crois que je vais devoir retourner le voir.

The Mask

Tous ces examens commençaient à devenir une petite routine quand je suis retourné voir la pneumologue le lendemain soir. A 20h30, oui oui. Sauf que je vais poireauter une heure, pas loin d'un black qui regarde un match de la CAN sur son téléphone, tandis que ma doc me dit par téléphone qu'elle arrive dans 10 minutes. Elle arrive 25 minutes plus tard avec une valise à la main, accompagnée d'un assistant. Je dois faire une polygraphie, c'est-à-dire un examen des apnées du sommeil. J'en avais déjà fait un il y a 4-5 ans, à l'époque de mon dernier régime, quand, durant un hôpital de jour, ils m'avaient dit d'en passer un à cause de mes maux de têtes et de mes ronflements. A l'époque ils ne m'avaient rien détecté donc c'est avec la certitude de perdre mon temps que je rentre dans le bureau de la pneumo. A tort.

Là, son assistant m'installe le matos. Un capteur au bout du doigt, avec un filet sur la main pour pas qu'il bouge, et un appareil fixé sur mon bras ; surtout, un tuyau à embouts dans le nez scotché sur ma tronche, pour capter ma respiration. Cet appareillage, qui me fait sentir comme Hannibal Lecter avec son masque, me vaudra un palanquée de regards interloqués dans le métro et le RER. Pour la première fois de ma vie, je me sens comme les gens qui ont un bec de lièvre ou qui sont très très moches. Je baisse le regard, j'évite ceux des autres, je me mets dans un coin de la rame... expérience intéressante. J'ai beau me fiche de savoir ce que les gens pensent de moi, sinon je ne me baignerais pas sur les plages, j'ai pas non plus envie de devenir un phénomène de foire.

Comme prévu, je passe une nuit épouvantable, j'ai l'impression de ne pas dormir du tout. C'est avec un soulagement infini que j'enlève tout ce bordel à mon réveil. Par contre, le fait de retourner à la clinique dans la foulée juste pour rapporter le matos avant midi, c'est relou. Bref, ça c'est fait. Ce qui est drôle, c'est que mon pote Z. qui, lui, a des apnées depuis toujours, faisait exactement la même chose en même temps...

La piqueuse

C'est fini pour les examens, hormis la fibro qui m'attends pour le samedi. C'est marrant parce que pour moi c'était juste un examen parmi tous les autres que j'ai du me fader durant ce mois de janvier. L. m'avait parlé de cet examen, de l'éventuelle anesthésie générale qui ça allait induire, mais ça m'était sorti de la tête. Bref là ça n'a rien à voir avec le reste : j'arrive à jeun le matin, après deux douches à la bétadine, la veille et le matin, je passe une partie de la matinée à attendre mon tour habillé avec une blouse ridiculement petite, on m'endort, on me passe un tuyau dans le corps pour checker mon estomac et ensuite je passe une autre partie de la journée dans une chambre qui devait être double mais qui s'est avérée individuelle (pour le prix d'une double c'est cool). Bref, à côté l'echo doppler c'était une belote avec des Bisounours.

Le truc relou, c'est la perf que l'infirmière ne va pas réussir en deux tentatives à me planter dans le dos de la main. Elle est sympa et tout, mais elle me fait mal, cette connasse. Je DETESTE les piqures, bon dieu de merde. On peut pas faire une anesthésie générale pour la perf par hasard ? Elle va donc chercher sa collègue plus gradée qui appelle l'autre "mon Anne", comme Canteloup imitant Bertrand Delanoë quand il évoque Anne Hidalgo. Cette dernière me met ma perf comme une fleur, je ne sens presque rien et j'ai presque pas mal. Oui, y a beaucoup de presques mais bon. Tu veux pas m'épouser poulette ?

Major Tom to Ground Control

La salle de réveil où on me mets avant l'intervention et où on me pose ma perf est hallucinante. Y a la radio qui crache du Stromae, y a des gens qui reviennent d'interventions complètement dans le coltard, des médecins qui passent, un panneau accroché au mur qui engueule littéralement les locataires du lieu à propos des câbles qui trainent par terre et sur lesquels les brancards roulent, détruisant du matériel hors de prix... et puis hop, c'est à moi. Allongé sur mon brancard, je vois défiler les carrés du plafond à toute vitesse. J'arrive dans le bloc où le docteur qui m'avait appelé Cherki - problème résolu quelques jours plus tôt après que je l’eut croisé à l'accueil de la clinique - m'attends, me sert la main, me fait m'allonger sur le côté, me scotche un truc rond dans la bouche pour qu'elle reste ouverte... j'attends le sommeil.

J'avais déjà été endormi complètement pour un ongle incarné y a une vingtaine d'années. Je me rappelle très bien de ce moment, du médecin qui égrenait les secondes - 1, 2, 3... - et la sensation d'endormissement, rapide mais réelle. Là, j'ai rien vu. Je me rappelle être allongé sur le côté, bien éveillé quoiqu'un peu... shooté, avec mon truc dans la bouche, et puis l'instant d'après je me réveille, complètement désorienté, dans la salle de réveil. J'ai rien vu du tout, ils doivent avoir un anesthésiant sacrément costaud. Je me rappelle avoir tout de suite demandé si ça s'est bien passé, sans vraiment voir ni savoir à qui je demande ça...

Je passe 30 minutes à essayer de remettre mes yeux devant leurs trous respectifs. Pas évident. Une vieille dame est allongée pas loin de moi. De l'autre côté, la même infirmière essaie de planter un(e) autre patient(e) au même endroit où j'étais juste avant le grand sommeil. Je checke tous les endroits de mon corps, au cas où ils m'auraient enlevé un truc par inadvertance. Un grand moment de lucidité relative. Le doc passe ensuite me voir un peu avant mon départ, dans ma chambre, me refile des clichés de ma fibro - c'est rose, c'est gonflé et affreux - m'annonce que j'ai une œsophagite, en gros des petits ulcères dus à mon alimentation et me condamne à un traitement quotidien pour ça, et me dit au revoir. Merci docteur. Une fois rentré chez moi, je passerais l'après-midi à dormir...

Un bon entraînement de ce qui m'attends dans trois semaines, aussi. Mais en beaucoup plus petit.

The Mask 2

Voilà, depuis j'ai revu la pneumo, qui m'a bel et bien détecté des apnées du sommeil, où je ne respire pas, donc, mais aussi des hypopnées, durant lesquelles je ne rêve pas de manger chez Hippopotamus mais où je respire moins. En gros, quand je ne dors pas, je suis à 99 % de saturation, quand je dors, je suis à 86 %, ce qui est moins, je ne vous le cache pas. Par ailleurs, la machine a mesuré quand je parlais, quand la lumière était allumée... je vois pas bien l'intérêt mais peu importe. Tant que ça mesure pas les flatulences, ça roule.

Bref je vais être condamné, une fois que le technicien sera passé pour installer tout ça, la semaine prochaine, à dormir avec un masque sanglé sur ma bobine, tout ça relié à une machine que je ne sais vraiment pas où je vais la caser vu qu'en guise de table de nuit, j'ai un mur. Va falloir qu'on réorganise l'appart juste pour cette merde, et ce pour plusieurs mois, le temps que je maigrisse et que mes apnées se réduisent. Bref ça ça fait vraiment chier, voyez vous.

Et j'ai revu le chirurgien, avec qui on a défini une date. Le 27/2, donc, un mois avant notre deuxième voyage en Écosse. Espérons qu'après un mois passé à manger liquide je serais dans un état raisonnable pour bien profiter.

Voilà où j'en suis. A plus tard pour la suite du programme !

Je vous laisse.

dimanche 1 février 2015

Métamorphose

Salut à tous,

Si vous le voulez bien, je vais faire un petit point sur ce qui occupe actuellement mes pensées, mon corps et un bonne partie de mon temps depuis plusieurs semaines maintenant, à savoir ma prochaine opération de réduction de l'estomac. Je vais déjà tuer un suspense, elle est prévue le 27 février. Si tout se passe bien. Inch Allah quoi.

J'ai vu le chirurgien mi décembre, et ce dernier, plutôt sympa, m'a donné, comme prévu - car mon amie L., qui a connu, avec succès, la même expérience, m'avait particulièrement bien rencardé sur le sujet auparavant - une liste d'une bonne demi douzaine d'examens à effectuer avant de revoir le chirurgien pour définir une date. L. m'avait annoncé entre trois et quatre mois entre le premier rendez-vous et l'opération, pour l'instant je suis dans la fourchette basse. Faut dire que sur le coup, et contrairement à mes habitudes, je n'ai pas perdu de temps.

Bien aidé en cela par mes horaires modulables, et par le fait que le chirurgien, que j'ai vu pour la première fois à Villemoisson-sur-Orge - oui, ça a l'air aussi perdu que le nom du patelin le suggère -, au fin fond de l'Essonne, à 1h30 de trajet de chez moi en rer, m'a annoncé qu'il travaillait également à la clinique du parc Monceau, situé à deux fois moins de temps de chez moi, il m'a envoyé chez ses potes de cette dernière et j'ai ainsi pu caser tous mes rendez-vous au mois de janvier, après avoir fait ma prise de sang dans les jours qui ont suivi mon entretien avec lui. La station Courcelles et les salles d'attente de la clinique sont vite devenus des endroits récurrents...

Radio gaga

Le premier des rendez-vous fut celui de la radiologie, que j'ai pu faire à côté de chez moi. D'abord je fais une écho, vous savez comme les femmes enceinte, avec le gel dégueu tartiné sur le bide et le doc qui fait passer son bitoniau sur ce dernier pour voir... je sais plus trop quoi d'ailleurs, mais a priori il a rien vu de bizarre. Je lui demande si c'est un garçon, il rigole de façon on va dire relative - combien de fois on lui a faite, c'est la question - puis m'envoie dans la salle d'à côté. Ils m'avaient demandé auparavant d'acheter un produit en pharmacie que je devrais boire durant l'examen pour que mon estomac et toute ma tuyauterie apparaissent bien sur les radios. Problème, une fois debout, en caleçon, collé à un appareil gelé, la fille me dit qu'ils ne m'ont pas donné le bon produit, heureusement il lui en reste de côté. Alors pourquoi on doit aller en acheter avant si vous en avez de côté ? J'te jure, bref. En tous cas c'est assez dégueu comme truc, j'ai gardé le gout dans la bouche toute la journée.

De là où je suis, je vois les radios qui s'alignent sur l'ordi de la fille. Sur l'une d'entre elles je vois bon ben mes deux poumons - j'en ai bien deux, malgré l'impression que j'ai dans les escaliers en général, c'est plutôt rassurant - et une masse grise au centre gauche. Bon ça pourrait être le cœur - ça aussi j'en ai un, c'est cool - mais ça y ressemble pas vraiment, c'est rectangulaire et puis merde pourquoi on verrait le cœur et pas les os par exemple ? C'est space. Comme un con je demande donc ce que c'est, et là évidemment l'autre doc, qui était de passage, me dit "ça monsieur c'est le cœur, vous pourriez en avoir besoin". Mouarf, merci docteur, heureusement j'ai des côtes aussi sinon j'aurai pas pu me les prendre pour me tordre de rire. Bref, bilan de cet examen : RAS.

Soufflez dans le pistolet

Pour info, ce jour là on est le 7 janvier. Ça ne vous dit rien ? Si si ça vous dit quelque chose. En fin d'après-midi je dois voir la pneumologue mais entre temps, des illuminés avaient joué à la guerre dans les locaux de Charlie Hebdo et y avait fauché sans autre forme de procès une bonne partie de la fine fleur de la presse satirique française et même mondiale. C'est donc un peu sous le choc que je me rends pour la première fois à la clinique du parc Monceau, à deux stations de Charles de Gaulle Etoile par la ligne 2. Bon moi je maitrise encore pas bien et je sors à la suivante, qui se nomme d'ailleurs Monceau - celle à l'entrée du parc. Mais bon, comme j'ai une demi-heure d'avance, j'arrive quand même comme une fleur à mon rendez-vous. Comme une fleur = avec 20 minutes d'avance.

La pneumo est marrante, un peu... en fait ça fait un mois que j'essaie de savoir comment la qualifier. Elle vient très certainement du Moyen-Orient, a je dirais la cinquantaine, elle galère avec son ordinateur comme si il sortait de son carton d'emballage... bref, bizarre, mais marrante. Bon, sur le coup quand je lui ai annoncé que j'étais "journaliste" - j'en suis pas vraiment un mais ça va plus vite comme ça - elle me sert une mine contrite méritant un César d'honneur. "Ohlàlà c'est vraiment horrible ce qui s'est passé ce matin..." On discute un peu de ça, comme des millions de gens entre eux dans le pays je suppose. Et là elle me dit : "en même temps leurs dessins... ils ont pris des risques, ils ont un peu provoqué..."

Bon marrante mais pas toujours finalement.

BREF elle me fait souffler dans un pistolet et m'annonce pour résultat que j'ai une capacité pulmonaire un poil en dessous du minimum - 79 au lieu de 80. Raison : chuis trop gros, mes organes pèsent sur mes poumons. Mazette. Je vais souvent entendre ça comme raison pour les rares trucs qu'on m'a annoncé, mais je vous rassure tout de suite, on ne m'a rien trouvé de sérieux, heureusement. En même temps y a rien d'étonnant. Bref, elle me donne rendez-vous au 20 janvier pour faire une polygraphie, un test d'apnée du sommeil. Ok merci docteur, au revoir. Bilan : j'ai pas assez de souffle, reporter d'urgence mon prochain récital au Royal Albert Hall.

L'escroc de Courcelles

What else... ah le pompon du pompon, le psychiatre. J'y vais deux jours après, le 9 donc, matin de la poursuite des frères Kouachi dans le Val de Marne. J'ai rendez-vous à 9h du mat rue de Courcelles, mais pas à la clinique, dans un cabinet privé. Je rentre dans le salle d'attente la plus classe de l'univers connu. On se croirait dans Huis-Clos, mais avec des meubles du Second Empire et FIP qui passe en musique d'attente. Pour me rassurer je cherche un numéro de Paris Match de 1987, comme dans toutes les salles d'attente, en vain. Merde, que va faire Johnny maintenant que Natalie Baye l'a quitté ? Ok trouver un modèle plus jeune mais qui ? C'est de ce tourment intellectuel majeur que le psy vient me tirer après seulement quelques minutes après mon arrivée. Dommage, on en était qu'au deuxième mouvement de la Ve symphonie en ré mineur de Ludwig van Beethoven.

C'est marrant comme il peut exister un gouffre terrible entre l'impression que donne une salle d'attente et la nullité intégrale de son résident. Oh nullité, c'est un bien grand mot, pour parvenir à posséder un tel cabinet il a du faire de sacrés études, écrire des bouquins et avoir de grosses qualités, c'est indéniable. Il n'empêche que son examen pour savoir si un candidat est apte pour une sleeve est une arnaque totale.

Un examen ? Une feuille avec des questions pré écrites, qu'il me pose et à côté desquelles il note les réponses. Des questions du genre "êtes-vous bien intégré professionnellement ?" "Euh... oui". "Ok, oui donc". "Êtes-vous anxieux ?" "Euh oui comme tout le monde parfois..." "Ok, parfois anxieux". Waw ! Génial ! Je peux faire le même métier ? Si si je peux.

Puis il sort un micro et commence à dicter son compte-rendu sur son ordi. Évidemment le succès est relatif, il doit tout relire et ne cesse de corriger, mais la technologie c'est trop génial quand même, surtout pour en mettre plein la vue aux gens. Surtout, il récite AU MOT PRES les réponses que je lui ai donné. Elle est où l'analyse ? Si c'était pour dire que j’étais anxieux parfois, comme tout le monde, je ne pouvais pas directement le dire au chirurgien et ainsi économiser 90 euros ? Et surtout, s'il s'agissait juste de répondre à un con de questionnaire, sans que nos réponses ne fassent jamais l'objet de la moindre analyse, il ne pouvait pas directement me l'envoyer par mail, ou, mieux, mettre son questionnaire en ligne pour qu'on puisse y répondre directement ? Ah non c'est vrai, les chèques par mail c'est compliqué. Un virement peut-être ?

Un escroc, point barre.

Je ne suis pas du genre à faire des esclandres, donc je sors pacifiquement mais avec encore un peu moins d'illusion, s'il m'en restait, sur l'état du monde et ce que font les hommes pour en profiter pécuniairement. Et sur tout ce qui commence par psy aussi. Bref, je me balade une heure dans Paris, tandis que mes amis me relatent sur mon téléphone la course poursuite par les flics des frères Kouachi, et des journalistes derrière les flics. Amedy Coulibaly n'est pas encore connu. Je passerais mon après-midi à bosser avec en fond iTélé. Journée terrible.

Je vais en rester là pour le moment, j'ai déjà fais trop long. La suite au prochain numéro...

Je vous laisse.