mercredi 4 février 2009

Anatomie de l'auteur


Salut à tous,

J'adore Stephen King. Je l'ai découvert y a maintenant une bonne quinzaine d'années, un ami m'avait prêté
Simetierre, un véritable chef-d'oeuvre qui sera l'objet, comme dans 90 % des cas pour les romans de King, d'une adaptation ratée au cinéma. Mais j'y reviendrais.

Du coup, après Simetierre, je me suis mis à dévorer ses classiques les uns après les autres :
Christine, Cujo, Shining, Misery, Marche ou Crève, Ca, Charlie, Carrie, le Fléau... puis Rage, la Peau sur les Os, Dead Zone, la Ligne Verte, Jessie (à lire absolument), Salem... des véritables perles, que j'ai lues et relues sans jamais me lasser. Je crois que celui que j'ai le plus lu, c'est Christine, un régal. Y a aussi Marche ou Crève. Celui-là, j'attends toujours son adaptation au cinéma... Le Fléau serait dans le même cas s'il n'était pas aussi long. Ces dernières années, je me suis passionné pour la série de la Tour Sombre, sept romans tous plus réussis les uns que les autres, histoire qui a commencé aux prémices de la carrière de King, qui s'est terminée en 2007, et qui possède des liens avec la majorité de son oeuvre. Et là, cette semaine je me suis replongé dans Cujo, je crois que je vais le dévorer, hin hin hin...

Y a quelques règles quasi immuables, des trucs sur
lesquelles King n'aime pas trop transiger, même si parfois il est bien obligé. D'abord, dans 90 % des cas, ses romans se passent dans le Maine, cet état verdoyan et maritime qui se situe au nord-est des Etats-Unis, et ou King vit depuis toujours. Il y a inventé quelques villes, comme Derry ou Castle Rock, ou se déroulent plusieurs romans comme Dead Zone ou Cujo.

Ensuite, il y a en général en enfant, souvent solitaire, assez en avance sur son âge et qui, parfois, possède un pouvoir (Shining, Charlie...). Le Maine, état agricole et populaire, est propice à la description de l'américain moyen, très patriote, attaché à sa terre mais aussi alcoolique et religieux. La religion qui crée quelques catastrophes comme dans Carrie par exemple, ou
Bazaar. Mais sa force, c'est de couvrir des sujets absolument divers et sans liens entre eux, et d'en faire des histoires terrifiantes : le jeu sexuel qui tourne mal (Jessie), la voiture fantôme (Christine), la peine de mort (la Ligne Verte), le métier d'écrivain (la Part des Ténébres, Misery), les années 60 (Coeur perdu en Atlantide), il a parlé de vampires (Salem), de loup-garous (Peur Bleue), de la télé réalité 20 ans avant qu'elle n'apparaisse (Running Man), de l'inceste (Dolores Claiborne)... il a écrit également pas mal de nouvelles, notamment "Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank" (qui a donné l'excellent "les Evadés"), tiré de son meilleur recueil de nouvelles, Différentes Saisons, ou Le Radeau, une de mes préférées.

Le cinéma, donc. Pour moi, les seules bonnes adaptations d'un bouquin de King, en plus des
Evadés, assez éloigné cependant du roman), c'est Christine, Misery, avec une Kathy Bates extraordinaire, et le Shining de Kubrick. Sauf que King n'a pas aimé que Kubrick "s'approprie" son film, en quelque sorte ; il en a fait un film de Kubrick, un chef-d'oeuvre certes, mais plus du tout un film de King. Il a changé en partie la fin, mais aussi l'ambiance, le thème (l'alcolisme contre la solitude). Du coup, King a écrit un scenario qui fit l'objet d'un téléfilm, nettement plus proche de l'histoire mais, évidemment, nettement moins brillant. N'est pas Kubrick qui veut... ce dernier a tout simplement donné aux films d'horreur leur film référence, mille fois copié, jamais égalé... comme il l'a fait pour les films de guerre, d'époque, de science-fiction... mais ça, je l'ai déjà dit.

Pour le reste, les adaptations - souvent télé, mais beaucoup cinéma aussi - ont donné quelques jolies séries Z, comme le Fléau, Ca, Simetierre ou Cujo. Il a tellement été déçu de tout ça qu'ils s'est mis à écrire certains romans directement sous forme de scenario, comme la Tempête du Siècle. J'ajoute qu'il continue d'écrire, un peu moins bien à mon avis, mais ce n'est pas parce qu'il est devenu quasiment aveugle, à 61 ans...

Je vous laisse... hin hin hin

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