mercredi 19 octobre 2011

PS(G)

Salut à tous !

J'ai l'impression que je ne suis pas le seul à vouloir changer, Blogger m'a emboîté le pas et complètement changé l'interface... le temps que le papy que je suis s'adapte, et ça devrait aller... peut-être...

Depuis quelques semaines, j'ai l'impression d'être entré dans un tunnel d'attentes et de stress comme ça m'est peu arrivé. Rassurez-vous, ça ne concerne pas ma propre vie et mes propres attentes, qui sont ce qu'elles sont, c'est-à-dire à la fois modeste, quelconques, et en même temps parfois marquées par une utopie des plus enfantines. Je ne cours pas après un salaire mirobolant ni le dernier gadget à la mode, en revanche mon rêve de faire le tour du monde, une longue marche de plusieurs milliers de kilomètres façon Bernard Olivier, ou celui d'aller assister à la Coupe du Monde 2014 au Brésil, sans parler de celui, plus concret car engagé, même si je n'ai encore rien signé, de faire le marathon de Nantes dans six mois, sont toujours dans les tuyaux. Je pourrais dire que si je ne réalise qu'un de ces rêves, je serais heureux, mais au fond je me connais, et je vivrais toujours très mal le moindre échec. D'où mon manque d'empathie envers le principe d'ambition.

Non là je parle de deux échéances qui ne concernent pas que moi, qui engagent même beaucoup de monde, même si le nombre n'est pas le même pour les deux évènements. Mais
la fébrilité qui m'habite à propos de ces deux trucs qui verront leurs conclusions survenir sensiblement au même moment - au printemps prochain - est la même.

D'abord le plus important des deux, vous l'aurez peut-être deviné, c'est le prochain titre de champion de France, que j'aimerais être coiffé du côté de la forêt de Saint-Germain, si vous voyez ce que je veux dire.


Non, je déconne... ça c'est le deuxième plus important. Quoi, vous me croyez pas ? Et bien figurez vous qu'il ne vous est pas interdit d'espérer avoir raison sur ce point. En terme d'importance, il y a aussi le taux de battements du cœur, et sur ce plan, pas sûr que l'image de François Hollande lançant des festivités sur la place de la Concorde surpasse celle des joueurs du PSG brandissant l'hideux trophée de la Ligue au milieu d'un nuage de confettis. Et si ça pouvait être lors de la dernière journée, à Lorient, dont l'entraîneur nous a fait le morale après être venu gagner au Parc des Princes lors de la première journée (0-1), ce serait encore mieux. Quel kiff ce serait !

Mais bien sûr, le plus important, c'est la course à l'échalote présidentielle qui nous attends tous en mai prochain. Pour l'instant, tout roule, Hollande a 24 (!) points d'avance sur Sarkozy au second tour si l'on en croit le dernier sondage. Six mois avant, ça a autant de valeur qu'un pet dans une soufflerie, mais ça montre à quel point l'autoroute semble large, et la circulation fluide. A regarder la fébrilité de l'UMP, qui ose se plaindre, sans rire, de son temps de parole lors des primaires, alors que la majorité le monopolise, par l'entremise de médias à sa botte, depuis presque dix ans, et que surtout les règles du CSA assurent en temps normal les deux tiers du temps de parole à cette même majorité, particularité que je ne parviens pas vraiment à m'expliquer, quand on a vu la pantalonnade télévisée d'hier, où l'UMP a osé piquer le compteur du Téléthon pour compter le pseudo coût du programme socialiste, et l'estimer à un nombre tellement risible (255 milliards !) que ça donne envie de pleurer, quand on voit tout ça, on sent à quel points même ces branquignols sentent bien qu'ils arrivent au bout, qu'ils n'ont plus d'essence, plus d'arguments, plus de crédibilité, plus rien. Et qu'il leur faudrait un miracle pour renouveler les hold-up de 2002 et 2007. Même eux sentent que dix ans, ça suffit, le peuple n'en peut plus. Au lieu d'utiliser leur temps de parole retrouvé pour parler de leurs projets, ils l'utilisent à attaquer ceux du PS. Ce n'est plus pathétique, c'est suicidaire.

Et donc ça donne une pression au PS, qui n'est pas vraiment ma famille politique mais que j'aimerais forcément voir reprendre les manettes, vu que personne d'autre à gauche semble capable de le faire. Et le PS, la pression, il aime pas, un peu comme le PSG. Selon moi, malgré les progrès indiscutables vus durant la primaire, on a peut-être encore la gauche la plus bête du monde. Il suffit de pas grand chose... que les Aubrystes, qui tiennent le parti, fassent comme le PS avait fait en 2007, en ne soutenant pas Royal. Que des mecs comme Valls ou Montebourg continuent de critiquer en profondeur le programme, et donc le candidat, qu'ils ont pourtant jurer de soutenir. Ils ont les clés, mais ils peuvent toujours les lâcher et les perdre dans le caniveau. Royal aussi avait de l'avance sur Sarkozy en 2006, et on a vu le résultat un an plus tard. La Droite n'a pas de programme, juste une formule magique qui marche à chaque fois : immigration, sécurité. Abracadabra, cinq ans de plus.

L'autre cause de fébrilité chez moi provient, je vous l'ai dit, du PSG. Mon club, ce grand club français endormi depuis 15 ans, qui doit se contenter, ce qui reste quand même pas si mal, de gagner une coupe toutes les années paires, et qui, grâce aux pétrodollars, est devenu un candidat plus que sérieux au titre de champion, cette rareté (1986, 1994). Ce n'est malheureusement pas la première fois que le PSG a viré en tête durant l'automne avant de tout perdre. En 1996, l'année de la victoire en Coupe des Coupes, nous avions la meilleure équipe du championnat, et de loin (Djorkaeff, Raï, Loko...). Mais on a laissé le titre à Auxerre, seul champion de l'histoire avec 10 défaites (!). C'est arrivé d'autres fois, créant ainsi le syndrome de novembre, dont je vous ai déjà parlé ici, concurrencé lui-même par celui, moins connu, de mai.

Tout bon supporter parisien ne peut s'empêcher de se dire, en ce moment, que tout va trop bien, qu'il va forcément y avoir une couille, que ça ne peut pas durer, ce n'est pas normal. On s'est dit ça quand Evian a mené 2-0 (2-2 au final), que Nice (2-1) ou Ajaccio (3-1) ont égalisé, avant de fléchir sur la fin... On a été trop habitué aux fins de saisons cruelles pour parvenir à y croire complètement.

Pourtant, cette année, on a tenu Rennes en échec chez lui (1-1), on a gagné à Montpellier (0-3) et battu Lyon (2-0). On a la meilleure défense, alors que les médias spécialisés ne cessent de lui tomber dessus, la 3e attaque, le meilleur buteur... et peut-être le meilleur joueur. Mais tout ça aussi, c'est déjà arrivé. Et au final, on s'est fait couillonner à chaque fois.

Pour être honnête, et là je vais parler au nom des centaines de milliers de supporters parisiens, pas seulement ceux encartés, là aussi on n'en peut plus d'être moqués, d'être frustrés, de voir les autres jouer la Ligue des Champions (le PSG n'y a plus goûté depuis un septennat, seul Sylvain Armand, au club, l'a jouée). Et même si on sait que, en cas de succès, ce dernier sera rabaissé par les villipendeurs habituels du club qui ne se gêneront pas pour dire, tout en se prenant, de fait, pour les rebelles les plus abrasifs de la Terre, que c'était facile avec tout ce blé, que le contraire aurait été honteux, on s'en tape, on veut juste gagner. On veut mettre tout le monde derrière nous, juste une fois. En 18 années de disette, des clubs comme Lille, Auxerre, Lens, en plus des
habitués tels que Nantes (oui oui), Marseille, Monaco (et oui), Bordeaux et bien sûr Lyon y sont parvenus, et pas nous. On se dit juste que voilà, c'est notre tour, on ne volerait rien si on y arrivait. Non pas que le titre nous appartienne parce que c'est la capitale, juste parce qu'on ne le mérite pas moins que ces clubs, et qu'on se demande, parfois, ce qu'on a bien pu faire pour mériter toutes ces années d'insuccès, toutes ces avances réduites à néant, ces défaites honteuses contre des promus, toutes ces humiliations. Sans parler du traitement, unique en France, qui nous est réservé parmi les humoristes. On a rien fait de mal, on a juste envie de ramener le titre à Paris, juste une fois, pour voir, comme ça, ce que ça fait.

Voilà, allez je vous laisse, j'ai du boulot !

Aucun commentaire: