vendredi 9 janvier 2009

Droit d'ingérence


Salut à tous,

On peut dire que 2009 démarre sous des auspices aussi heureux et fraternels que 2008. C'est évidemment ironique. Je souhaite à tout le monde une bonne année, tous les ans, on me la souhaite à mon tour, à une fréquence telle que si ça avait une réelle incidence sur la qualité de notre année, on n'en ferait pas plus. Les gens qui ont souhaité une bonne année à Jean Le Cam, Pascal Terry, mort sur le Dakar, ou Cristiano Ronaldo, qui a détruit sa Ferrari dans une accident de voiture, en sont d'ors et déjà pour leurs frais. A l'année prochaine.

Quant à ceux qui ont souhaité une bonne année aux Palestiniens, je crois qu'ils vont être dégoûtés à vie des voeux de la nouvelle année. Le massacre - le mot ne me paraît pas trop fort - qui se déroule là-bas montre qu'on a beau avoir soixante années démocratiques derrière soit, résultant elles-même d'une histoire tragique de son peuple, on est capable de lancer des blindés et des missiles sur une terre ou résident des terroristes mais surtout énormément de civils, hommes et femmes de tous âges, enfants, innocents évidemment, après les avoir enfermé derrière un mur honteux et moyenageux depuis plusieurs mois, et tirer dans le tas, sans discernement, tels de vulgaires Américains en Irak, et ce avec la compréhension, sinon la bienveillance, de la communauté internationale.

Israël a droit à la sécurité, aucun doute là-dessus. La Palestine a, de son côté, droit à une terre, et à ne pas vivre derrière un mur, isolée du monde et privée de tout. Pas de doute non plus dans ma tête. Faire sauter des bus, lancer des roquettes sur des populations civiles n'est pas acceptable. Mais la force est du côté d'Israël, dont on se demande parfois pourquoi elle ne laisse pas une terre aux Palestiniens, s'ils leur cassent tant les pieds que ça. Israël est une démocratie, largement et logiquement soutenue par l'Occident, et notamment Washington. Imaginons qu'après une série d'attentats corses, basques ou bretons, la France, autre démocratie, envoie dans ces régions des chars détruire des villages, des écoles, tuer des enfants et des vieillards, sur le simple autel de sa sécurité intérieure. Ce n'est même pas imaginable, surtout venant d'une démocratie, et d'un peuple qui a tellement souffert, tout au long de son histoire, de toutes les oppressions du monde.

Quand je suis né, ils se mettaient déjà sur la gueule là-bas. Les parents des Palestiniens qui se battent aujourd'hui, et dont les enfants seront marqués à jamais d'une haine sans précédent contre Israël après cette attaque sans nom ("Plomb fondu"...), se battaient à l'époque, et leurs parents avant eux. Dire qu'on voudrait la paix dans cette région paraît-il magnifique et tellement riche d'histoire, qu'ils arrêtent de se massacrer pour une histoire de religion, plus que de territoire sans doute, ce serait comme demander qu'il ne pleuve plus en octobre, ou qu'à minuit le 1er janvier on ne se souhaite plus la bonne année, pour ce que ça sert... C'est une guerre sans fin.

Je vous laisse.

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